Kilian Jornet ferait mieux de s’installer à nouveau dans les Alpes pour rester cohérent
Le choix de la formule « fait n’importe quoi » est volontairement fort.
Il ne vise pas à juger la carrière de Kilian Jornet dans son ensemble ni ses performances sportives, mais à souligner une impression de manque de cohérence dans la construction de son calendrier 2026.
Ce titre renvoie à un ressenti partagé par une partie de la communauté face à l’écart entre certaines prises de position récentes, notamment sur l’impact environnemental, et les choix de courses annoncés.
L’analyse qui suit vise précisément à détailler cette tension entre logique sportive et cohérence globale.
C’est dans ce cadre qu’il faut lire le retour de Kilian Jornet à Zegama.
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Finalement, Kilian Jornet est comme nous tous. Chaque année, il promet d’être soft sur les dossards, de passer plus de temps à la maison avec les siens etc. Et puis au final, il craque, et il reprend un petit dossard. 4 fois rien, juste un petit 42 km qu’il connaît bien.
Vous ne l’avez pas vu venir, nous non plus et lui non plus semble-t-il. C’est officiel : la légende sera au départ de la légende : Kilian Jornet sera au départ de Zegama-Aizkorri ce 17 mai prochain.
Zegama Aizkorri, la course de cœur de Kilian Jornet
Zegama-Aizkorri est une course atypique dans le calendrier d’un ultra-traileur classique. Rappelons que son format est de 42 km, avec 2700m de D+, ce qui en fait une course très courte au regard des standards habituels où l’on ne parle d’ailleurs d’ultra pour un trail qu’à partir de 80 km.
Rappelons enfin, pour ceux qui débarquent dans le monde de la course en sentier, que Jornet y a ses empreintes dans tous les sentiers, lui qui a déjà remporté 11 éditions de cette course réputée pour la ferveur de ses spectateurs, l’exigence de ses sentiers et le niveau toujours très relevé.
Pourquoi Kilian Jornet va à Zegama ?
Les 25 ans de la course
Alors oui, il y a cette question du 25e anniversaire de la course que Jornet ne pourrait pas manquer. Certes, on peut entendre cet argument, mais il ne compte pas vraiment si on le lit dans ce sens. Par contre, on peut aussi lire le calendrier 2026 comme une sorte de retour aux sources. Jornet approche de la quarantaine et revient sur les traces de ses plus grands exploits comme Zegama ou l’UTMB.
Le label de la course
Autre détail, mais qui n’en est pas un, Zegama fait partie désormais des courses qui entrent dans le label Green Trail Concept de la Fondation Kilian Jornet, soutenant les courses les plus engagées dans la protection de l’environnement.
Un format de course pour ne pas s’épuiser
Ce qu’il faut surtout regarder, c’est la construction du calendrier de Jornet. Zegama va servir de repère au Catalan. Il ne s’est pas aligné sur une course à dossard depuis des mois. S’il n’est pas resté sans rien faire (State of Elevation à la rentrée dernière ça vous parle ?), il n’a plus joué avec les meilleurs coureurs de ces dernières années depuis un moment. Il retrouvera d’ailleurs un autre athlète NNormal, qui aime particulièrement ce genre de terrain, à savoir Elhousine Zlazzaoui.
Zegama est alors parfaite comme course pour se tester. Les 42 km et 2700 m de D+ en font une course exigeante, qui demande de la puissance et de l’endurance, mais sans aller épuiser les ressources du corps comme peut le faire un ultra-trail traditionnel. Dans l’optique de préparer la Western States qui se déroule 5 semaines plus tard, on est sur un choix très judicieux. Aller courir Sierre-Zinal quelques semaines avant l’UTMB participe un peu du même esprit.
Encore une course, est-ce bien sérieux ?
Il y a la dimension sportive. Et puis la dimension humaine. Et là, on comprend un peu moins ce choix de Jornet. Une fois de plus, Kilian Jornet vient encore afficher haut et fort ses propres contradictions.
Pour débuter la nouvelle année, il parle de son bilan carbone lourd en 2025 qu’il va mieux contrôler, tout en reconnaissant qu’un athlète de haut niveau a nécessairement des impératifs de déplacements.
La dimension écologique de ses déplacements était une variable affichée dans le choix de ses courses. Mais voilà que son calendrier 2026 semble encore moins cohérent que les autres années.

Une visite au Pays basque, un voyage transatlantique, puis retour dans les Alpes. Si on peut imaginer que les deux dernières courses de son programme se feront en un seul voyage, ce n’est pas le cas de Zegama et de la Western States. Alors oui, revenir s’installer dans les Alpes serait sûrement ce qui pourrait arriver de mieux à la communication de Jornet.
Revoir Jornet sur Zegama, c’est forcément un moment que l’on attend déjà avec impatience. On attend d’ailleurs les 4 courses du GOAT avec beaucoup d’envie tant le défi semble immense, et tant il nous semble capable de le relever. Mais c’est au prix d’une nouvelle contradiction avec lui-même. Et quand on est une personne publique, que l’on porte les valeurs écologiques qui sont les siennes, ce sont des erreurs que l’on pardonne moins bien.
Lire aussi
Nos articles sur les éditions précédentes de Zegama
- Comment suivre un coureur en direct sur Zegama aujourd’hui ?
- Kilian Jornet peut-il perdre à Zegama ?
- Zegama : la Jornet mania, c’est reparti pour un tour !
MENTION EDITORIALE
Cet article s’inscrit dans une démarche d’analyse critique sur des sujets d’intérêt général, en particulier les enjeux environnementaux liés au trail et à l’empreinte carbone du sport de haut niveau.
Les éléments présentés reposent sur des informations publiques et des déclarations connues. L’objectif n’est pas de nuire à Kilian Jornet, mais de proposer une lecture argumentée de ses choix au regard des débats actuels dans la discipline.
Ce type de contenu participe à une réflexion plus large sur l’évolution du trail et les responsabilités des athlètes, des organisateurs et des pratiquants





