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🎧 Sur les sentiers du Grand Raid de La Réunion, un coureur qui ne parvenait plus à marcher a pu être évacué grâce à un dispositif encore inhabituel dans les opérations de secours : un exosquelette.
Dans la nuit du samedi 17 au dimanche 18 octobre 2026, les gendarmes du Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM), accompagnés d’un médecin du SAMU, sont intervenus auprès du participant en difficulté. L’opération marque une première utilisation opérationnelle de cette technologie par l’unité réunionnaise.
Alors que les exosquelettes suscitent encore beaucoup de scepticisme dans le monde du trail lorsqu’ils sont présentés comme des accessoires permettant de courir plus facilement, cet épisode illustre un usage beaucoup plus concret : permettre à une personne en difficulté de rejoindre les secours.
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Grand Raid : le coureur a pu rejoindre le Maïdo en deux heures grâce à l’exosquelette
L’intervention s’est déroulée pendant la dernière nuit du Grand Raid 2026. Un participant s’est retrouvé dans l’incapacité de poursuivre sa progression à pied.
Les circonstances médicales exactes de cette immobilisation n’ont pas été précisées publiquement. Impossible, par conséquent, d’affirmer qu’il s’agissait d’une blessure musculaire, d’un traumatisme ou d’un épuisement extrême.
Sur place, les gendarmes du PGHM et un médecin du SAMU ont pris en charge le coureur. Selon les informations rapportées localement, celui-ci a notamment été placé sous perfusion avant d’être équipé d’un exosquelette.
Le dispositif lui a alors permis de reprendre sa progression sous la surveillance et avec l’assistance des secouristes.
Après environ deux heures de marche, le groupe a rejoint le Maïdo. Une ambulance a ensuite pris le relais afin que le participant puisse recevoir les soins nécessaires.
L’identité du coureur, la course exacte à laquelle il participait et son état de santé après l’intervention n’ont pas été communiqués.
Un exosquelette testé depuis janvier par les gendarmes réunionnais
Cette utilisation n’est pas arrivée par hasard. Dès le 24 janvier 2026, le PGHM de La Réunion avait expérimenté un exosquelette en conditions réelles sur le sentier des Boîtes aux Lettres, à Saint-Leu.
L’objectif initial était notamment de mesurer l’intérêt de cette technologie pour les secouristes, régulièrement confrontés à des opérations physiquement exigeantes sur les sentiers escarpés de l’île.
Transporter une victime, acheminer du matériel lourd ou progresser pendant plusieurs heures sur un terrain accidenté impose des contraintes importantes aux équipes de secours.
Un exosquelette peut, selon sa conception, accompagner certains mouvements et réduire une partie de l’effort musculaire nécessaire à la marche.
Mais lors du Grand Raid, c’est une autre application qui a été mise en pratique : le dispositif a été porté directement par le coureur en difficulté pour l’aider à se déplacer.
Cette intervention constitue donc une étape importante pour le PGHM réunionnais : après une phase d’expérimentation, l’équipement a été employé dans une véritable opération de secours.
Pourquoi cette technologie peut être intéressante pour les secours en trail
Sur une épreuve comme le Grand Raid, l’évacuation d’une personne incapable de marcher représente un problème particulièrement complexe.
Les sentiers de montagne sont parfois étroits, escarpés et difficiles d’accès. Selon la localisation, les conditions météorologiques et la disponibilité des moyens, une évacuation par hélicoptère n’est pas toujours possible immédiatement.
Les secouristes peuvent alors être contraints d’organiser un transport terrestre, parfois sur plusieurs kilomètres.
Si l’état de la victime permet une marche assistée, l’exosquelette pourrait constituer une solution supplémentaire entre l’évacuation traditionnelle et le portage.
Son intérêt potentiel est multiple :
- Permettre à certains blessés de retrouver une capacité de déplacement temporaire.
- Faciliter une évacuation à pied lorsque le terrain s’y prête.
- Limiter, dans certaines situations, le recours au portage intégral d’une victime.
- Offrir aux équipes de secours une possibilité supplémentaire lorsque les moyens habituels sont difficiles à mobiliser.
