Le format est simple : « POV : quand ta copine te dit d’aller courir avec elle ». Une situation que connaissent beaucoup de couples qui tentent de courir en couple.
On voit un homme qui attend, soupire, lève les yeux au ciel, montre l’ennui, l’agacement, comme si courir avec sa compagne était une corvée, un frein, presque une punition. Tout est monté pour produire un effet comique : la lenteur supposée de la femme, l’impatience du mec, le décalage entre « performance » et « relation ». Sauf que ce n’est pas de l’humour neutre. C’est un imaginaire très précis qui est mis en scène, et qui en dit long sur la façon dont on perçoit le fait de courir en couple.
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La vidéo « POV : quand ta copine te dit d’aller courir avec elle » et la question de courir en couple
Pourquoi ce n’est pas « juste de l’humour » quand on parle de courir en couple
Dans tout humour, il y a une part de vérité
Ce type de sketch ne sort pas de nulle part. Il s’appuie sur un stéréotype ancien et profondément ancré : la femme serait moins performante, moins sportive, un poids pour l’homme, quelqu’un qui ralentit, qui empêche, qui « casse le rythme ». Même quand c’est monté, même quand c’est exagéré, le message implicite reste le même : courir avec sa compagne, c’est chiant.
Ce n’est pas une moquerie neutre, c’est une moquerie genrée
Le problème n’est pas qu’un couple ait des niveaux différents. Ça, c’est une réalité sportive universelle. Le problème, c’est la mise en scène du mépris ciblé. Le mec ne se moque pas d’un partenaire plus lent, il se moque de « sa copine ». Il l’expose, il la transforme en gag, en boulet, en caricature. Ce n’est pas la lenteur qui est ridiculisée, c’est la femme.
Un stéréotype qui nourrit une hiérarchie
Performance masculine, contrainte féminine
Ce type de vidéo renforce l’idée que la performance est masculine, que la femme est soit en dessous, soit un frein, soit une exception amusante. Ce n’est pas symétrique. Les représentations dominantes ne montrent pas des hommes « boulets » ralentissant leur compagne ultra-performante. Elles montrent des femmes qui gênent, qui fatiguent, qui imposent d’attendre.
Pourquoi c’est profondément malaisant
Ce n’est pas un couple, c’est une mise en scène de domination symbolique
Même si c’est un montage, même si la compagne est consentante, même si tout le monde « rigole », le message collectif reste le même : l’homme est la norme, la femme est l’écart. Il soupire, elle ralentit. Il attend, elle gêne. Il performe, elle s’impose.
En résumé, on a ici un bel exemple de sexisme ordinaire rendu viral
Ce n’est pas de l’humour innocent. C’est du sexisme ordinaire emballé dans un format léger, partageable, viral. Et c’est précisément ce qui le rend dangereux : il rend acceptable, drôle, presque tendre, une représentation profondément inégalitaire. Comme pour la parentalité en trail, on applaudit les hommes, on juge ou on ridiculise les femmes. Le décor change, le mécanisme reste le même.
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