Le Marathon des Sables fabrique des histoires humaines (mais on n’oublie pas la catastrophe écologique)
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Aujourd’hui, et comme tous les ans depuis 40 ans, au cœur du désert marocain, des centaines de coureurs s’élancent pour affronter l’une des épreuves les plus extrêmes au monde : le Marathon des Sables.
Six étapes, près de 250 kilomètres, une autonomie quasi totale, et une lutte permanente contre la chaleur, la fatigue et soi-même. Une aventure hors normes et fascinante… mais qui pose de plus en plus question.
Derrière les images spectaculaires de dunes infinies et de dépassement de soi, la réalité de l’empreinte écologique d’un tel événement me dérange. Transport des participants depuis les quatre coins du monde, conteneurs réfrigérés, logistique lourde en plein désert, consommation de ressources dans un environnement fragile… L’absurdité est frappante. Courir dans la nature pour se reconnecter à l’essentiel, je comprends l’idée, mais tout en participant à une course qui pèse sur l’équilibre de la nature, cela devient plus compliqué.
Et pourtant, malgré cette aberration écologique difficile à ignorer, le Marathon des Sables continue de raconter quelque chose de rare.
Des histoires profondément humaines : des récits de solidarité, de résilience, de transformation personnelle. Des moments où la performance sportive s’efface au profit du collectif.
Parmi ces histoires, celle du petit Léon, un garçon de 12 ans atteint d’une maladie rare et dégénérative, la maladie axones géants. Cette maladie, il en parle en disant “elle m’empêche de courir et de jouer dans la cour”. Il est accompagné par l’association “ le sable dans les yeux” qui permet à des enfants handicapés ou malades de participer à des exploits sportifs hors normes et de réaliser leur rêve.
Leur intention en participant au Marathon des Sables, c’est de faire parler de cette maladie, et surtout de collecter 150 000 euros. L’objectif final étant d’embaucher un chercheur qui travaillerait sur cette maladie, pour trouver un traitement.
Ce petit garçon illustre parfaitement cet autre visage de la course. Loin de la quête de chrono ou de classement, Léon sera dans une joëlette, entouré et soutenu par une équipe qui porte un projet différent. Ils vont raconter autrement l’aventure humaine, rendre visible une maladie rare, sensibiliser au handicap et offrir à Léon une expérience incroyablement marquante.
Et être sur une telle course, cela rend forcément le message encore plus grand et visible ! Courir dans le désert leur donnera plus de chances de faire avancer la recherche.
Parmi tous les participants, nombreux sont ceux qui comme Léon, viennent pour porter un message, une cause personnelle ou humanitaire. Beaucoup prennent le départ pour donner un vrai sens à leur effort.
Chaque année, des participants amputés ou atteints de maladies chroniques prennent le départ pour prouver que les limites sont souvent mentales et que le handicap n’empêche pas l’exploit.
Sur ces kilomètres brûlants dans le sable, les corps souffrent tous mais les regards se croisent, on tend la main à son voisin. Au campement chaque soir, on partage de l’eau, un sourire ou un silence. Dans un environnement où tout devient difficile, l’essentiel sera l’entraide, la présence, et l’attention à l’autre.
C’est là que je trouve toute l’ambivalence du Marathon des Sables. L’épreuve est critiquable sur certains aspects, mais elle aussi précieuse pour ce qu’elle peut apporter.
Cet
Il reste une question incontournable, peut-on encore accepter ce type d’aventure sans essayer d’en limiter son impact ?
Je trouve qu’il faut préserver ces belles histoires humaines mais tout en réduisant leur coût écologique. L’avenir du Marathon des Sables, mais aussi de toutes les grandes épreuves de ce type, est intimement lié cette tension. Ces organisations doivent trouver un équilibre entre l’exploit humain et la responsabilité écologique. Il faut continuer à faire naître des histoires comme celles de Léon, mais sans fermer les yeux sur ce que cela implique.
Courir dans le désert peut révéler le meilleur de l’humain, mais il ne doit pas se faire au détriment du monde qu’il prétend célébrer.
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