Casquette Verte, Alexandre Boucheix de son vrai nom, est le coureur qui fait le plus parler de lui depuis quelques années.
Son omniprésence sur les réseaux sociaux, sa personnalité clivante, ses résultats exceptionnels pour un amateur comme sa forte présence médiatique, et même en librairie depuis 2024, en font une des coqueluches de la course à pied.
Il s’engage ce week-end sur Arc of Attrition by UTMB, un ultra-trail de 160 km de long pour 5200 m de D+ situé dans les Cornouailles, la côte sud-ouest de l’Angleterre. Le terrain technique, la météo typiquement anglaise, le profil très particulier de la course, et les interrogations sur son état de santé, tout laisse présager une course passionnante et au coude à coude avec des spécialistes des ultra-trails anglais.
L’enjeu ? La qualification pour l’UTMB 2027 en finissant parmi les 3 premiers. Se joue-t-elle déjà aujourd’hui ? Ou cette course sera-t-elle une occasion de plus pour ses haters de dire du mal de ce coureur amateur qui tutoie les professionnels, quand il ne leur met pas la fessée !
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Casquette Verte, un gros historique de blessures
S’il fallait mettre un point de départ aux douleurs qui ont handicapé les résultats de Casquette Verte sur ces dernières saisons, on peut le placer au Kullmannen au mois de novembre 2023.
S’il traînait déjà alors une douleur à la fesse depuis la Diag’ du mois d’octobre, l’entorse à la cheville au km 35 sur une distance totale de plus de 160 km à été un déclencheur.
Cela ne l’a pas empêché de signer la 2e place, sans cependant être à la hauteur de ses attentes de la course.
L’année 2024 a été marquée par la présence de plusieurs douleurs, à la hanche, au psoas et au métatarse.
Sans entrer dans le cours d’anatomie et dans le détail des pathologies, on peut expliquer que le psoas est un muscle qui permet la flexion de la hanche. En se contractant, il rapproche la cuisse du tronc, et il permet d’amortir la foulée en encaissant l’impact au sol. Vous le comprenez, il est indispensable à la marche, et plus encore à la course. Le psoas joue aussi un rôle crucial dans l’équilibre du corps, là encore équilibre mis à mal dans les courses en sentier.
Mécaniquement, les douleurs aux psoas ont entraîné des douleurs à la hanche, puisque le premier s’insère dans le second. Les répercussions sont donc inévitables.
Mais tout cela n’est que la conséquence d’un problème qui est né au niveau du métatarse, c’est-à-dire l’ensemble des os du pied en contact avec le sol. L’inflammation des tissus entraîne une pose du pied au sol qui diffère de celle habituelle, faisant travailler les muscles de façon nouvelle et anormale. C’est ce qui finit par causer les douleurs que Casquette Verte a documenté en 2024 au niveau donc du métatarse, de sa hanche, du psoas et du sacro-iliaque.
Pour Casquette Verte, 2025 a été l’année de la reconstruction.
Avec les kilomètres avalés par les ultra traileurs en compétition et au quotidien, on sait que n’importe quelle blessure est longue à se faire oublier. C’est vraiment à partir de la TDS, lors de la semaine UTMB à Chamonix fin août, que Casquette Verte a annoncé courir en ayant laissé ses douleurs et ses blessures devant lui.
Mais on ne revient pas à son meilleur niveau en un clin d’œil. Le deuxième semestre 2025 a d’ailleurs été émaillé de très belles prestations, le Top 10 à la Diag’, mais aussi des courses avec des résultats en deçà de ses attentes comme justement cette TDS ou encore la Lyon SaintéLyon, une de ses courses de prédilection.
Chez certains trailers, les douleurs et blessures apparaissent et disparaissent aussi mystérieusement, juste au moment de justifier une contre performance sur une course, ou un DNS.
Et force est de reconnaître que, si on ne peut pas évaluer la douleur d’une tierce personne, il affiche tout de même une capacité à encaisser assez impressionnante et inspirante.
Casquette Verte est prêt pour Arc of Attrition
A moins de 24 heures du départ de son premier Ultra 2026, Casquette Verte est prêt question santé. D’ailleurs, dans son traditionnel poste d’avant-course, il n’est nulle fait mention d’une éventuelle douleur qui pourrait freiner sa recherche de performance. Il fait la présentation du parcours, alternant de façon incessante les montées et les descentes sur les falaises du bord de mer. Il y parle de ses chaussures, de son matériel, de son projet vidéo et photo de la course, et de la nutrition (en tenant compte des erreurs de la dernière Lyonsaintélyon). Mais il n’y a aucune information sur son état de forme, qui est donc optimal.
Est-ce qu’un état de forme fait une victoire ? En tout état de cause, non. Alexandre Boucheix va devoir compter que quelques concurrents eux aussi en forme, et dont certains connaissent déjà bien le parcours, ou plus généralement l’ultra trail en Angleterre.
On pense en particulier à :
Kim Collision
Il a remporté en 2024 la Swiss Peak 360 et la Spin Race hivernale de 420 km en 2025.
C’est le genre de gars à aimer la difficulté ! Il est aussi le détenteur du meilleur temps sur la course.
Hugh Tibbs
C’est un coureur anglais particulièrement en forme et qui a terminé l’année dernière 3e de Arc of Attrition, et qui vient inévitablement ici pour améliorer sa marque. Il a d’ailleurs quelques records en trail à son actif qui en disent long sur son niveau de performances.
Juuso Simpanen
Il culmine à 845 de cote ITRA (Casquette Verte est à 809) et a déjà parcouru de nombreux ultra similaires à celle de Arc of Attrition. Il a d’ailleurs participé plusieurs fois au Kullamannen qu’affectionne tant Alexandre Boucheix. La solidité de ses résultats sur ces deux dernières années en font un concurrent à surveiller de près.
Bien sûr, et c’est le charme de l’ultra, c’est si imprévisible que peut-être aucun de ces noms ne figurera sur le podium samedi aux alentours de 10 heures du matin. Mais nous parions tout de même sur une 2e ou 3e place de Casquette Verte, synonyme de qualif’ pour l’UTMB 2027 !







