Trail long : comment s’alimenter intelligemment au-delà de 50 km ? Sur un trail de plus de 50 kilomètres, la question de l’alimentation n’est jamais secondaire. Beaucoup de coureurs s’entraînent dur, peaufinent leur matériel, choisissent leurs chaussures au gramme près… mais improvisent encore leur stratégie nutritionnelle le jour J. Or en ultra comme en trail long, ce ne sont pas toujours les jambes qui lâchent en premier. C’est souvent l’estomac. Voici les bases à respecter pour éviter la panne sèche et tenir jusqu’à la ligne d’arrivée.
Manger tôt, avant même d’avoir faim
L’erreur classique consiste à attendre les premières sensations de fatigue pour commencer à s’alimenter. Sur un format supérieur à 50 km, il faut au contraire démarrer très tôt, dès les premiers kilomètres. Pourquoi ? Parce qu’une fois le déficit énergétique installé, il est très difficile de le combler. Le corps bascule rapidement dans une spirale : baisse d’intensité, difficulté à avaler, troubles digestifs, hypoglycémie. Anticiper est donc la règle numéro un. Sur ce type de distance, l’alimentation fait partie intégrante de la gestion d’effort, au même titre que l’allure ou l’hydratation.
Fractionner les apports : un quart de barre toutes les 15 minutes
La clé n’est pas de beaucoup manger d’un coup, mais de manger régulièrement. Une base simple consiste à consommer l’équivalent d’une barre énergétique par heure, idéalement fractionnée en petites prises toutes les 15 minutes. Ce fractionnement présente plusieurs avantages :
- Il limite les pics glycémiques.
- Il réduit le risque de surcharge digestive.
- Il maintient un apport énergétique constant.
- Il stabilise l’effort sur la durée.
En trail, le système digestif est déjà mis à rude épreuve par les secousses, la chaleur ou l’altitude. Lui imposer une grosse quantité de sucre d’un seul coup peut suffire à déclencher des nausées.
Alterner sucré et salé pour préserver l’équilibre
Sur 50 km et au-delà, la monotonie alimentaire devient un ennemi. Le goût sucré permanent finit par écœurer, et les pertes en sels minéraux liées à la transpiration doivent être compensées. L’idéal est donc d’alterner :
- Barres sucrées.
- Barres ou snacks salés.
- Fruits secs.
- Produits plus “classiques” trouvés aux ravitaillements.
Les fruits secs apportent de l’énergie concentrée et sont souvent bien tolérés. Aux ravitaillements, certains coureurs apprécient des aliments simples comme des biscuits salés ou un peu de charcuterie, qui permettent de casser la routine sucrée et de réintroduire du sodium. L’objectif n’est pas de se transformer en gourmet, mais de maintenir l’envie de manger malgré la fatigue.
Attention aux gels : efficaces mais pas universels
Les gels énergétiques sont pratiques, légers et rapides à consommer. Pourtant, ils ne conviennent pas à tout le monde. Leur forte concentration en sucres rapides peut provoquer des troubles digestifs, surtout lorsqu’ils sont consommés sans eau ou à haute intensité. Avant de les intégrer en course, ils doivent être testés à l’entraînement. Un trail long n’est jamais le bon moment pour découvrir qu’un produit ne passe pas. Comme toujours en nutrition sportive, il n’existe pas de solution universelle. Chaque organisme réagit différemment. L’expérience personnelle reste le meilleur guide.
En résumé : penser stratégie, pas improvisation
Sur un trail de plus de 50 km, l’alimentation doit être planifiée avec autant de sérieux que la préparation physique. Manger tôt, fractionner les prises, varier sucré et salé, rester attentif à la tolérance digestive : ces principes simples font souvent la différence entre une course maîtrisée et un abandon. En trail long, l’endurance ne se joue pas uniquement dans les quadriceps. Elle se construit aussi dans l’assiette.
Lire aussi
- En trail, ce ne sont pas les jambes qui lâchent en premier
- Pronateur ou universel : quelle foulée avez-vous ?
- Comment déterminer votre type de foulée : universelle, pronatrice ou supinatrice ?
- Que manger en mode salé sur un trail court





