Il a parcouru 800 kilomètres en onze jours, sous psychédéliques.
Qui est Dante Liberato, l’auteur de cette performance surprenante

Pas de podium UTMB, pas de sponsor flashy, pas de millions de vues sur Strava. Mais cet Américain de 26 ans vient pourtant de signer l’un des projets les plus fous – et controversés – de ces dernières années : traverser les montagnes entre le Colorado et l’Utah à pied, tout en microdosant du LSD et de la psilocybine, le principe actif des champignons hallucinogènes. Une aventure à la frontière entre l’ultra-endurance, la thérapie mentale et l’expérimentation psychédélique. Son objectif ? Mieux comprendre la fatigue, les émotions, et les limites du mental.
Avant de courir pendant 800 kilomètres avec un cerveau sous influence, Dante Liberato était combattant professionnel de MMA.
Ceinture, cage, KO… jusqu’à ce qu’une rupture du quadriceps en 2021 mette fin à sa carrière de manière brutale. Il était déjà passé par des fractures multiples, une colonne vertébrale brisée, un mental au bord de l’effondrement. Au même moment, il vivait une relation toxique et une dérive alcoolique.
Un jour, il rentre de chez son fournisseur d’alcool… en courant. Le déclic. Il troque l’obsession de la violence pour celle de l’endurance. Et commence une longue reconstruction, faite de trail, de psychothérapie, de substances encadrées et de quêtes intérieures.
Dante Liberato a parcouru 800 kilomètres de course en prenant du LSD tout du long…
L’itinéraire est simple sur le papier : partir de Colorado Springs et rallier Moab, au cœur du désert de l’Utah, en courant chaque jour entre 11 et 14 heures. En réalité, c’est un ultra personnel, sans balisage ni classement, où chaque pas est un test. Test du corps, mais aussi du cerveau, puisque Dante décide d’ingérer régulièrement de très faibles doses de LSD et de champignons, dans ce qu’on appelle le microdosage.
Pas question ici de tripper en pleine montagne ou de voir des éléphants roses. Il s’agit d’utiliser ces substances à des doses très contrôlées pour observer leur impact sur la gestion de la douleur, du stress, de la concentration et des émotions. Un projet suivi de près par une équipe de tournage pour un futur documentaire intitulé Dante, prévu courant 2026.
Le message que Liberato veut faire passer est plus nuancé que notre titre ne le laisse entendre.
Oui, il a couru avec du LSD et des champi. Mais non, il ne dit pas que c’est une recette miracle. Au contraire : à certains moments de sa traversée, il a été submergé par la fatigue mentale, au point de devoir s’arrêter, assis sur le bord de la route, incapable d’avancer. Les psychédéliques ne faisaient plus d’effet. Ou alors, ils en faisaient trop.
« J’ai compris que je devais d’abord laisser sortir des émotions enfouies. Pleurer. Lâcher. Avant de pouvoir retrouver l’énergie. »
Pendant l’effort prolongé, le microdosage devient même contre-productif. Il réduit alors sa consommation, alterne avec des stratégies plus classiques (sommeil, alimentation, introspection). Il apprend surtout que la drogue, même encadrée, ne court pas à ta place. Et qu’au bout du compte, seul un vrai travail intérieur peut faire avancer.
Un usage thérapeutique… mais illégal en France
Aux États-Unis, la psilocybine a été légalisée dans le Colorado en 2023, dans un cadre médical très strict. C’est dans ce contexte que Dante s’est formé à l’accompagnement psychédélique, et qu’il propose désormais des séances pour sportifs en reconversion ou en détresse mentale. En parallèle, il continue de courir, d’explorer, de coacher.
En France, rappelons-le, le LSD comme la psilocybine sont des substances illégales, classées comme stupéfiants, sans aucun usage autorisé. Aucune course officielle n’accepte ni ne tolère ce genre de pratique. Ce que fait Liberato reste une expérimentation marginale, très personnelle, qui ne saurait servir d’exemple.
En résumé, avec son documentaire à venir, Dante Liberato ne cherche pas à provoquer gratuitement. Il cherche à ouvrir un débat, sur la santé mentale des sportifs, sur la charge émotionnelle dans l’ultra-endurance, sur la quête de sens dans des projets extrêmes.
Mais il le fait avec des outils radicaux. Et une honnêteté désarmante : il ne cache ni ses moments de doute, ni les effets ambigus des substances.
Son périple ne vaut pas pour sa performance chronométrée. Il vaut pour ce qu’il raconte d’un certain trail : un sport de plus en plus attiré par l’introspection, par le dépassement intérieur, par des récits de transformation. En poussant cette logique jusqu’à ses limites, Liberato interroge : jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour comprendre ce qui se joue vraiment dans nos jambes ?





