Yukon Arctic Ultra 2026 en direct — Paul Clément et Guillaume Grima creusent l’écart après 35 heures d’effort
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Classement Yukon Arctic Ultra en direct avec Paul Clément et Guillaume Grima

Après environ trente-cinq heures de course, la Yukon Arctic Ultra 2026 est entrée dans une nouvelle phase. En tête du 600 km, deux Français ont pris une avance significative sur le reste du peloton.
Paul Clément et Guillaume Grima sont actuellement arrivés ensemble au checkpoint de Quiet Lake, après plus de 150 kilomètres parcourus, au terme d’un effort continu avec très peu de pauses.
Ils occupent désormais solidement les deux premières places, avec un écart qui dépasse les trente kilomètres sur leurs poursuivants directs.
Une course construite dans la continuité
Depuis le départ, Clément et Grima ont adopté une approche fondée sur la régularité. Les données de suivi montrent une progression remarquablement stable, avec une moyenne comprise entre 5 et 6 km/h, maintenue sur la durée malgré la neige molle et les conditions exigeantes.
Cette constance est d’autant plus notable qu’elle s’inscrit dans un effort quasi continu. En plus de trente-cinq heures, les deux hommes ont très peu interrompu leur progression, limitant leurs pauses à l’essentiel.
Contrairement à ce que leur proximité au classement pourrait suggérer, ils ne courent pas ensemble entre les points de passage. Chacun suit sa propre trajectoire, parfois à plusieurs kilomètres de distance, avant de se retrouver aux checkpoints. Il ne s’agit donc pas d’une course menée en binôme, mais de deux stratégies individuelles très proches dans leur logique et leur exécution.
Leur passage simultané à Quiet Lake marque néanmoins un moment important. Après plus d’une journée d’effort, la manière dont ils gèreront ce premier vrai temps de récupération pourrait peser lourdement sur la suite.
Trois clés pour comprendre l’avance des Français sur la Yukon Arctic Ultra
Après seulement 150 kilomètres, l’écart creusé par les deux Français interroge. Sur une course de 600 km, rien n’est jamais définitivement acquis, mais cette avance repose déjà sur des choix structurants.
– Un pari assumé sur l’allègement
La pulka de Paul Clément, notamment, serait chargée autour de 22 kg, là où de nombreux concurrents évoluent avec des charges proches de 28 à 30 kg. Dans les conditions actuelles, marquées par une neige peu portante, cette différence est déterminante.
Chaque kilo supplémentaire devient un frein permanent. Sur plusieurs dizaines d’heures, l’impact est considérable, tant sur la fatigue musculaire que sur la capacité à maintenir une allure constante. Cet allègement traduit un travail de préparation précis et un choix stratégique assumé, qui semble aujourd’hui porter ses fruits.
– Une gestion très fine du rythme
Clément et Grima ont évité les phases d’emballement comme les ralentissements prolongés. Leur progression reste homogène, sans variations brutales. Cette stabilité limite la dérive de fatigue et réduit le besoin de longues phases de récupération.
Sur une course polaire, où chaque arrêt coûte du temps et de l’énergie, cette économie d’effort constitue un avantage majeur.
– Une forte tolérance à l’effort prolongé
Enfin, leur capacité à enchaîner plus de trente-cinq heures avec très peu de sommeil témoigne d’une tolérance élevée à l’effort long. Gérer la privation de sommeil, l’inconfort thermique, les micro-douleurs et la monotonie mentale fait partie intégrante de ce type d’épreuve. Tous les coureurs n’y sont pas égaux. Pour l’instant, Clément et Grima semblent capables de maintenir un fonctionnement stable dans la durée, là où d’autres doivent s’arrêter plus fréquemment.
Une course rendue plus dure par les conditions
« La neige est vraiment molle, pas super bonne, mais ça va, je suis en forme. J’ai mis 2h30 de plus que l’an dernier sur le même tronçon à cause de cette neige. Il fait très chaud : je suis en tee-shirt, sans bandeau ni tour de cou. »
Guillaume Grima
Les messages récents de l’organisation confirment la difficulté du terrain. Les chutes de neige récentes, combinées à des températures relativement douces, rendent la trace particulièrement souple. Dans certains secteurs, l’usage de raquettes est devenu indispensable.
De nombreux athlètes ont d’ores et déjà jeté l’éponge ou été évacués pour des soins médicaux.
Parmi eux le français Thierry Corbarieu, pourtant considéré comme l’un des favoris de l’épreuve.
Même les équipes de bénévoles sont confrontées à ces conditions difficiles. À Quiet Lake, elles ont dû creuser de véritables tunnels dans la neige pour aménager le camp et permettre l’accueil des coureurs.
Si certains secteurs, notamment le long du South Canol, offrent une trace plus dure, l’ensemble du parcours reste particulièrement exigeant.
Une domination précoce, encore à consolider
À ce stade, l’avance de Clément et Grima repose sur une combinaison cohérente : allègement du matériel, régularité d’allure et forte tolérance à l’effort prolongé.
Pour autant, plus de 440 kilomètres restent à parcourir. Les prochains cycles de sommeil, la gestion de la récupération et l’évolution des conditions météorologiques continueront de peser sur la hiérarchie.
A noter
La suite dépendra en grande partie de leur capacité à préserver cet équilibre : récupérer sans casser leur dynamique, rester lucides, et continuer à faire fonctionner un système déjà fortement sollicité. La course entre désormais dans une phase où chaque décision comptera, et où transformer une domination précoce en victoire finale reste un défi à part entière.
Auteur : Alban Grivel, des montagnes et des sciences
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