Une déclaration rare du traileur catalan, extraite d’un entretien accordé au New York Times
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Alpes, au-delà des limites
Kilian Jornet, la mort, le risque et la paternité : le contexte de cette phrase
Dans un article qui fera date, publié par le New York Times et largement relayé par la presse espagnole (Mundo Deportivo, 20 janvier 2026), Kilian Jornet livre une série de réflexions profondes sur sa carrière, sa relation au risque, et son évolution personnelle.
Dans cet article, on apprend que l’ultra-traileur revient sur ses années passées à explorer ses propres limites, évoque la mort d’un proche, et explique comment la paternité a modifié son regard sur la montagne.
Mais la phrase qui interpelle le plus, et qui résume peut-être tout, est la suivante :
« Je n’ai pas peur de mourir, j’ai peur que mes enfants perdent leur père »
« Je n’ai pas peur de mourir, j’ai peur que mes enfants perdent leur père. »
Une formule qui résume l’évolution d’un homme confronté depuis toujours au risque, mais dont la perception a changé avec la paternité.
Selon Mundo Deportivo, qui relaye l’interview, cette déclaration s’inscrit dans une réflexion plus large sur sa relation à la montagne, au danger, et à la manière dont ses priorités ont évolué.
Une relation intime avec le risque, marquée par la vie
Une exploration des limites poussée à l’extrême
Kilian Jornet revient sur son rapport ancien aux limites. Pendant des années, il a cherché à tester son corps et son esprit dans les conditions les plus extrêmes : froid, altitude, isolement. Il parle de périodes où il s’imposait volontairement des souffrances physiques intenses, convaincu que c’était une façon d’explorer sa propre nature.
Mais cette quête n’était pas guidée par la gloire ou la performance. C’était une forme de recherche intérieure, une manière d’apprendre à se connaître, d’aller au bout de ses sensations, de trouver un certain équilibre.
Le traumatisme de la mort de Stéphane Brosse
L’article rappelle un événement fondamental dans son parcours : la mort de son ami Stéphane Brosse, en 2012, alors qu’ils tentaient ensemble la traversée du Mont-Blanc. Brosse a glissé dans une crevasse devant lui.
Cet événement a brutalement confronté Kilian à la réalité de la mort. Jusqu’alors, il en avait une vision presque théorique. Ce jour-là, elle est devenue tangible, brutale, irréversible.
Il dit que cette expérience a changé sa perception du risque, sans pour autant l’empêcher de continuer ses projets en haute montagne.
Un regard transformé par la paternité
Depuis qu’il a des enfants, Kilian explique que le risque n’a plus la même valeur. Il ne court plus uniquement pour lui-même. S’il continue de faire de la montagne, c’est en intégrant une forme de prudence supplémentaire.
La peur de mourir s’est déplacée : elle ne concerne plus sa propre disparition, mais les conséquences pour ceux qu’il aime.
« Je n’ai pas peur de mourir, j’ai peur que mes enfants perdent leur père. »
Une pratique recentrée sur le plaisir et le sens, le plaisir plutôt que la souffrance
Kilian insiste sur un point souvent méconnu de sa personnalité : il ne fait pas tout cela pour souffrir, ni pour se dépasser à tout prix.
Il recherche avant tout le plaisir : plaisir du mouvement, plaisir d’être en montagne, plaisir d’être libre.
Il rejette l’idée que le trail ou l’alpinisme doivent être définis par la douleur ou par une forme de sacrifice. Pour lui, ce qui compte, c’est de vivre en accord avec ses valeurs, ses envies et ses sensations.
Sources
Cette déclaration émane d’un entretien accordé par Kilian Jornet au New York Times en janvier 2026, dans lequel il évoque en profondeur son rapport au risque, son évolution personnelle depuis la mort de son ami Stéphane Brosse, et l’impact de la paternité sur sa vision de la montagne. Le média Mundo Deportivo en a publié une synthèse le 20 janvier 2026, relayant les passages les plus marquants de cet échange.
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