Depuis 9 heures dimanche matin les coureurs se sont élancés dans l’immensité blanche de la Laponie. Un peu plus de 24 heures de course et déjà, les premières histoires commencent à s’écrire dans le froid suédois.
Mathieu Blanchard : zéro repos, zéro compromis
Avant le départ, Mathieu Blanchard avait annoncé quelque chose d’ambitieux : ne pas dormir, ne pas s’arrêter tant que le corps le permettrait. Ce n’était pas de la vantardise. C’était un plan.
À l’heure où on écrit ces lignes, il est le seul coureur sur le 185 km avec un temps de repos de zéro pour cent. Pendant que ses concurrents dormaient, récupéraient, soufflaient, lui continuait d’avancer. Le résultat : 134 kilomètres parcourus et plus de 15 kilomètres d’avance sur le Taïwanais Chen Yen-Po. Il reste une cinquantaine de kilomètres avant la ligne d’arrivée.
Ce que Blanchard est en train de faire, c’est exactement ce qui le distingue des autres. Quand la nuit tombe et que le corps réclame du repos, lui trouve une façon de continuer. Cette course a aussi une importance particulière pour lui : elle lui sert de qualification pour une course nordique en Alaska. Autant dire qu’il n’est pas là pour faire de la figuration.
Son ami Loury Lag, avec qui il devait partager cette aventure, accuse un retard important avec 86 kilomètres au compteur. Les deux amis courent leur propre course pour l’instant.
Thierry Corbarieu répond présent
Sur le 500 km, Thierry Corbarieu est en train d’écrire une tout autre histoire que celle du Yukon. Deuxième au classement avec 115 kilomètres parcourus, il talonne le leader Pawel Dregan de près. Ce qui est frappant, c’est son temps de repos de seulement 8 pour cent, bien loin des 20 pour cent du jeune Stan Daugustin qui pointe en troisième position. Corbarieu gère, économise, avance. Pour quelqu’un qui a dû abandonner le mois dernier au Yukon,il nous montre qu’il apprend et change sa tactique..
Les courses arctiques en autonomie ont cette particularité : elles révèlent vite qui a réglé ses problèmes et qui les traîne encore. Pour l’instant, Thierry semble avoir trouvé son rythme.
Résultat des courses courtes du Lapland Arctic Ultra
Pendant que les grands formats s’étirent dans la nuit, les distances de 20 et 50 kilomètres ont rendu leurs résultats dès la première journée. Sur le 20 km, c’est le Suédois Wjatscheslaw Sergejew qui a ouvert le bal en 2h12, devant son compatriote Sergej Schubin et Linda Eriksson, également Suédoise, en 2h41. Les locaux ont clairement profité de leur connaissance du terrain.
Sur le 50 km, la famille Cedering a dominé de bout en bout. Hilding Cedering remporte la distance en 5h53, suivi de près par Helga Cedering en 6h29 et Emil Eriksson en 7h27. Une affaire de famille sur les sentiers lapons. Mohammed Jabbar et Nic Baldwin ont complété le top cinq en 8h19, tandis que les derniers finishers ont tenu jusqu’à près de 14 heures de course.
Les premières sorties de route
La course n’a pas été tendre avec tout le monde. Matt Burgin a dû abandonner en raison de problèmes à la hanche, et Morten Lund Jacobsen a dû renoncer après s’être retrouvé épuisé, incapable de se réchauffer suffisamment pour continuer en sécurité. Un rappel que 185 kilomètres dans le froid lapon, ça ne pardonne pas les erreurs de gestion, même en début de course.
En résumé Blanchard approche de la ligne et Corbarieu tient sa position.
Et quelque part dans le froid suédois, Bailey Cowell court avec son père, Nathan Carter avance sans que personne ne sache vraiment qui il est, et des dizaines d’autres coureurs vivent leur propre histoire loin des projecteurs. C’est ça, la Lapland Arctic Ultra. On continue de suivre.
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Auteur : Jonathan Lessard, rédacteur et coureur de sentier





