Chaque début de saison, la rumeur enfle. Et si Kilian Jornet revenait à Chamonix ?
Et si 2026 signait l’affrontement ultime face à Jim Walmsley, Chris Myers ou Caleb Olson ? Il a sa qualification*
Il a évoqué des courses européennes. L’UTMB adore les come-back légendaires.
Tout, sauf l’essentiel : sa cohérence.
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Kilian Jornet sur l’UTMB 2026 cela n’arrivera pas pour 7 raisons
Parce qu’il a appelé à boycotter l’UTMB
En janvier 2024, Kilian Jornet a co-signé un appel public au boycott de l’UTMB. Pas un simple post agacé ou une critique à chaud. Un acte réfléchi, partagé avec Zach Miller, contre ce qu’il considère comme une dérive du trail : industrialisation, perte de sens, gigantisme.
Revenir courir à Chamonix aujourd’hui reviendrait à nier cet engagement. Et ce n’était pas un coup de sang, mais un positionnement idéologique. Revenir sous la bannière UTMB, c’est donner du crédit à ce qu’il a dénoncé. Et dans le sport comme dans la vie, certaines lignes ne se franchissent pas impunément.
Parce qu’il dénonce un trail devenu inaccessible
Rien n’a changé. Ou plutôt si : les prix ont encore grimpé, les qualifications sont toujours plus complexes, les circuits toujours plus globaux. Et Kilian continue de le dire.
Encore récemment, il alertait : le trail devient un sport élitiste, financièrement et structurellement. Il défend une pratique locale, simple, directe. L’UTMB, à l’inverse, incarne le sommet du marketing sportif. Y revenir, ce serait envoyer un message brouillé. Une contradiction trop voyante.
L’UTMB incarne un modèle qu’il rejette
Le trail selon UTMB Group, ce sont des franchises, des classements mondiaux, des points à accumuler. Une vision globale, industrielle, pensée comme une ligue mondiale. Et c’est précisément ce que Jornet conteste.
Lui défend une approche épurée. Moins de matos. Moins de bruit. Une pratique presque sauvage, à rebours du professionnalisme excessif. Il n’y a pas de bon ou de mauvais camp. Mais il y a une incompatibilité croissante entre sa vision du trail… et celle de l’UTMB.
Parce que son image repose sur l’intégrité
Kilian n’est pas qu’un coureur. Il est devenu une figure morale du trail. Ce statut repose sur une rare qualité : l’alignement. Entre ses mots et ses choix. Entre ses convictions et ses actes.
S’il s’alignait sur l’UTMB 2026, certains crieraient au retournement de veste. L’image d’un athlète qui critique un système puis y revient pourrait entacher sa légitimité. Pas auprès de tous. Mais dans une communauté aussi exigeante que celle du trail, l’image compte. Et la sienne est construite sur la constance.
Parce qu’il suit un chemin différent
Depuis deux ans, Jornet s’éloigne des sentiers battus. Pas seulement au sens figuré : il quitte les grandes courses pour se lancer dans des projets hors normes. En 2024, les 82 sommets des Alpes. En 2025, les Rocheuses américaines avec « States of Elevation ». Des aventures sans chrono, sans dossard, sans podium. Mais pleines de sens.
Il a aussi dit vouloir rester plus proche de sa famille. Choisir la liberté. Privilégier l’humain au spectacle. L’UTMB, c’est tout l’inverse : pression médiatique, sponsors, obligations. Il n’est plus dans cette dynamique.
Parce qu’il n’a rien à prouver
Chamonix, il y a déjà brillé. Quatre fois. En 2008, 2009, 2011, 2022. Il est entré dans la légende depuis longtemps. L’idée d’un « dernier affrontement » est excitante pour les fans. Mais lui n’a plus besoin de ça.
Sa trajectoire le montre : il n’est plus dans la démonstration. Il explore, il transmet, il s’efface parfois. La revanche appartient aux récits médiatiques. Lui semble avoir dépassé ce besoin.
Parce qu’il veut rester maître de sa narration
Revenir à l’UTMB, c’est entrer dans un scénario qu’il ne maîtrise plus. Celui du grand duel, du come-back, du couronnement ou de la chute. Un spectacle vendu, monté, commenté.
Mais Kilian s’est toujours affranchi des récits imposés. Il choisit ses terrains, ses règles, ses rythmes. Il est libre. Et c’est peut-être sa plus grande victoire.






