Une mauvaise foulée ne se voit pas toujours.
Elle ne ressemble pas forcément à une “mauvaise” course, et elle peut même sembler fluide à l’œil. Pourtant, sur route comme en trail, elle produit un effet très concret : elle coûte plus d’énergie que nécessaire à chaque pas, et cette dépense invisible finit par se payer en vitesse, en régularité et en résistance.
Le problème n’est pas seulement musculaire ou cardio. Il est mécanique. À effort égal, une foulée peu économique oblige le corps à recréer de l’énergie à chaque contact au sol, au lieu d’en récupérer une partie grâce à l’élasticité naturelle des tissus. C’est cette différence, répétée des milliers de fois, qui ralentit.
La « foulée trail » inefficace vous fait “payer” chaque pas
Parce que vous perdez l’énergie élastique que votre corps peut restituer
Le corps est capable d’emmagasiner et de renvoyer de l’énergie à l’appui, à condition que la mécanique soit cohérente. Quand la technique n’exploite pas cette élasticité, chaque foulée devient un redémarrage. L’effort n’est plus un enchaînement, mais une série de relances. Cette dépense répétée ne se ressent pas toujours immédiatement, mais elle limite la vitesse soutenable et accélère la fatigue.
Parce que votre foulée va vers le haut au lieu d’aller vers l’avant
Une part du ralentissement vient d’un problème d’orientation. Si le mouvement part trop en vertical, le coureur “rebondit” davantage qu’il ne progresse. L’énergie sert à monter plutôt qu’à avancer. Le coût énergétique augmente, la sensation d’effort grimpe, et la vitesse se dégrade à mesure que la durée s’allonge, ce qui se constate fortement en trail quand le terrain impose déjà des dépenses supplémentaires.
La technique peut vous freiner même si vous êtes en forme
Parce que l’esthétique ne garantit pas l’efficacité
Une foulée peut sembler belle sans être économique. À l’inverse, une foulée peu impressionnante peut être parfaitement adaptée à un corps, à ses contraintes et à ses habitudes motrices. Se fier au visuel conduit à travailler les mauvais détails, et parfois à corriger ce qui n’a pas besoin de l’être. Le ralentissement s’installe quand l’énergie est consommée là où elle ne produit pas de propulsion utile.
Parce que l’attaque talon ou médio-pied n’est pas le vrai sujet
Le type d’attaque du pied est souvent traité comme la cause principale. Or, dans cette lecture, ce n’est pas un levier prioritaire. Une attaque talon n’est pas forcément problématique, y compris chez des coureurs performants. Le vrai frein apparaît surtout quand le pied se pose très loin devant le corps, jambe tendue, avec une sensation de freinage. Dans ce cas, la foulée casse l’élan au lieu de le prolonger, et l’allure devient coûteuse.
Les réglages qui changent l’économie de course
Parce qu’une cadence trop basse augmente la charge et le coût énergétique
Une cadence faible tend à allonger le temps de contact au sol et à “lourdir” la foulée. Elle s’accompagne souvent de grands appuis qui sollicitent davantage les structures et peuvent favoriser les blessures. À l’inverse, travailler une cadence plus adaptée peut rendre la foulée plus stable et plus économe. Il n’existe pas de chiffre magique valable pour tout le monde, mais une zone large, souvent observée entre environ 170 et 190 pas par minute selon l’allure, sert de repère de travail et de test.
Parce qu’une mobilité limitée bloque la hanche et réduit la propulsion
Quand les hanches sont raides, l’amplitude se réduit, l’extension devient difficile et la foulée perd en efficacité. Le corps compense autrement, ce qui augmente la dépense énergétique. La cheville joue aussi un rôle, notamment sur terrain irrégulier, où la capacité à absorber et à se replacer conditionne la continuité du mouvement. Une mobilité insuffisante se traduit rarement par un seul défaut visible, mais par une accumulation de petites pertes.
Parce que sans renforcement, la technique ne tient pas sous fatigue
Une bonne mécanique suppose un corps solide. Sans renforcement et sans gainage, les appuis se dégradent, l’alignement s’affaisse, et la foulée se désorganise. Le résultat est simple : plus vous avancez, plus vous dépensez pour un rendement moindre. En trail, cet effet est amplifié par le dénivelé, les contraintes latérales et les changements de rythme, qui punissent immédiatement une stabilité insuffisante.
Parce que le centre de gravité mal orienté vous met “en arrière”
Une foulée trop sur l’arrière, avec une sensation de course “sur les talons”, empêche le déroulé. La mécanique attendue est une progression vers l’avant, avec une légère bascule qui favorise la continuité. L’objectif n’est pas de se pencher exagérément, mais de réduire le freinage et le rebond inutile. Quand le centre de gravité n’est pas correctement placé, l’allure devient plus coûteuse, et la vitesse maximale tenable baisse.
Les détails qui finissent par compter sur la durée
Parce que le regard influence votre posture et votre direction
Regarder trop près, notamment vers les pieds, tend à refermer le haut du corps et à tirer la foulée vers le bas. À l’inverse, porter le regard plus loin aide à maintenir une posture plus stable et à conserver une intention d’avancer. En trail, la lecture du terrain reste indispensable, mais l’enjeu est d’éviter une course constamment recroquevillée, qui coûte en énergie et en efficacité.
Parce que des fessiers peu actifs transfèrent la charge aux mollets et aux ischios
Les fessiers sont un moteur puissant. Quand ils ne participent pas suffisamment, la chaîne postérieure se réorganise et la charge se reporte sur les ischio-jambiers et les mollets. Sur effort long, ce transfert peut se payer en fatigue précoce, en crampes ou en perte d’efficacité, même si le cardio tient. Une foulée qui ralentit n’est pas toujours une foulée “faible” : c’est souvent une foulée où les bons muscles ne prennent pas leur part.
En résumé, une mauvaise foulée ralentit parce qu’elle rend chaque pas plus cher.
Elle gaspille de l’énergie, freine la progression, et expose le coureur à une dégradation rapide de la mécanique, surtout quand la fatigue s’installe.
L’enjeu n’est pas de “copier” une foulée idéale, mais de rendre la vôtre plus économique en travaillant les leviers qui comptent réellement : orientation du mouvement, cadence, mobilité, renforcement, stabilité du centre de gravité, posture et activation de la chaîne postérieure. Le gain ne vient pas d’un changement brutal, mais d’ajustements progressifs, un point à la fois, jusqu’à ce qu’ils deviennent automatiques.
Source de ces infos sur la « foulée trail »
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