Sans la Yukon Quest, l’organisation doit tracer sa propre route dans des conditions extrêmes
L’annulation de la Yukon Quest en 2026 n’était que le début des problèmes pour le Yukon Arctic Ultra.
Maintenant que l’organisation doit ouvrir elle-même sa piste, la réalité du terrain est en train de frapper fort.
Et selon les premiers rapports, ça s’annonce brutal.
Sans la Quest, tout repose sur les épaules de l’Ultra
Normalement, la Yukon Quest ouvre la piste et le Yukon Arctic Ultra suit derrière. Cette année, avec l’annulation de la course de chiens de traîneaux, l’Ultra se retrouve seul responsable de tracer son chemin. Ça change complètement la donne.
L’organisation doit maintenant gérer toute la logistique d’ouverture, tester les conditions, établir les points sécuritaires, tout ça dans des conditions qui sont déjà parmi les plus difficiles qu’on ait vues depuis des années. Pollhammer a d’ailleurs prévenu que les prochaines semaines seraient intéressantes, et il promet de continuer à donner des nouvelles sur l’avancement des travaux.
Même les machines peinent à avancer…
Gary Rusnak : « Une de mes ouvertures les plus difficiles à vie »
Gary Rusnak a passé la journée d’aujourd’hui à ouvrir la piste sur le lac Teslin. Pour ceux qui ne connaissent pas Gary, c’est un vétéran des sentiers hivernaux du Yukon avec des décennies d’expérience. Un gars qui en a vu d’autres. Et son verdict après cette sortie ? C’était une des ouvertures les plus difficiles de sa carrière.
Quand quelqu’un d’aussi expérimenté et compétent que Gary dit que c’était difficile, ça veut dire que c’était vraiment dur. Les photos qui circulent montrent des motoneiges enfoncées dans une neige épaisse et profonde. Le genre de conditions où même les machines peinent à avancer.
Un hiver parfait pour compliquer les choses, problème d’overflow

Le propriétaire de l’événement, Robert Pollhammer, a expliqué la situation sur les réseaux sociaux. Certaines portions du parcours seront utilisées par d’autres : motoneigistes récréatifs, résidents locaux, trappeurs, mushers. Ces sections-là sont déjà tracées. Mais pour le reste, l’organisation doit faire le travail elle-même.
Et ce reste-là, c’est pas une mince affaire. Le défi vient de l’enchaînement météo de cet hiver. Beaucoup de neige en début de saison, suivie d’une vague de froid extrême et prolongée, puis encore plus de neige.
Résultat : moins de circulation sur les sentiers en général et beaucoup de lacs avec énormément d’overflow, cette eau qui remonte sous la neige et qui rend les surfaces instables et traîtresses.
Les sentiers terrestres ne sont pas mieux. Pas d’overflow là-dessus, mais des quantités insensées de neige. Le genre de conditions qui ralentit tout et complique chaque kilomètre d’ouverture.
En conséquence en 2026 on aura la Yukon Artic Ultra la plus la plus difficile à ce jour ?
Avec tout ça, la question se pose : est-ce que 2026 sera l’édition la plus difficile du Yukon Arctic Ultra à ce jour ? L’an dernier déjà, le parcours avait fait des ravages avec 20 abandons dès le premier checkpoint. Les coureurs s’étaient plaints de la difficulté extrême du tracé.
Cette année, les conditions de neige et de froid ajoutent une couche supplémentaire de complexité. Si l’ouverture de piste est déjà aussi difficile pour des professionnels équipés de motoneiges, qu’est-ce que ça va donner pour des coureurs à pied ou en fatbike qui vont devoir affronter ce terrain pendant des jours ?
Les coureurs déjà inscrits, comme Guillaume Grima, Paul Clément et Thierry Corbarieu, savent probablement maintenant dans quoi ils s’embarquent. Et le mystère autour de la participation de Mathieu Blanchard prend une tout autre dimension : est-ce qu’il attendait de voir comment l’ouverture de piste allait se passer avant de confirmer ?
En résumé, ce qui s’en vient.
L’organisation a encore quelques semaines devant elle avant le départ prévu début février. Mais avec les conditions actuelles, chaque jour d’ouverture de piste va être un combat.
Gary Rusnak et les autres bénévoles qui se lancent là-dedans méritent une médaille juste pour ça.
Pour les coureurs qui se demandent encore s’ils vont s’inscrire, les images de motoneiges enfoncées dans la neige devraient donner une bonne idée de ce qui les attend. Le Yukon Arctic Ultra a toujours été une des courses les plus dures au monde. En 2026, ça pourrait atteindre un autre niveau.
Auteur : Jonathan Lessard, rédacteur et coureur de sentier
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