La Western States 100 n’est pas une course comme les autres.
Créée dans les années 1970 en Californie, elle est souvent considérée comme l’acte fondateur de l’ultra-trail moderne. Son parcours de 100 miles, entre Olympic Valley et Auburn, suit un ancien tracé de pionniers, dans un environnement aussi mythique qu’exigeant. Chaque année, moins de 400 coureurs prennent le départ, sélectionnés au compte-gouttes via une loterie ou le très compétitif système des golden tickets.
À la différence de l’UTMB, qui rassemble des milliers de coureurs, la Western States est une course fermée, élitiste, presque confidentielle dans son accès. Mais c’est justement ce qui en fait une référence absolue dans le monde du trail.
En 2026, le plateau s’annonce particulièrement dense, avec notamment la présence de Kilian Jornet, de Zach Miller, d’Adam Peterman ou encore de Hayden Hawks. Côté français, deux noms seront au départ : Vincent Bouillard et Thomas Cardin. Deux profils solides, mais qui ne partiront pas parmi les favoris. Et ce, pour plusieurs raisons.
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Pourquoi les français Vincent Bouillard et Thomas Cardin ne seront pas favoris de la Western States
Parce que la Western States est une course à part
La Western States n’est pas la plus technique, ni la plus montagneuse. Mais elle impose un format très spécifique, difficile à appréhender pour les Européens. Le parcours est relativement roulant, ce qui impose un rythme élevé du début à la fin. Là où beaucoup d’ultras se jouent en gestion, ici il faut savoir courir vite… très longtemps.
Cette spécificité favorise des profils habitués à ce type d’effort, souvent issus de la scène américaine. À l’inverse, les Français sont plus souvent performants sur des terrains alpins, techniques, où la gestion du dénivelé et de l’altitude joue un rôle central.
Parce que la chaleur est un facteur déterminant
C’est sans doute le point le plus sous-estimé. Sur la Western States, la chaleur n’est pas un détail, c’est un élément structurant de la course. Dans les canyons californiens, les températures peuvent dépasser les 40°C, transformant certaines sections en véritable four.
Les coureurs américains y sont souvent mieux préparés, avec des protocoles spécifiques : acclimatation, stratégies de refroidissement, gestion de l’hydratation. Pour les Européens, et notamment les Français, cette adaptation reste un défi majeur. Même les meilleurs peuvent exploser sur ce terrain.
Parce que le niveau moyen est plus dense qu’ailleurs
La Western States est l’une des courses les plus sélectives au monde. Avec moins de 400 dossards, elle concentre une densité de niveau exceptionnelle. Contrairement à d’autres grandes courses, il y a peu d’écart entre les coureurs du top 20, voire du top 30.
Ce niveau homogène rend la course particulièrement difficile à maîtriser. Il ne suffit pas d’être fort, il faut être parfait. À la moindre erreur, plusieurs coureurs sont capables de passer devant.
Parce que les Américains maîtrisent parfaitement cette course
Historiquement, la Western States reste dominée par des coureurs américains. Ils connaissent le parcours, les conditions, les points clés de la course. Cette connaissance fine fait souvent la différence.
Des profils comme Adam Peterman ou Hayden Hawks arrivent avec des repères solides. Ils savent où attaquer, où gérer, comment anticiper les moments critiques. Un avantage difficile à compenser pour des coureurs qui découvrent ou maîtrisent moins ce terrain.
Parce que les vrais favoris de la Western States ont déjà prouvé qu’ils pouvaient gagner ici
Sur la Western States 100, le statut de favori ne se construit pas uniquement sur le palmarès global, mais sur la capacité à performer précisément sur ce parcours.
Et sur ce point, plusieurs noms se détachent clairement.
Kilian Jornet reste la référence.
Il a déjà gagné la course, et sa 3e place récente, obtenue dans des conditions imparfaites, montre qu’il maîtrise parfaitement ce format. S’il arrive en pleine forme, il part logiquement parmi les principaux prétendants à la victoire.
Adam Peterman coche toutes les cases.
Vainqueur en 2022, il a récemment confirmé son retour en forme en s’imposant sur la Canyons Endurance Race. Il connaît la course, les conditions, et sait comment gagner ici.
Hayden Hawks incarne la régularité à très haut niveau.
Déjà sur le podium, il possède un profil parfaitement adapté : rapide, résistant à la chaleur, et capable de maintenir une intensité élevée pendant des heures.
Enfin, Francesco Puppi représente une menace plus incertaine mais réelle.
S’il découvre le format 100 miles, son niveau de performance sur des courses rapides et roulantes le place déjà parmi les outsiders crédibles.
Vincent Bouillard possède l’expérience du très long, mais reste en phase d’adaptation à cette course. Thomas Cardin, malgré sa victoire au Chianti, doit encore prouver sa capacité à performer dans ces conditions très particulières.
La différence ne se joue donc pas uniquement sur le niveau, mais sur l’expérience spécifique de la Western States, qui reste un facteur déterminant pour la victoire.
Parce que les Français arrivent avec des profils encore en adaptation
Vincent Bouillard est sans doute le Français le plus crédible.
Vainqueur de l’UTMB, il a déjà prouvé sa capacité à performer sur 100 miles. Mais la Western States reste une course très différente, et il devra montrer sa capacité à s’adapter à ce format plus rapide et à la chaleur.
Thomas Cardin, lui, représente un profil plus explosif, longtemps identifié sur des formats courts. Mais sa victoire sur le Chianti Ultra Trail (120 km) a changé la donne.
Il a montré qu’il pouvait tenir un effort long, gérer une course de plus de 9 heures et s’imposer face à une concurrence relevée. Sur le plan de l’endurance pure, il a donc déjà franchi un cap.
En revanche, la Western States 100 impose une contrainte très différente. Le problème n’est pas seulement la distance, mais la combinaison entre chaleur extrême, rythme élevé et longues sections roulantes.
C’est là que son profil pose encore question. Cardin excelle dans des efforts intenses, souvent en terrain européen, mais il n’a pas encore de référence sur des courses disputées dans des conditions aussi chaudes et spécifiques.
Sa présence est donc devenue crédible à ce niveau. Mais face à des coureurs habitués à ces contraintes, notamment américains, l’adaptation à la chaleur et à ce format très rapide reste un facteur déterminant.
Parce que le statut de favori se construit aussi sur l’historique
Sur une course comme la Western States, le statut ne repose pas uniquement sur le palmarès global. Il se construit aussi sur les performances passées sur ce parcours.
Un coureur comme Kilian Jornet, déjà vainqueur et récemment sur le podium, bénéficie d’une légitimité immédiate. À l’inverse, les Français, malgré leurs résultats ailleurs, doivent encore prouver leur capacité à performer spécifiquement ici.
En résumé, les Français ne seront pas favoris sur la Western States 2026, non pas par manque de niveau, mais parce que cette course obéit à des règles très particulières.
Chaleur extrême, rythme élevé, densité du plateau, culture américaine de la discipline : autant de facteurs qui rendent la victoire difficile à aller chercher.
Mais dans un ultra, rien n’est jamais totalement écrit. Et si la course venait à se durcir, si la chaleur faisait exploser les écarts, alors des profils solides et intelligents comme Vincent Bouillard pourraient bien créer la surprise.
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