Quand la fan zone menace les marmottes, et le trail
Des propos intéressants ont été relayés par le Festival des Templiers dans une de leurs publications faisant suite au Mile & Stone Connect, sorte de réunion des têtes pensantes du trail, il y a quelques jours.
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Il en est sorti l’idée que les fan zones sont la nouvelle menace pour le trail. Entre agitation sonore, nuisances environnementales et les frontales qui réveillent les marmottes endormies, le trail, sport nature par excellence, en devient son pire ennemi.
C’est, en grossissant le trait, ce qui ressort de cette publication. Mais est ce que cette opposition frontale n’est pas un contresens total pour un sport en plein essor ?
200 personnes, deux fumigènes, et c’est le drame
Que l’on soit bien d’accord. N’importe quelle personne passant du temps en montagne doit y laisser le moins de traces possibles de son passage, notamment en ramassant ses déchets. Et oui, ce n’est pas une évidence pour tout le monde, question d’éducation sans doute.
Mais au-delà du manque de civisme de quelques-uns, qui pourrait très bien se compenser par un brin d’organisation afin de ne pas laisser de déchets sur place, est-ce que l’on est bien sur une question écologique profonde, comme le laisse penser la publication ?
Une fan zone, c’est quelques heures dans un col de montagne, ceux-là même déjà connus de tous les randonneurs et autres traileurs. Oui, ça fait du bruit, c’est même le principe. Oui, la faune locale est impactée pendant une matinée ou une nuit par de la musique et des cris enthousiastes. Et oui, une fois par an, un défilé de frontales vient changer l’atmosphère de la haute montagne, et une fois par an le bruit humain vient perturber l’équilibre animal.
Soit.
Mais c’est un faux problème. Même s’il faut considérer que certains lieux ne sont pas adaptés (Notre Dame de la Gorge par exemple, à l’approche d’une zone protégée) et que l’on peut donc toujours faire mieux, ces fan zones ne sont qu’un épiphénomène sur lequel se concentrer pour ne pas s’occuper du reste.
Certes, ces supporters sont venus dans d’affreuses voitures polluantes, mais ce n’est en rien la faute de la fan zone, ils se seraient de toute façon installés sur les bords d’un chemin. Surtout, polluent-ils plus que l’organisation d’une course (UTMB ou non) de grande ampleur dont les coureurs traversent toute la France, quand ce n’est pas l’Europe, pour venir y participer ?
Il semble toujours un peu paradoxal de vouloir parler empreinte écologique quand on fait passer des milliers de personnes en même temps sur les mêmes chemins forestiers et que l’on achemine des tonnes de matériel pour les ravitaillements.
Une nouvelle (triste) vision du trail ?
Qui pour vouloir un trail sans vie ?
Il faut tout de même une sacrée dose de pessimisme pour penser que les fan zones sont un problème pour le trail, sans adresser un mot à propos de la course elle-même. En effet, il faut bien garder en mémoire que ce sont ces passionnés qui font vivre les fan zones qui sont aussi ceux qui font vivre l’écosystème du trail. Ces passionnés en attirent d’autres, attirent la visibilité des intéressés sur les réseaux sociaux, et font tout simplement de ce sport un sport un peu plus visible.
“L’hystérie collective” dont font preuve les participants de ces fan zones est sans doute bruyante, et sans doute parfois compliquée pour certains athlètes. Elle est aussi représentative de ce que le trail suscite comme émotions auprès de ceux qui suivent la discipline. Stationner dans un col de montagne en pleine nuit, et y faire la fête après parfois une longue randonnée que beaucoup ne feraient pas de jour, voilà une façon plutôt saine de célébrer le sport !
A qui pourrait profiter le crime ?
Ce qui plaît aussi dans ces fan zones, c’est qu’elles sont un peu sauvages ! Sauvages parce que certaines ne sont pas contrôlées par les marques et les sponsors. A Chamonix par exemple, il y a bien des initiatives de la part de l’organisation UTMB et de son sponsor Hoka. Mais ce que tout le monde a retenu l’année dernière, c’est la zone à Trient de Clemquicourt, ainsi que celle de Vallorcine mise en place par Les Genoux dans le Gif, pas les autres.
Les fan zones semblent devenir le dernier bastion de liberté des passionnés, ces derniers endroits où l’on se réunit pour encourager les athlètes, pour fêter ensemble, pour partager, mais sans avoir à en subir l’omni-présence des marques ou sans payer un dossard hors de prix.
L’inquiétude écologique n’est finalement que la face visible de l’iceberg. Elle raconte plutôt la manière dont le trail veut se montrer, se raconter et se cadrer. En clair : qui a le droit de faire du bruit, qui a le droit de remplir le décor, et jusqu’où le trail accepte encore de rester un peu sauvage tandis qu’il tend à se normaliser avec la présence des sponsors, des agences et des grosses organisations.
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