Une nouvelle bataille juridique dans le monde des montres GPS
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Vous vous souvenez, en octobre, du procès que Strava a voulu faire à Garmin et du fait que finalement Strava s’est couché ? Vous vous souvenez aussi qu’à la même époque, on vous expliquait que, parallèlement à ce procès de Strava contre Garmin, c’était Suunto qui attaquait Garmin en justice, et que visiblement cela sentait plutôt mauvais pour Garmin ?
Eh bien, roulement de tambour… Garmin a riposté. Et comme lors de l’épisode avec Strava, l’entreprise américaine semble bien décidée à ne pas se laisser faire.
Une nouvelle bataille juridique dans le monde des montres GPS
Le problème de la lampe torche entre Garmin et Suunto
Depuis quelques années, Garmin propose sur plusieurs modèles — notamment certaines versions de la série Fenix — une petite LED intégrée dans le boîtier de la montre. Cette lampe peut être activée rapidement pour éclairer un chemin, vérifier un équipement ou trouver un objet dans l’obscurité.
Pour les sportifs outdoor, la fonction est devenue très pratique. Les traileurs qui s’entraînent tôt le matin ou tard le soir l’utilisent régulièrement pour gérer les petits moments où l’on a besoin d’un éclairage rapide sans sortir une lampe frontale.
Dans sa contre-attaque judiciaire à la plainte déposée par Suunto, Garmin affirme que certaines montres Suunto auraient intégré un système de lampe LED comparable, ce qui pourrait selon l’entreprise entrer dans le cadre d’un brevet qu’elle détient., Garmin affirme que certaines montres Suunto auraient intégré un système de lampe LED comparable, ce qui pourrait selon l’entreprise entrer dans le cadre d’un brevet qu’elle détient.
Le brevet en question ne porte pas simplement sur l’idée d’une lampe dans une montre. Il décrit un ensemble de caractéristiques techniques précises : l’emplacement des LED dans le boîtier, la manière de les contrôler depuis l’interface de la montre et la possibilité d’ajuster l’intensité lumineuse.
Garmin estime donc que certains appareils concurrents pourraient reproduire une technologie qu’elle considère comme protégée.
Mais comme souvent dans ce type de dossiers, la question est plus complexe qu’il n’y paraît. L’idée d’une montre équipée d’un éclairage existe depuis longtemps. Des montres analogiques dotées d’un système lumineux existaient déjà il y a plusieurs décennies.
Dans le monde des brevets, ce type d’antériorité peut parfois être utilisé pour contester la validité d’une invention. La bataille ne porte donc pas simplement sur la présence d’une lampe, mais sur les caractéristiques techniques précises du système revendiqué par Garmin.
L’historique : plainte de Suunto puis riposte de Garmin
Pour comprendre pourquoi cette lampe torche se retrouve aujourd’hui dans ce conflit, il faut revenir au début de l’affaire.
Septembre 2025 : Suunto porte plainte contre Garmin
En septembre 2025, Suunto et sa maison mère Dongguan Liesheng ont déposé une plainte contre Garmin aux États-Unis. La marque finlandaise Suunto accuse alors Garmin d’utiliser plusieurs technologies protégées par ses brevets.
Ces accusations portent notamment sur certaines mesures physiologiques réalisées par les montres sport ainsi que sur des technologies liées à la conception des antennes GPS intégrées dans les montres.
Décembre 2025 : Garmin répond et accuse à son tour
Face à cette plainte, Garmin a décidé de réagir de manière offensive. Fin décembre 2025, l’entreprise a déposé une réponse particulièrement détaillée dans laquelle elle conteste les accusations et accuse à son tour Suunto d’utiliser plusieurs technologies brevetées.
C’est la guerre des brevets
La contre-attaque de Garmin s’inscrit donc dans ce type de guerre de brevets, où chaque acteur tente de montrer que son concurrent enfreint lui aussi certaines protections technologiques.
Pour l’instant, l’affaire est toujours en cours et il est impossible de savoir comment elle se terminera. Dans de nombreux cas, ces conflits se terminent par un accord entre les entreprises plutôt que par un long procès.
Que risquent les possesseurs de montres Suunto si Garmin gagne ?
Pour les utilisateurs, la situation reste pour l’instant très théorique. Les guerres de brevets entre entreprises technologiques se règlent le plus souvent entre fabricants et n’ont quasiment jamais de conséquences directes pour les consommateurs.
Si Garmin devait finalement obtenir gain de cause sur ce point précis, plusieurs scénarios seraient possibles. Le plus probable serait que Suunto soit contraint de modifier la conception de ses futures montres ou de payer une licence pour continuer à utiliser la technologie concernée.
Dans certains cas, les entreprises peuvent également choisir de désactiver une fonction sur les modèles futurs, ou de revoir la manière dont elle est intégrée dans le matériel.
En revanche, il est extrêmement rare que des fonctionnalités soient retirées sur des montres déjà vendues. Les possesseurs actuels de montres Suunto ont donc très peu de chances de voir leur lampe torche disparaître du jour au lendemain.
Comme souvent dans ce type de conflit, la bataille se joue surtout entre ingénieurs et avocats, bien loin des sentiers où les traileurs utilisent leurs montres au quotid
Les éléments évoqués reposent sur des documents juridiques et des informations publiquement disponibles au moment de la rédaction.
Les formulations utilisées pour présenter les positions des différentes entreprises reprennent les arguments avancés dans la procédure et ne constituent ni une affirmation de culpabilité ni une prise de position de la rédaction.
Cet article ne vise en aucun cas à dénigrer les produits, les technologies ou les marques concernées. Garmin et Suunto restent deux acteurs majeurs du marché des montres sportives et outdoor, et les faits présentés devront, le cas échéant, être appréciés par les juridictions compétentes.






