Le trail et UTMB
L’effet Vincent Bouillard : un inconnu peut-il encore créer la surprise à l’UTMB 2025 ?
L’UTMB 2025 et le trail
Vincent Bouillard : du néant à la légende
À Chamonix, personne ne l’attendait. En août 2024, Vincent Bouillard n’était ni dans les previews, ni dans les projections de podium. Cet ingénieur produit chez Hoka s’était glissé dans le peloton avec le dossard 139, loin, très loin des grandes pointures. Et pourtant… en 19 heures, 54 minutes et 23 secondes, il a pulvérisé les pronostics, inscrivant le troisième chrono le plus rapide de l’histoire de l’UTMB.
Avec un UTMB Index à 832 avant la course, il incarnait tout sauf un favori. Mais Bouillard a tenu. Face à la chaleur, aux abandons, aux rebondissements. Il a traversé les Alpes comme un mirage devenu réalité.
Sa victoire ne s’est pas seulement jouée sur le sentier, mais aussi dans les têtes : il a brisé l’idée que seuls les élites sponsorisés peuvent triompher à l’UTMB. Amateur passionné, traileur de l’ombre, il est devenu un symbole. Trois mois plus tard, il était élu troisième meilleur ultratraileur mondial de l’année 2024.
La « bouillardisation » du trail : un mot, un mythe
Depuis, un nouveau terme a émergé dans les discussions d’après-course : la « bouillardisation ». C’est quand un inconnu, un gars sans palmarès, sans soutien médiatique, sans team pro, débarque sur une épreuve majeure et renverse la table. Ce n’est pas juste une surprise. C’est un électrochoc.
Ce que Bouillard a fait, c’est rappeler à tout le monde que l’ultra-trail, malgré sa professionnalisation croissante, reste un sport d’histoires humaines. Là où l’humilité, l’endurance mentale, et une bonne nuit de sommeil peuvent parfois peser plus que l’index UTMB.
UTMB 2025 : encore de la place pour un miracle ?
Un an après le séisme Bouillard, la question se pose : est-ce que ça peut recommencer ? En 2025, le plateau s’annonce plus dense. Jonathan Albon est au sommet de son art. Ben Dhiman sort d’une saison d’exception. Tom Evans est affûté comme jamais. Les Français ne sont pas en reste : Thibaut Garrivier revient fort, Germain Grangier connaît le parcours par cœur, et Théo Detienne, jeune loup, pourrait jouer les trublions.
Sur le papier, difficile d’imaginer un nouvel inconnu tirer son épingle du jeu. Le peloton est compact, l’expérience prévaut, la marge d’erreur se réduit. Et pourtant…
L’UTMB, c’est aussi la course des imprévus. Une hypoglycémie, une erreur d’allure, une chute, un orage nocturne… Rien n’est jamais figé. Si un outsider joue parfaitement sa partition, tout est encore possible. La victoire de Bouillard n’était pas un bug. Elle était une démonstration que le trail n’est jamais totalement verrouillé.
Rien n’est écrit à l’avance
Le parcours est le même, mais le scénario ne l’est jamais. Bouillard a montré qu’un inconnu peut dompter la plus mythique des courses de trail, pourvu qu’il soit prêt à souffrir, à résister, à avancer même quand tout flanche.
Sa victoire restera une anomalie statistique… ou un avertissement pour les élites ? À l’UTMB, la montagne ne respecte ni les chiffres, ni les statuts. Elle respecte ceux qui tiennent debout jusqu’au bout.
Post-scriptum stratégique
Par rapport à 2024, la donne a changé.
L’an dernier, l’absence de Kilian Jornet, un Jim Walmsley rapidement hors du coup et un Mathieu Blanchard en difficulté avaient ouvert une brèche dans laquelle Vincent Bouillard avait su s’engouffrer.
Le plateau manquait de stabilité, et l’hécatombe des favoris avait laissé la place à un scénario improbable. En 2025, la densité paraît plus forte et plus homogène : Jonathan Albon affiche l’index le plus élevé, Ben Dhiman sort d’une saison impressionnante, Tom Evans arrive au sommet de sa forme, et les Français Grangier, Garrivier ou encore le jeune Théo Detienne semblent prêts à jouer devant.
Sur le papier, la marge pour un outsider est donc beaucoup plus réduite que l’an passé. Mais l’UTMB reste une course d’ultra-endurance où tout peut basculer en une nuit : chaleur, orages, troubles digestifs, erreurs de rythme…
Autant d’éléments qui, comme en 2024, peuvent redistribuer les cartes et offrir à un inconnu la chance d’écrire l’histoire.
Rappelons donc que l’an dernier, le contexte avait facilité l’émergence de Bouillard : Kilian Jornet absent, Jim Walmsley hors de forme, Mathieu Blanchard diminué… L’hécatombe de favoris avait laissé un vide. En 2025, tout semble plus verrouillé. Mais verrouillé ne veut pas dire prévisible.
Chaque UTMB est une aventure unique, et tant que des dossards seront portés par des anonymes, la magie restera possible. Un nouvel effet Bouillard ? Ce serait fou. Et pourtant…
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