Ecouter le résumé de cet article sur les dangers du collagène
Collagène, peptides, récupération : tout ça n’était qu’un dangereux mirage.
Tu veux protéger tes genoux, éviter les tendinites, mieux récupérer après tes sorties longues ? Comme beaucoup de traileurs, tu t’es peut-être tourné vers le collagène. Vendu en gélules, en poudres ou en shots, il a envahi les placards des sportifs.
Mais derrière la promesse d’un tendon renforcé se cache une réalité bien moins flatteuse. Manque de preuves solides, effets secondaires mal compris, glissement vers des substances à risque… La science commence à tirer la sonnette d’alarme. Et en trail, la meilleure solution est parfois celle qu’on ne vend pas.
Une nouvelle étude et plusieurs alertes d’autorités sanitaires viennent jeter un froid sur la mode des peptides vendus comme des solutions miracles. Dans le viseur : ces molécules présentées comme capables d’améliorer la récupération, de renforcer les tendons ou d’accélérer la prise de muscle. Dans le monde du trail, où les blessures sont fréquentes et la charge d’entraînement lourde, le collagène est devenu un réflexe. Une gélule pour des genoux en béton, une poudre pour des tendons indestructibles. Sur le papier, c’est séduisant. Dans la vraie vie, c’est plus compliqué.
À quel moment de son entraînement trail était-il recommandé de prendre du collagène ?
Soyons clairs : le collagène n’est pas un gel énergétique. Ce n’est pas un produit à prendre au départ d’un 80 km pour finir plus vite. Ceux qui en consomment le font surtout dans des périodes précises.
D’abord en phase de reprise après blessure
Tendinite d’Achille, douleur rotulienne, aponévrosite plantaire… Le trail sollicite en permanence les tissus conjonctifs. Certains athlètes prennent du collagène dans l’espoir de “reconstruire” plus vite.
Ensuite pendant les blocs de charge lourde
Quand tu enchaînes les semaines à 80 ou 100 km avec du dénivelé, tu cherches tout ce qui peut soutenir tes articulations. Le collagène est alors présenté comme un filet de sécurité.
Enfin en prévention
Chez les traileurs plus âgés, qui sentent que la récupération est moins rapide qu’à 30 ans.
En vérité, on ne sait pas encore si les bénéfices vantés sont réellement au rendez-vous
À ce jour, on ne dispose pas de preuves massives et incontestables montrant que le collagène transforme un traileur blessé en machine indestructible.
Certaines recherches suggèrent un bénéfice modeste, notamment lorsqu’il est associé à de la vitamine C et pris autour d’une séance de renforcement spécifique. Mais on parle d’effets mesurés, ciblés, pas d’un produit miracle.
Rien ne justifie d’en consommer toute l’année, à fortes doses, en pensant que “plus j’en prends, plus mes tendons seront solides”. Ce n’est pas comme ça que fonctionne le corps.
Et surtout, aucun complément ne rattrapera un plan d’entraînement mal construit, un sommeil insuffisant ou une alimentation bancale. Le collagène peut éventuellement accompagner un travail sérieux. Il ne le remplace pas.
Non seulement ça ne sert à rien, mais en plus c’est dangereux
Le problème des peptides
Le collagène alimentaire classique est généralement considéré comme peu risqué. Le vrai problème, ce sont les dérives autour des peptides (et des substances vendues comme des accélérateurs hormonaux).
Le glissement vers des produits plus risqués
Le collagène n’est pas classé comme dopant. Mais dès que le discours marketing déborde vers des peptides ou des molécules censées “accélérer la régénération” ou stimuler les voies hormonales, on change de catégorie.
Certaines substances destinées à influencer la production d’hormone de croissance sont strictement encadrées. Elles figurent sur la liste des produits dopants de l’Agence mondiale antidopage. Et ce n’est pas anodin : dérèglements métaboliques, rétention d’eau sévère, douleurs articulaires chroniques, troubles de la glycémie, voire diabète chez les profils sensibles.
Autrement dit : le collagène n’est pas le problème en soi. Le problème, c’est la pente glissante vers des produits plus puissants, plus opaques, vendus comme des raccourcis vers la performance.
À long terme, des prises non contrôlées peuvent provoquer des modifications anormales des tissus. On ne parle plus de récupération, mais de déformations osseuses ou musculaires.
Le pire reste l’automédication. Acheter des peptides sur Internet, cumuler plusieurs produits, jouer au biohacker dans sa cuisine. C’est là que le risque explose. Ton corps n’est pas un laboratoire.
Et en compétition, le risque est aussi réglementaire. Se doper sans le savoir reste se doper.
Par quoi remplacer le collagène quand on fait du trail ?
La réponse est moins sexy, mais plus solide.
D’abord le renforcement musculaire. Un tendon solide, c’est un tendon stimulé progressivement. Le travail excentrique, les montées en charge contrôlées, les exercices de stabilité font plus pour tes genoux que n’importe quelle poudre.
Ensuite l’alimentation complète. Des protéines de qualité, variées, issues d’aliments réels. Des fruits riches en vitamine C. Des apports suffisants en calories. Un traileur en déficit énergétique chronique ne reconstruira rien, collagène ou pas.
Il y a aussi la gestion de charge. Monter le volume trop vite est la première cause de blessure. Ajuster les semaines, programmer des récupérations actives, écouter les signaux faibles. C’est moins Instagram, mais c’est efficace.
Et enfin le sommeil. Huit heures régulières font plus pour ta régénération tissulaire qu’un pot à 40 euros.
En résumé le corps ne se pirate pas en six mois
Le trail est un sport d’endurance. Les adaptations prennent du temps. Des années. Les tendons se renforcent lentement. Les os aussi. Vouloir accélérer le processus avec une substance à la mode est tentant. Mais l’histoire du sport est remplie de produits “révolutionnaires” qui ont fini par révéler leurs effets secondaires dix ans plus tard.
Avant d’avaler quoi que ce soit sur le long terme, il faut un recul massif. Pas six mois. Pas deux études sur vingt personnes. Vraiment beaucoup d’années.
Ton corps, tu dois courir avec encore à 60 ans. Pas juste performer à 35.
Sources
Alertes et analyses publiées début février par l’Inserm via sa plateforme Canal Détox sur les peptides et leurs usages détournés ; données de l’American Cancer Society concernant les risques associés à certaines molécules utilisées à visée esthétique ou hormonale ; travaux scientifiques récents sur la supplémentation en collagène et la récupération musculo-tendineuse chez les sportifs ; réglementation de l’Agence mondiale antidopage concernant les peptides classés comme substances interdites en compétition.
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Cet article ne constitue ni un avis médical, ni un jugement sur les personnes ayant recours au collagène ou aux peptides. Il s’appuie sur des données scientifiques et réglementaires disponibles à la date de publication.
Il a été rédigé de bonne foi, dans l’intérêt général, avec pour objectif d’informer les traileurs sur les pratiques de supplémentation et les risques potentiels associés à certains produits. Il n’y a ici ni volonté de nuire, ni dénigrement d’une marque ou d’un complément alimentaire en particulier.





