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🎧 L’UTMB Mont-Blanc est devenu le plus grand rendez-vous mondial du trail.
Du 24 au 30 août 2026, plusieurs milliers de coureurs vont converger vers Chamonix pour participer à la PTL, la TDS, l’OCC, la CCC ou encore à l’UTMB, dont le départ sera donné vendredi 28 août à 17 h 45. Mais avant la course reine, c’est la PTL qui ouvrira officiellement la semaine dès ce lundi 24 août à 8 heures. Et cette année, avant même que les premiers traileurs ne s’élancent, l’événement fait face à une accumulation inhabituelle de critiques sur son développement, son impact environnemental, la saturation de Chamonix et la place prise par les marques.
C’est dans ce contexte très tendu qu’Isabelle Viseux-Poletti, directrice de l’UTMB et fille de ses fondateurs, a choisi de prendre la parole ce dimanche 23 août dans Le Dauphiné Libéré. Un timing particulièrement sensible : l’interview paraît au lendemain de la publication d’une longue enquête de Mediapart consacrée aux « dérives de l’Ultra-trail du Mont-Blanc », et quelques heures seulement avant le départ de la PTL, lundi matin, qui ouvrira officiellement la semaine de courses.
Le contexte : l’UTMB attaqué de plusieurs côtés à quelques heures de son lancement
Ces dernières semaines, les critiques autour de l’UTMB ont changé de dimension.
À Chamonix, le nouveau maire François-Xavier Laffin estime que le niveau d’acceptabilité de l’événement par une partie des habitants a été dépassé.
La saturation du centre-ville, les animations organisées par les marques, les déplacements, les nuisances et la fréquentation des espaces naturels sont désormais ouvertement discutés.
Samedi 22 août, Mediapart a ajouté une dimension nationale au débat avec une enquête consacrée au développement économique et commercial de l’UTMB, mais aussi à son empreinte sur le massif.
Le média revient notamment sur la transformation d’une course créée à Chamonix en un groupe organisant désormais un circuit international de plusieurs dizaines d’événements.
La réponse d’Isabelle Viseux-Poletti était donc particulièrement attendue.
Dans Le Dauphiné Libéré, la directrice de l’UTMB reconnaît les problèmes et explique vouloir travailler avec la municipalité sur des mesures concrètes pour 2027. Elle met également en avant les actions engagées cette année sur les transports, la présence des marques ou la protection de certaines réserves naturelles.
Mais une phrase a immédiatement concentré les réactions.
« D’autres font pire » : la phrase qui déclenche les critiques
Interrogée sur le fait que l’UTMB soit régulièrement présenté comme l’un des responsables de la saturation de la vallée, Isabelle Viseux-Poletti répond :
« C’est frustrant d’être scruté à la loupe quand d’autres font pire sans que personne ne leur dise rien. »
Elle cite notamment les quelque 130 000 randonneurs qui montent au lac Blanc, où l’UTMB ne passe pas, ainsi que l’impact visuel et environnemental des infrastructures liées au ski. Son raisonnement consiste à expliquer que les problèmes du massif ont plusieurs origines et que l’UTMB refuse d’en devenir l’unique responsable.
Un élément mérite toutefois d’être conservé pour comprendre l’intégralité de sa réponse : Isabelle Viseux-Poletti ajoute immédiatement que, pour devenir exemplaire, l’UTMB doit justement se comparer « à ceux qui font mieux ». Sa ligne de défense ne se résume donc pas intégralement aux quatre mots « d’autres font pire ».
Sur les réseaux sociaux, c’est pourtant cette première formule qui a cristallisé les réactions.
Pour certains internautes, l’argument ressemble à une réponse de cour de récréation
Plusieurs commentaires publiés après la diffusion de l’interview reprochent à la direction de l’UTMB de déplacer le débat vers les comportements d’autres acteurs plutôt que de répondre uniquement à sa propre empreinte.
Un internaute ironise ainsi sur la formule « d’autres font pire », estimant que, dans la vie, il vaudrait mieux « regarder les mieux » que se comparer aux pires.
Un autre y voit presque un aveu et compare la réponse à celle d’un enfant qui irait rapporter à sa maîtresse qu’un autre a fait pire.
La critique la plus directe résume ainsi le sentiment de plusieurs commentaires :
« Le niveau argumentaire digne de la cour de récré… “Oui mais l’autre il a fait pire maîtresse !” »
D’autres internautes emploient le terme de « whataboutisme » : selon eux, même si d’autres activités ont davantage d’impact sur la montagne, cela ne répond pas directement aux reproches adressés à l’UTMB.
