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🎧 À 41 ans, Eliud Kipchoge n’a visiblement pas dit son dernier mot. Ce dimanche 11 octobre 2026, le double champion olympique kényan a remporté le marathon de Melbourne, en Australie, en 2 h 09 min 10 s.
Une victoire particulièrement symbolique puisqu’il n’avait plus gagné de marathon depuis septembre 2023, à Berlin. Après plusieurs saisons compliquées et des résultats très éloignés de ses standards habituels, l’ancien recordman du monde retrouve enfin la première marche du podium. Et il en profite pour établir un nouveau record de l’épreuve.
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Eliud Kipchoge remporte le marathon de Melbourne et bat le record de la course
Trois ans après sa dernière victoire, Eliud Kipchoge s’est donc imposé sur les 42,195 kilomètres du marathon de Melbourne. Le Kényan a bouclé la distance en 2 h 09 min 10 s, améliorant de deux secondes l’ancien record de la course.
Il s’agit de sa 17e victoire sur marathon, un chiffre qui témoigne de l’exceptionnelle longévité de celui qui a dominé la discipline pendant plus d’une décennie.
La course s’est jouée dans sa deuxième partie. Après un passage au semi-marathon en environ 1 h 04 min 19 s, Kipchoge a progressivement accéléré, jusqu’à se détacher de ses adversaires autour du 30e kilomètre.
L’Australien Thomas Do Canto termine deuxième en 2 h 10 min 35 s, devant son compatriote Reece Edwards, troisième en 2 h 15 min 57 s.
L’arrivée s’est déroulée dans le Melbourne Cricket Ground, l’immense stade australien qui avait accueilli les Jeux olympiques de 1956. Kipchoge a même pris le temps de saluer les spectateurs dans les derniers mètres, au risque de laisser échapper quelques secondes sur son chrono.
Depuis sa victoire à Berlin en 2023, Kipchoge accumulait les déceptions
Cette victoire australienne prend une dimension particulière lorsqu’on regarde les trois dernières années de sa carrière.
En septembre 2023, Eliud Kipchoge remportait le marathon de Berlin en 2 h 02 min 42 s. À cette époque, il restait une référence absolue du marathon mondial.
Mais les saisons suivantes ont été beaucoup plus difficiles.
En 2024, il termine dixième du marathon de Tokyo, avant d’abandonner lors du marathon olympique de Paris. Un épisode particulièrement marquant pour un athlète qui avait remporté les titres olympiques de Rio en 2016 et de Tokyo en 2021.
L’année 2025 confirme cette période de recul sportif. Kipchoge se classe sixième à Londres, neuvième à Sydney, puis dix-septième à New York.
En 2026, ses premières courses ne laissaient pas davantage entrevoir un retour à la victoire. Il avait notamment terminé seizième au Cap, en Afrique du Sud, puis douzième à Porto Alegre, au Brésil.
Des résultats qui avaient progressivement alimenté les interrogations autour de son âge et de sa capacité à rester compétitif face à une nouvelle génération de marathoniens.
À Melbourne, pour la première fois depuis trois ans, Eliud Kipchoge a retrouvé ce qu’il avait perdu : la victoire.
À 41 ans, Eliud Kipchoge estime avoir encore les moyens de rivaliser avec les jeunes
Après la course, le Kényan s’est montré particulièrement optimiste sur son état physique.
Il a notamment expliqué qu’il considérait son corps encore capable d’atteindre un très haut niveau et de se mesurer aux athlètes des nouvelles générations.
Un discours étonnant pour un coureur de 41 ans, à un âge où la plupart des grands champions du marathon ont déjà quitté le circuit professionnel.
Mais cette victoire mérite aussi d’être replacée dans son contexte.
Avec 2 h 09 min 10 s, Kipchoge reste loin des chronos qui faisaient de lui l’homme à battre sur les plus grands marathons internationaux. Le Kényan a couru plus de six minutes moins vite que lors de sa victoire à Berlin en 2023.
Le marathon de Melbourne ne présentait pas non plus la même densité de concurrence qu’un marathon majeur comme Londres, Berlin ou Chicago.
Il serait donc prématuré de considérer cette victoire comme la preuve que Kipchoge est revenu au sommet de la hiérarchie mondiale.
En revanche, elle démontre qu’il conserve une capacité à préparer une course, à gérer son effort et à accélérer au moment décisif. Des qualités qui restent essentielles en endurance, quel que soit l’âge.
Son nouveau défi : courir un marathon sur les sept continents, jusqu’en Antarctique
Cette victoire intervient alors qu’Eliud Kipchoge a engagé un nouveau chapitre de sa carrière.
Son projet, baptisé Eliud’s Running World, consiste à participer à un marathon sur chacun des sept continents.
Après l’Afrique et l’Amérique du Sud, Melbourne constituait la troisième étape de ce tour du monde.
L’objectif dépasse désormais la seule recherche de performances chronométriques. Le Kényan souhaite utiliser sa notoriété pour encourager la pratique de la course à pied, rencontrer des communautés de coureurs et soutenir différentes causes.
L’un des rendez-vous les plus spectaculaires de ce programme devrait se dérouler en Antarctique, où il prévoit également de courir un marathon.
Un défi très différent des grandes courses urbaines sur lesquelles il a construit son palmarès, avec des conditions climatiques et un environnement susceptibles de donner une autre dimension à son expérience de coureur d’endurance.
En résumé, Kipchoge rappelle qu’à 41 ans, la carrière d’un coureur d’endurance peut encore réserver des surprises
Ce succès à Melbourne raconte finalement autre chose qu’une simple victoire sportive.
Pendant longtemps, Eliud Kipchoge a incarné la performance absolue sur marathon. L’homme des deux titres olympiques et des records du monde successifs était attendu sur chaque ligne de départ comme un potentiel vainqueur.
Depuis trois ans, il découvre une réalité différente : celle d’un champion vieillissant, confronté à des adversaires plus jeunes et à des chronos qui ne sont plus les siens.
Sa victoire australienne ne fait pas disparaître les effets du temps. Elle montre simplement qu’une carrière sportive peut continuer à évoluer après la période des records personnels.
C’est aussi un message intéressant pour les coureurs amateurs, qu’ils pratiquent le marathon, le trail ou l’ultra-trail. Avec l’âge, les objectifs changent, les capacités de récupération évoluent et les performances peuvent diminuer. Mais l’expérience, la gestion de l’effort et l’envie de se dépasser conservent toute leur importance.
À 41 ans, Eliud Kipchoge n’est peut-être plus le marathonien le plus rapide du monde. Mais ce dimanche à Melbourne, il a rappelé qu’il savait encore gagner.
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