Il faut néanmoins rester prudent. Un exosquelette ne convient pas à toutes les blessures et ne remplace ni un examen médical, ni une immobilisation lorsque celle-ci est nécessaire. Son utilisation dépend de l’état du patient, des caractéristiques du matériel et des conditions du terrain.
Le modèle exact utilisé pendant le Grand Raid n’a pas été précisé dans les communications consultées. Il serait donc prématuré de lui attribuer des performances chiffrées en matière d’assistance ou d’autonomie.
Exosquelette en trail : gadget pour la performance, véritable outil pour le secours ?
Cette opération apporte aussi un éclairage intéressant sur un débat qui agite depuis plusieurs mois le monde des sports de montagne.
En juillet dernier, u-Trail s’interrogeait sur l’intérêt des exosquelettes commercialisés pour accompagner les sportifs dans leurs ascensions.
Le guide de haute montagne Mathis Dumas avait notamment testé un exosquelette lors d’une ascension du mont Blanc. Son retour était nuancé : une assistance perceptible dans certaines situations, mais des limites importantes sur les terrains techniques et les fortes pentes.
La question de leur utilisation par des pratiquants valides reste donc ouverte. Un appareil qui facilite l’effort ne remplace pas les capacités physiques, l’expérience ou la maîtrise technique indispensables en montagne.
Mais aider un sportif en bonne santé à monter plus vite et permettre à un coureur immobilisé de rejoindre les secours sont deux objectifs totalement différents.
Dans le premier cas, on cherche à améliorer une performance ou à diminuer la difficulté d’un effort sportif.
Dans le second, on cherche à répondre à une situation de détresse.
Et c’est précisément dans cette deuxième utilisation que l’intervention du PGHM de La Réunion prend tout son sens.
En résumé, c’est une première encourageante, mais pas encore une révolution du secours en montagne
Cette intervention réussie ne signifie pas que les exosquelettes vont désormais équiper systématiquement les équipes de secours ou remplacer les méthodes traditionnelles d’évacuation.
Plusieurs questions restent à étudier : leur efficacité sur les terrains très techniques, leur facilité de mise en place sur une personne blessée, leur poids, leur autonomie et les situations médicales dans lesquelles leur utilisation présente un réel bénéfice.
Un seul sauvetage ne permet pas non plus de mesurer précisément le temps gagné par rapport à une évacuation classique.
Mais il démontre qu’un exosquelette peut trouver une application concrète sur les sentiers de montagne, au-delà des démonstrations commerciales et des essais sportifs.
Et dans cette opération, la réussite ne repose pas uniquement sur la technologie. Elle tient aussi à la présence des gendarmes secouristes, à l’évaluation médicale du participant et à la coordination entre les différents intervenants.
Cette fois, l’exosquelette n’a pas servi à courir plus vite ou à battre un record. Il a permis à un homme qui ne pouvait plus marcher de rejoindre les soins. Une utilisation qui pourrait bien être l’une des plus pertinentes de cette technologie dans l’univers du trail.
Sources
- Gendarmerie nationale et Gendarmerie de La Réunion, communications relatives à l’intervention du PGHM pendant le Grand Raid 2026.
- Zinfos974, 22 octobre 2026, compte rendu du secours réalisé avec un exosquelette.
- Linfo.re, 24 janvier 2026, expérimentation d’un exosquelette par le PGHM à Saint-Leu.
- Grand Raid de La Réunion, règlement et dispositif médical de l’édition 2026.
- u-Trail, juillet 2026, analyse de l’utilisation des exosquelettes pour la pratique sportive.
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Auteur : Axelle Anne, est la fondatrice de la redac. Dans le web depuis 1998, elle a fondé de nombreux sites et s’est mise au trail en 2010. Anti-conformiste et sans langue de bois, elle a contribué à faire sortir le trail de sa niche pour magazine plan plan pour en faire un sport grand public. Depuis 2025, elle assiste impuissante aux dérives du trail.Vous pouvez contacter Axelle Anne par MP sur FB ou regarder ses vidéos YouTube.
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