Un autre commentaire résume cette idée en estimant que le fait que « d’autres fassent pire » ne justifie en rien les critiques adressées à un événement d’une telle ampleur.
D’autres internautes donnent pourtant raison à l’UTMB sur le fond
Les réactions sont loin d’être unanimes.
Un internaute raconte avoir récemment fréquenté le secteur de Chamonix et estime que la pression exercée sur la montagne dépasse largement le seul cadre de l’UTMB. Il évoque notamment la fréquentation du lac Blanc et le comportement de certains visiteurs peu habitués au milieu montagnard.
Un autre affirme avoir constaté, en direction du col du Bonhomme, davantage d’incivilités chez certains trekkeurs que chez les traileurs, avant de conclure que, sur ce point, « certains font pire ».
Sous l’article du Dauphiné Libéré, un lecteur développe le même raisonnement en rappelant le poids environnemental du ski : déplacements internationaux, chauffage des hébergements, neige artificielle ou encore infrastructures mécaniques.
Pour ces internautes, faire porter à l’UTMB l’ensemble des problèmes de fréquentation du massif reviendrait donc à ignorer l’impact des autres formes de tourisme et de loisirs en montagne.
Le débat dépasse ainsi largement la seule organisation de l’UTMB. Il pose une question plus vaste : entre randonnée, ski, tourisme de masse et grands événements sportifs, quelle part de responsabilité attribuer à chacun dans la pression exercée sur le massif du Mont-Blanc ?
Le problème de communication vient surtout de la comparaison
C’est probablement là que se trouve le point faible de la formule choisie par Isabelle Viseux-Poletti.
Sur le fond, rappeler que l’UTMB ne représente qu’une partie de la fréquentation du massif est pertinent. L’événement ne passe effectivement pas au lac Blanc, alors que ce secteur accueille à lui seul une fréquentation considérable. Le ski, l’alpinisme, la randonnée et le tourisme classique génèrent eux aussi des flux et des impacts.
Mais lorsque l’on dirige l’un des événements de trail les plus visibles au monde, répondre que d’autres font davantage expose immédiatement à l’accusation de détourner la discussion.
C’est d’autant plus vrai que l’UTMB revendique lui-même une position de référence mondiale. Plus un événement devient puissant, médiatisé et international, plus son action est observée et plus son niveau d’exigence attendu augmente.
La phrase la plus intéressante de l’interview est peut-être finalement celle qui vient juste après la polémique : pour être exemplaire, reconnaît Isabelle Viseux-Poletti, il faut regarder ceux qui font mieux.
Cette seconde partie de sa réponse pourrait même constituer une ligne de défense beaucoup plus solide que la première.
En résumé, à la veille de la PTL, l’UTMB aurait sans doute préféré parler de sport
Le calendrier donne à cette polémique une résonance particulière.
Lundi 24 août à 8 heures, la PTL lancera la semaine UTMB avec environ 300 kilomètres et 25 000 mètres de dénivelé positif autour du Mont-Blanc. La MCC suivra à 10 heures, puis la TDS s’élancera de Courmayeur à 23 h 50. À partir de là, l’actualité devrait progressivement basculer vers les coureurs et la compétition.
Pour l’organisation, l’enjeu de cette prise de parole était donc aussi de répondre aux critiques avant que l’événement commence réellement.
L’objectif paraît compréhensible. Le résultat est plus compliqué : en quatre mots, « d’autres font pire », Isabelle Viseux-Poletti vient surtout d’offrir aux opposants de l’UTMB une nouvelle formule facile à reprendre.
Et à quelques heures du lancement de la plus grosse semaine de trail de l’année, la bataille autour de l’UTMB se joue déjà autant sur le terrain de la communication que sur les sentiers.
Sources
Cet article s’appuie sur l’interview d’Isabelle Viseux-Poletti publiée par Le Dauphiné Libéré le 23 août 2026, dans laquelle la directrice de l’UTMB répond aux critiques visant l’événement et détaille plusieurs mesures mises en place cette année. L’enquête de Mediapart, intitulée « Les dérives de l’Ultra-trail du Mont-Blanc », a été publiée le 22 août 2026. Le programme officiel confirme le lancement de l’UTMB Mont-Blanc lundi 24 août avec la PTL, suivi notamment de la MCC et de la TDS.
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