Le monde du trail, ceux qui le suivent avec intérêt comme ceux horripilés par sa présence médiatique, attendait cela : le débriefing de Casquette Verte. Et non, pari perdu, il n’a pas signé aujourd’hui une 4eme première place sur la LyonSaintéLyon.
L’image a de quoi surprendre : ce n’est pas une bière qui attend Alexandre Boucheix, plus connu sous le nom de Casquette Verte, mais bien un verre d’eau. Et ce verre est finalement le reflet de toute la course puisqu’il a franchi la ligne d’arrivée à la 18e place : une saveur fade.
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Les explications de Casquette Verte après la LyonSaintéLyon
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Petit rappel des faits. La LyonSaintéLyon, c’est d’abord un aller qui ne sert qu’à fatiguer les jambes. Et tout s’est bien passé. Il est d’ailleurs arrivé assez tôt, avec un trajet de 8h46. Il parle lui-même de bla-bla run (de 80 km tout de même !) La météo a été plutôt clémente. Pour un habitué des ultra-distances, c’était une première partie de course rapide et facile. Pas de quoi éprouver les organismes à la façon de certaines autres courses.
La pause qui change tout
On peut reprocher beaucoup de choses à la LyonSaintéLyon, notamment ce format si spécial avec une pause de longueur variable entre l’aller et le retour. Cela en fait d’elle un ultra un peu spécial, et c’est ça qui est intéressant. Notamment aujourd’hui parce que la qualité de la pause a forcément joué sur la forme physique du retour. Et on peut résumer cette pause à une attitude pourtant courante chez Alexandre Boucheix : pas de repos. Les annonces au micro ont ponctué la période de repos entre les deux trajets, empêchant tout sommeil de qualité.
Si pour se reposer de 80 km de course et pour réparer les 80 autres km, on a le droit à des annonces de type ventes flash de supermarché, il y a de quoi « péter un câble », c’est vrai.
La qualité de l’organisation est d’ailleurs aussi à mettre en avant. Si l’intention est louable, si l’organisation est là aussi pour faire fonctionner une course avec 20 000 dossards, on peut aussi se poser en retour la question de l’intérêt de ne pas fournir un cadre propice au repos. On ne parle pas là d’une chambre d’hôtel, les traileurs au long cours sont habitués à peu de confort. Mais pas à des interruptions micro toutes les 5 minutes. C’était peut-être de trop, pour Casquette Verte comme pour de nombreux autres ultra-traileurs !
Retour sur Lyon
C’est au km 35 du retour que tout se joue. Les premiers vomissements. Ceux qui suivent Casquette Verte régulièrement savent que ce n’est pas la première fois, et ce n’est d’ailleurs pas un problème très original sur de longues distances. Mais tout de même, vomir vide le corps et le fatigue prématurément. S’il a pu relancer la machine, mais dans un mode dégradé, c’est à Soucieu que la course s’est définitivement jouée. Une deuxième série de vomissements à mis fin à tout espoir de podium. Mais là où de nombreux autres traileurs auraient appuyé sur Fin de partie, Alexandre a continué. Et si finir 18e sur la LyonSaintéLyon n’est pas de son calibre habituel, rappelons tout de même que c’est une position déjà particulièrement exigeante, surtout au regard de son calendrier sur l’année.
Et si c’était de sa faute ?
Clairement, Alexandre met en avant sa nutrition sportive, composée de trop de glucides sur le retour. En testant sur ce format 160 km une nouvelle approche de la nutrition, inspirée des modes actuelles sur une recherche de quantité (le fameux débat sur les 90 gr de glucides à l’heure), Casquette Verte est tombé sur un os. Il voulait tenter « Pour observer. Pour savoir ». Maintenant, il sait. Mais promis, il revient l’année prochaine !
Ne minimisons pas la course tout de même. Si un Casquette Verte en grande forme finit 1er, trois fois premier, il finit tout de même 18e avec une cheville qui aura parfaitement tenue, mais d’autres parties du corps qui ont été plus difficiles à contrôler. Une course à l’image de certaines autres de la saison où son corps n’arrive plus à être à 100%. Mais ce n’est que partie remise !






