Normalement, dans le trail, les conversations tournent autour de l’entraînement, du matériel, de la nutrition, du choix des trails, des dossards qui partent trop vite, des barrières horaires ou de la meilleure stratégie pour passer le 80e kilomètre sans exploser. Bref, des sujets relativement classiques.
Mais parfois, sur Internet, les discussions prennent une tournure un peu… différente. Sur certains forums américains, on découvre ainsi des coureurs expliquer très tranquillement qu’ils vont courir après avoir pris des champignons hallucinogènes. Oui oui, des champignons.
Et le plus étonnant n’est pas seulement la pratique elle-même, mais la manière dont elle est racontée : avec un calme presque désarmant, comme si l’on parlait d’un nouveau gel énergétique ou d’une boisson de récupération.
Sur le forum Reddit, dans la communauté r/trailrunning, plusieurs coureurs ont ainsi échangé autour de cette pratique pourtant largement taboue dans le sport : courir après avoir consommé de petites doses de champignons contenant de la psilocybine.
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Des traileurs prennent des « micro-dose » avant leurs sorties trail
L’auteur de la discussion explique qu’il pratique le trail après avoir consommé une petite quantité de champignons contenant de la Psilocybine, la molécule responsable des effets hallucinogènes.
Selon lui, la dose consommée reste faible et les effets seraient très légers. Il explique par exemple préparer un thé contenant environ un gramme de champignons environ trente minutes avant de courir.
Oui, un thé. Comme pour une infusion détente… sauf qu’au lieu de camomille, il s’agit de champignons psychédéliques.
Les soit-disant bienfaits des champignons en trail
Meilleure lecture du terrain
Une sensation de concentration accrue, une perception visuelle plus précise sur les terrains techniques et une immersion plus forte dans l’environnement naturel.
Il décrit notamment l’impression d’être plus attentif aux rochers, aux racines et aux variations du terrain.
Autrement dit : selon lui, les champignons permettraient presque de lire un sentier comme un livre ouvert.
Meilleures sensations
D’autres traileurs décrivent une sensation de fluidité et une forme d’état méditatif pendant l’effort.
Certains coureurs disent ressentir une connexion plus forte avec la nature, une meilleure immersion dans le paysage et un rapport plus instinctif à la foulée.
Un participant décrit par exemple l’impression de courir « comme un animal dans la forêt », avec une perception amplifiée de l’environnement.
D’autres évoquent une forme de méditation en mouvement, comparable à certaines expériences recherchées en trail long ou en ultra-trail.
Bref, pour certains participants à la discussion, la sortie trail se transformerait presque en séance de philosophie forestière.
ATTENTION À LA SANTÉ
À l’inverse, plusieurs participants au fil de discussion se montrent beaucoup plus sceptiques.
Risques de chute
Certains rappellent que la psilocybine peut provoquer des effets secondaires incompatibles avec une activité sportive intense : nausées, vertiges, troubles de l’équilibre ou modifications de la perception visuelle.
Dans un sport comme le trail, où les coureurs évoluent souvent sur des terrains techniques, ces effets pourraient augmenter le risque de chute.
Et courir sur un sentier technique en ayant l’impression que les racines bougent n’est probablement pas la meilleure idée du monde.
Réactions imprévisibles
Plusieurs intervenants expliquent également que les psychédéliques peuvent entraîner des réactions imprévisibles selon les personnes, le contexte ou la dose.
Pour ces coureurs, l’idée d’utiliser ce type de substance avant une sortie trail reste donc difficilement compatible avec la sécurité.
La question exacte du dosage ou plutôt du micro-dosage (oui rien que de l’écrire on hallucine…)
La discussion a toutefois rapidement dérivé vers une question centrale : la dose évoquée par l’auteur peut-elle vraiment être considérée comme une « micro-dose » ?
De nombreux participants estiment que non. Dans la littérature et dans les communautés psychédéliques, une micro-dose de psilocybine correspond généralement à une quantité beaucoup plus faible.
Certains intervenants expliquent qu’une dose d’un gramme peut déjà provoquer des effets perceptibles, voire des légers effets visuels selon les personnes.
Autrement dit, pour une partie des coureurs participant à la discussion, ce type de consommation ne relève plus vraiment du micro-dosage mais d’une dose psychédélique légère.
Et c’est là que la conversation devient encore plus étrange : pendant plusieurs dizaines de commentaires, les traileurs débattent sérieusement… du bon dosage de champignons avant d’aller courir.
Comme si la question relevait simplement d’un réglage nutritionnel classique.
Cette divergence montre à quel point la notion de micro-dose reste floue et varie fortement selon l’expérience et la tolérance de chacun.
En résumé, si cette conversation peut surprendre, elle s’inscrit dans un contexte plus large. Aux États-Unis, la perception des psychédéliques évolue depuis plusieurs années.
Plusieurs villes ont par exemple dépénalisé la possession de champignons contenant de la psilocybine et des recherches scientifiques s’intéressent à leurs effets potentiels dans certains contextes médicaux.
Dans ce climat, il n’est pas surprenant que ces substances apparaissent également dans les discussions liées aux sports de nature.
Cependant, dans le cadre sportif, la question reste extrêmement sensible. Les substances psychédéliques sont interdites dans la plupart des contextes compétitifs et leur utilisation soulève de nombreuses questions éthiques et sécuritaires.
Et pour la grande majorité des traileurs, la meilleure façon d’améliorer ses performances reste encore étonnamment simple : courir, s’entraîner… et éviter les champignons avant une descente technique.
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