Depuis leur arrivée sur le marché il y a une dizaine d’années, les chaussures à plaque carbone ont profondément bouleversé la course à pied, puis progressivement le trail.
Portées par la promesse d’un gain de performance significatif, elles se sont imposées chez les élites comme chez les amateurs. Mais en 2026, la révolution technologique s’essouffle. Et les interrogations se multiplient : efficacité réelle, manque de durabilité, adaptabilité aux profils variés… Les chaussures carbone sont-elles devenues un problème plus qu’une solution ?
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chaussures de trail Salomon Speedcross

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Les vrais problèmes avec les chaussures de running et de trail à plaque carbone
Problème n°1 : un gain de performance inégal
Le principal argument des chaussures à plaque carbone reste leur capacité à améliorer le rendement de la foulée. Grâce à une mousse très réactive et une plaque rigide, elles permettent un retour d’énergie qui a permis de faire tomber des records — notamment sur marathon ou 10 km route. Mais ce gain varie fortement selon les profils. Les études montrent un bénéfice moyen de 3 %, mais seulement chez les coureurs rapides. Pour les amateurs courant à moins de 13 km/h, le bénéfice est souvent minime, voire inexistant. Résultat : un investissement lourd pour un gain incertain.
Problème n°2 : une instabilité dangereuse en trail
Sur route, les plaques carbone offrent un effet ressort bien exploité. En trail, c’est une autre histoire. La rigidité des semelles combinée à une hauteur importante (parfois plus de 35 mm) rend la chaussure instable sur les terrains techniques. Descente raide, racines, pierriers : le pied flotte, manque d’appui et le risque d’entorse augmente. Certains modèles tentent d’adapter la technologie au trail, mais la plupart peinent à offrir l’équilibre entre propulsion et sécurité.
Problème n°3 : une durabilité très limitée
C’est un paradoxe : plus les chaussures coûtent cher, moins elles durent. Là où une paire classique peut tenir 700 à 1 000 km, les chaussures à plaque carbone s’usent en moyenne dès 300 à 500 km. La mousse se tasse, la plaque perd en efficacité, et le confort s’effondre. Pour des modèles dépassant souvent les 250 €, l’équation devient problématique. Cela génère une consommation excessive et une frustration croissante chez les coureurs réguliers.
Problème n°4 : une surenchère marketing permanente
Chaque marque rivalise d’arguments : mousse de nouvelle génération, poids record, géométrie optimisée, nouvelles plaques, nouveaux noms. Mais dans la réalité, les différences entre modèles sont parfois minimes. Le marché est saturé de versions aux bénéfices marginaux, présentées comme des révolutions. Le danger : faire croire aux coureurs qu’il faut changer de paire tous les six mois pour rester « performant », alors que les progrès réels sont faibles pour la majorité des utilisateurs.
Problème n°5 : un modèle déconnecté de l’esprit trail
Le trail est né dans la nature, avec des valeurs d’autonomie, de simplicité, de sobriété. L’arrivée massive de modèles à plaque carbone — coûteux, techniques, peu durables — pose une vraie question de cohérence. Faut-il vraiment chausser une technologie ultra-compétitive pour courir dans les bois ? L’obsession de la performance n’est-elle pas en train de polluer une pratique initialement plus libre, plus sensorielle ? En trail, le confort, l’accroche et la polyvalence comptent souvent bien plus que le rebond.
Problème n°6 : une empreinte écologique préoccupante
Enfin, un dernier point devient incontournable : la question environnementale. Ces chaussures sont souvent fabriquées avec des matériaux complexes, non recyclables, nécessitant un assemblage industriel énergivore. Leur faible durée de vie pousse à une consommation régulière, parfois 2 à 3 paires par an pour les coureurs assidus. À l’heure où le sport outdoor cherche à devenir plus responsable, la prolifération de ces modèles va à contre-courant.
Infographie sur les limites des chaussures de trail à plaque carbone

En résumé, les chaussures à plaque carbone ont changé la course à pied. Mais dans le trail, leur place est loin d’être évidente.
Entre instabilité, faible durabilité, efficacité discutable et dérive marketing, elles posent plus de questions qu’elles n’apportent de réponses. Pour progresser en trail, la priorité reste l’entraînement, l’écoute de soi… et le choix de chaussures adaptées à son terrain, son niveau, et son rythme.
Les chaussures à plaque carbone ont apporté une avancée majeure dans le monde du running. Mais leur efficacité réelle en trail reste très discutable, surtout pour les profils amateurs. Leur durabilité limitée, leur coût élevé et leur instabilité sur terrain technique en font un produit parfois inadapté à la réalité des sentiers. Plutôt que de les adopter les yeux fermés, mieux vaut prendre le temps de réfléchir à son profil, à ses objectifs et à ses priorités.
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