À partir de ce dimanche 1er février 2026, le Yukon ne sera plus un simple territoire du nord canadien : ce sera le théâtre d’un duel aussi givré qu’épique entre deux Français, Thierry Corbarieu et Guillaume Grima.
Deux hommes, deux trajectoires, mais un même objectif : survivre — et triompher — sur l’une des courses les plus dures au monde. Bienvenue à la Yukon Arctic Ultra.
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Les favoris de la Yukon Arctic Ultra 2026
Guillaume Grima revient pour sa revanche
On l’avait quitté gelé, amaigri, halluciné, mais debout : Guillaume Grima est de retour sur le sol gelé du Yukon, prêt à affronter de nouveau cette course hors-norme longue de 645 kilomètres, dans des conditions de froid extrême. En 2025, il avait lutté jusqu’au bout contre Mathieu Blanchard, dans un duel haletant qui s’était conclu par la victoire du célèbre traileur franco-canadien. Grima n’avait pas démérité, bien au contraire : il avait montré des qualités physiques et mentales rares, tenant tête à un adversaire expérimenté pendant plus de 7 jours sans discontinuer.
Cette année, le décor a changé. Il n’y a plus Blanchard dans la course. Mais un autre monstre du froid s’avance sur la ligne de départ : Thierry Corbarieu. Et le combat s’annonce rude.
Thierry Corbarieu, l’homme des enfers glacés
Thierry Corbarieu ne vient pas en touriste. L’ancien rugbyman devenu ultra-traileur est une légende de l’endurance extrême. Son palmarès donne le vertige : finisher de l’UTMB, de la Diagonale des Fous, du Tor des Géants, de l’Ultra Marin, et de la terrible Spine Race britannique — celle-là même remportée cette année par Sébastien Raichon. Mais ce sont surtout ses exploits dans le froid qui impressionnent le plus : vainqueur de la Yukon Arctic Ultra en 2019, il est aussi le premier Français à avoir remporté l’Iditarod Trail Invitational 1000 en 2023, une expédition de 1650 km à travers l’Alaska par -40°C.
Corbarieu est donc dans son élément. Mieux encore : il regrette que les prévisions météo annoncent cette année un froid “modéré” autour de -20°C. “J’aurais préféré plus de froid pour que la luge glisse mieux et pour éviter les raquettes, très éprouvantes physiquement”, a-t-il confié à son équipe quelques jours avant le départ. Ce détail en dit long sur le niveau de préparation mentale et physique de cet homme hors-norme.
Grima vs Corbarieu : choc de générations et d’expériences
Guillaume Grima incarne une nouvelle génération de coureurs d’ultra à la recherche de récits plus aventureux que compétitifs. Pour lui, revenir sur la Yukon Arctic Ultra, c’est poursuivre un projet initiatique commencé l’an passé, et montrer qu’il peut aller encore plus loin. Son mental a impressionné en 2025, sa résilience aussi. Mais face à lui se dresse une machine de guerre, un homme qui a transformé l’inconfort en mode de vie.
Thierry Corbarieu, lui, a fait du froid son terrain de jeu. Il connaît les pièges, les hallucinations, la solitude et le gel jusqu’au bout des cils. Il sait quand ralentir, quand dormir, et comment survivre quand tout le corps hurle d’abandonner. Ce duel franco-français est peut-être l’un des plus excitants que le monde de l’ultra hivernal ait connu ces dernières années.
La Yukon Arctic Ultra va être une course sans chiens… et sans pardon
Particularité de cette édition 2026 : le parcours a dû être entièrement redessiné. Habituellement, la Yukon Arctic Ultra emprunte le tracé de la Yukon Quest, célèbre course de chiens de traîneaux, ce qui garantit un minimum de damage. Mais cette année, cette course a été annulée, obligeant les organisateurs à construire eux-mêmes les 600 km de pistes à travers la forêt boréale. Résultat : une neige plus molle, moins compactée, et donc des conditions de progression encore plus lentes et énergivores.
Les participants — qu’ils soient à pied, à ski ou en fat bike — devront tout transporter eux-mêmes : nourriture, sac de couchage, vêtements de rechange, réchaud, matériel de survie… Chaque coureur tire sa luge, seul, sur un parcours sans assistance et quasiment sans repère. Dans ce contexte, la moindre erreur peut être fatale. L’an dernier, seuls 6 coureurs sur 46 avaient terminé l’épreuve.
Un départ sous tension le 1er février à Teslin
La course s’élancera de la petite ville de Teslin, au sud du Yukon, pour une boucle aller-retour jusqu’à Faro. 645 kilomètres au total, en autosuffisance complète, à travers des paysages isolés, gelés, d’une beauté sauvage mais implacable. Chaque concurrent aura 12 jours maximum pour terminer. Mais entre fatigue, blessures, engelures et hallucinations, rares sont ceux qui verront l’arche d’arrivée.
Du côté français, tous les regards seront braqués sur ces deux figures. D’un côté, Guillaume Grima, en quête de rédemption. De l’autre, Thierry Corbarieu, vétéran du froid et chasseur de records. Et au milieu, une nature qui ne fait aucun cadeau.
La Yukon Arctic Ultra n’est pas une course de plus dans un calendrier saturé : c’est une traversée mentale et physique, une introspection dans les conditions les plus hostiles de la planète. En 2026, elle sera aussi le théâtre d’un affrontement inédit entre deux Français que tout oppose sauf le courage.
Thierry Corbarieu veut asseoir sa domination sur les courses hivernales. Guillaume Grima veut prouver que la défaite de 2025 n’était que le début d’une histoire plus grande. Dimanche, ils s’élanceront sur la neige. Le premier qui tombe n’aura pas droit à une second






