Ecouter le résumé de cet article sur l’alimentation liquide en trail et en ultra-trail
En trail long, l’estomac est un juge impitoyable.
Ce qui passe bien au repos peut soudainement devenir votre pire ennemi en course. Nausées, ballonnements, perte d’appétit, voire vomissements : l’alimentation devient alors le facteur limitant n°1, bien avant la fatigue musculaire. C’est là que les formes liquides et semi-liquides prennent tout leur sens. Elles sont plus faciles à digérer, mieux tolérées, et surtout plus régulières dans l’apport énergétique. Que l’on soit élite ou amateur, ce changement de stratégie peut tout transformer.
ACHETER UN MINI CHARGEUR NOMADE GARMIN
lien affilié
Que manger en trail
La digestion, grande oubliée de l’ultra
Courir longtemps, ce n’est pas seulement avancer. C’est faire fonctionner un corps en déficit d’énergie, tout en demandant au système digestif de continuer à bosser. Or, sous l’effet du stress, de l’altitude ou du froid, la circulation sanguine se détourne de l’estomac. Résultat : les aliments solides deviennent lourds, stagnent, fermentent. Même une simple barre peut provoquer un blocage total. À l’inverse, une purée fluide ou une boisson énergétique passe la barrière gastrique sans encombre.
Les formes liquides : plus qu’une mode, une nécessité
Boissons riches en glucides, soupes salées, smoothies maison, gels dilués ou purées de fruits lisses : ces formats apportent des calories sans demander un gros effort de digestion. L’ingestion est plus rapide, le transit moins perturbé, et surtout le risque d’écœurement est fortement réduit. C’est pourquoi de plus en plus de coureurs abandonnent les barres compactes ou les aliments secs au profit d’un ravitaillement progressif, régulier, fluide. Ce n’est pas une mode, mais une adaptation pragmatique à l’effort.
Manger en courant : efficacité et sécurité
Les traileurs expérimentés savent qu’il ne faut jamais attendre d’avoir faim ou soif. En ultra, tout se joue en amont. Les stratégies qui fonctionnent sont celles qui permettent une alimentation toutes les 20 à 40 minutes, sans saturer l’estomac. Or, il est bien plus facile de boire quelques gorgées de boisson énergétique ou d’avaler une petite cuillère de compote salée que de mâcher un sandwich sous la pluie à 2 000 mètres d’altitude. À ce niveau, manger devient un acte stratégique, presque chirurgical.
S’adapter au terrain et aux conditions
Chaque course est différente. L’altitude, le dénivelé, la chaleur ou le froid changent la donne. Et notre système digestif ne réagit jamais pareil. Avoir sous la main plusieurs options semi-liquides (salé, sucré, chaud, froid) permet d’improviser si un aliment ne passe plus. C’est d’autant plus vrai lorsque la durée de course dépasse dix, quinze ou vingt heures. Ceux qui réussissent sont ceux qui savent anticiper… mais aussi s’écouter.
Une stratégie qui se prépare à l’entraînement
Enfin, il est essentiel de tester son alimentation en amont. Il ne suffit pas de remplir sa flasque avec une boisson miracle le jour de la course. Les meilleurs coureurs intègrent leur nutrition à leurs sorties longues : ils habituent leur estomac à ingérer des liquides riches en glucides, ils apprennent à reconnaître les signaux de saturation, et ils adaptent leur plan au fil des séances. Le corps peut s’entraîner à mieux digérer, à condition de le lui apprendre progressivement.
En résumé, une alimentation liquide ou semi-liquide bien gérée permet de maintenir l’énergie, d’éviter les abandons digestifs, et parfois… de franchir la ligne d’arrivée en pleine possession de ses moyens.
En trail, plus que jamais, ce qui passe par l’estomac détermine ce qui passe sur les jambes.
Lire aussi






