Ce dimanche au Marathon d’Annecy, une image nous a fait tiquer. Certains athlètes étaient accompagnés par des pacers… pendant que le reste du peloton, lui, courait seul.
Parmi eux, Hugo Clément, le journaliste écolo, qui a eu l’honnêteté intellectuelle d’annoncer sur Instagram avoir été aidé par deux pacers pour courir son premier marathon, dont Théo Detienne, sur près de 29 kilomètres !
Si la démarche est transparente, le problème c’est que sur la majorité des courses sur route, ce type d’assistance est tout simplement interdit.
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Un pacer, ce n’est pas un détail
Un pacer, qu’on appelle aussi un “lièvre”, ou encore un “meneur d’allure personnalisé” c’est un coureur dont le rôle est d’aider un autre athlète à tenir un rythme précis pour atteindre un objectif de chrono fixé.
Qu’on soit clair, un pacer ce n’est pas juste un copain qui court à côté quelques mètres pour nous motiver. C’est un avantage énorme, car c’est quelqu’un qui va imposer le bon rythme quand on commence à faiblir, qui nous évite de commettre des erreurs de gestion, qui nous motive quand mentalement ça lâche, et qui va donc aider à optimiser une performance du début à la fin.
Bref, c’est un gros avantage stratégique, et c’est exactement ce que n’ont pas eu la majorité des autres coureurs sur le Marathon d’Annecy.
Des règles… à géométrie variable !
Après vérification dans le règlement de la course, et après avoir interrogé plusieurs coureurs participant au marathon, personne n’avait l’air au courant de cette possibilité d’avoir recours à des pacers. Pourquoi donc certains athlètes en ont bénéficié ?
Le marathon d’Annecy étant sponsorisé par de nombreuses marques dont Brooks comme partenaire majeur, la présence d’athlètes liés à ces partenaires dans des rôles de pacers interroge sur le cadre dans lequel ces pratiques sont mises en place.
Donc pour résumer, si vous êtes un coureur lambda, vous n’avez pas accès à un pacer personnalisé, vous gérez votre rythme seul ou avec les meneurs d’allure classique. En gros, vous respectez le règlement tel qu’il est connu du grand public.
Mais dans certains cas, notamment pour des profils médiatisés, un accompagnement personnalisé semble être toléré, et l’avantage est assumé puisqu’il est partagé en photo sur les réseaux.
Difficile de ne pas s’interroger sur une forme de deux poids, deux mesures.
L’égalité en course à pied, vraiment ?
La course à pied, c’est censé être l’un des sports les plus simples et les plus équitables qui existent. Tout le monde a la même ligne de départ, la même distance, les mêmes règles. Enfin… en théorie !
Parce que dans les faits, l’application différente des règles selon les situations peut venir questionner cette idée.
À partir du moment où certains bénéficient d’une aide dont le cadre n’est pas clairement défini pour tous, la question de l’équité sportive se pose forcément.
Dans ces conditions, un chrono réalisé avec pacer est-il comparable au chrono réalisé par un coureur lambda ?
Le sport ou la vitrine ?
On peut comprendre l’enjeu médiatique. Pour l’organisation, faire venir des profils connus permet de générer de la visibilité et d’attirer du monde, mais cela peut aussi interroger sur l’homogénéité des conditions de course.
Si certaines règles semblent s’adapter en fonction du statut des participants, le message envoyé peut apparaître brouillé entre performance sportive et mise en scène médiatique.
Le vrai problème
Ce qui interroge au fond, ce n’est même pas l’existence des pacers, mais l’impression d’inégalité que cela peut générer. Soit on autorise cette aide pour tout le monde, soit on l’encadre clairement pour tous. Un règlement perçu comme variable selon les profils pose forcément question. À l’arrivée, on peut se demander si le marathon d’Annecy est encore une course… ou si c’est un événement où certains participants évoluent dans des conditions différentes ? Le ressenti d’inégalité est en tout cas bien présent chez plusieurs coureurs.
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