L’affaire avait marqué la saison 2025. À l’issue de la victoire de la Kényane Joyline Chepngeno sur Sierre-Zinal, un contrôle antidopage positif avait déclenché une réaction immédiate et inhabituelle de l’organisation. En cause : l’utilisation d’antalgiques injectés sous forme de corticoïdes, une pratique interdite dans ce contexte.
Très rapidement, les organisateurs avaient pris une décision forte. Le coach suisse Julien Lyon ainsi que l’ensemble du groupe Team Milimani Runners avaient été écartés de la compétition, dans un climat de tension rarement observé dans le trail.
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Joyline Chepngeno avait été sanctionnée, son coach Julien Lyon mis en cause
De son côté, Joyline Chepngeno avait reconnu les faits. Elle avait expliqué avoir eu recours à une injection d’anti-inflammatoires pour traiter une douleur au genou, sans en informer son entraîneur. L’Athletics Integrity Unit avait alors prononcé une sanction claire : disqualification et suspension de 2 ans.
Mais au-delà du cas individuel de l’athlète, c’est bien la responsabilité de son entourage qui était implicitement visée. Et dans le trail comme ailleurs, cette question est devenue centrale : jusqu’où un entraîneur peut-il être tenu responsable des actes d’un sportif ?
Julien Lyon, estimant que sa réputation avait été injustement atteinte, avait immédiatement saisi la justice suisse. Son objectif était double : faire retirer les mentions le mettant en cause dans le communiqué officiel de la course, et faire reconnaître une atteinte à ses droits de la personnalité.
Le tribunal donne raison au coach
Après une première décision en urgence favorable, l’affaire a été jugée sur le fond le 16 avril 2026. Le verdict est sans ambiguïté.
Il a également confirmé que le coach ne portait aucune responsabilité personnelle dans ce cas de dopage.
Autrement dit, la justice établit clairement une séparation entre la faute individuelle de l’athlète et la responsabilité de son encadrement. Une décision importante dans un sport où les frontières peuvent parfois sembler floues.
Une décision qui dépasse le cas individuel
Soulagé, Julien Lyon a annoncé par l’intermédiaire de son avocat vouloir désormais demander réparation pour le préjudice subi. L’impact ne se limite pas à une simple polémique médiatique : c’est toute son activité professionnelle, ainsi que celle de son équipe, qui a été affectée.
Cette affaire pose une question de fond pour le trail. Dans un sport en pleine structuration, où les équipes se professionnalisent et où les enjeux financiers augmentent, la gestion des cas de dopage devient de plus en plus sensible.
Entre protection de l’image des courses, respect des droits individuels et lutte contre le dopage, l’équilibre reste fragile.
Ce dossier rappelle enfin une réalité souvent oubliée. Dans le trail, certaines courses ne se jouent pas uniquement sur les sentiers.
Entre procédures, réputation et conséquences à long terme, la bataille judiciaire peut parfois ressembler à une épreuve d’ultra-distance. Et dans ce cas précis, Julien Lyon vient de franchir la ligne d’arrivée… blanchi.
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