A quoi sert une pseudo course où il n’y a jamais – ou presque jamais – de finishers ? C’est la question que l’on se pose en découvrant que cette année encore, il n’y a aucun finisher sur la Barkley Marathons 2026… et cette fois, malgré un plateau international particulièrement relevé.
La Barkley Marathons 2026 est peut-être le trail le plus dur au monde… enfin, si on peut encore appeler ça un trail.
La Barkley se déroule chaque année aux États-Unis, dans le parc de Frozen Head, au Tennessee.
Le parcours n’est connu des concurrents que quelques heures avant le départ. L’organisateur, Gary « Lazarus Lake » Cantrell, personnage iconique à la barbe fournie et au sens de l’ironie redoutable, donne le départ quand il le décide. En 2026, la course a commencé le 14 février à l’aube, soit un mois plus tôt que d’habitude, exposant les coureurs à un froid humide, de la pluie continue et un brouillard épais.
La Barkley consiste à parcourir environ 160 kilomètres en 60 heures maximum, en cinq boucles d’environ 32 km chacune, dans une forêt dense et sans balisage.
Les traileurs doivent trouver des livres dissimulés sur le parcours et arracher les pages correspondant à leur numéro de dossard, qu’ils remettent à Lazarus Lake à la fin de chaque boucle pour prouver qu’ils ont bien suivi l’itinéraire. La navigation se fait à la carte et à la boussole, sans trace GPX. En 2026, ils étaient environ 40 au départ, venus de plusieurs pays. Malgré un plateau composé de spécialistes de l’ultra et de l’orientation, la course a une nouvelle fois résisté. Aucun coureur n’a réussi à boucler les cinq tours dans le délai imparti. Seul Sébastien Raichon a validé une Fun Run en 38 h 05 min 46 s, en complétant trois boucles dans la limite des 40 heures. Une performance rare, mais insuffisante pour décrocher le statut de finisher. Depuis la création de l’épreuve en 1986, seuls 20 coureurs ont terminé la Barkley, pour 26 finishes au total. L’édition 2026 s’inscrit donc dans la continuité d’une épreuve pensée pour être presque impossible.
Pour positiver, on dira que la Barkley ne déçoit jamais ceux qui aiment les récits d’échec héroïque. À Frozen Head, ce n’est pas le vainqueur que l’on célèbre, mais la forêt qui gagne.
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