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🎧 Cross-country : des coureuses refusent de prendre le départ pour protester contre la participation d’une athlète transgenre
Aux États-Unis, une compétition de cross-country organisée mardi 13 octobre 2026 dans l’État de Washington a été marquée par une protestation inhabituelle. Plusieurs lycéennes ont décidé de ne pas terminer leur course pour dénoncer la présence de Logan Mihailoff, une athlète transgenre qui participait encore aux épreuves masculines quelques semaines auparavant. Au cœur de cette affaire, une question qui divise le monde de l’athlétisme : comment concilier inclusion des personnes transgenres et équité dans les compétitions féminines ?
De la 76e place chez les garçons à la victoire chez les filles
L’histoire commence au début du mois de septembre, lorsque Logan Mihailoff, élève du lycée de Camas, participe à une compétition de cross-country dans la catégorie masculine.
Le 5 septembre, lors de l’Ultimook Race, l’athlète se classe 76e. Quelques semaines plus tard, Logan Mihailoff, qui s’identifie comme une fille, rejoint les compétitions féminines.
Les résultats changent alors sensiblement.
Le 26 septembre, lors du Nike Portland XC Invitational, Logan Mihailoff décroche la deuxième place de son épreuve sur 5 kilomètres. Trois jours plus tard, le 29 septembre, l’athlète remporte la course féminine de la rencontre Union/Camas, en 19 minutes et 49 secondes.
Cette victoire, obtenue devant 45 autres participantes, alimente rapidement une controverse locale.
Il faut toutefois préciser que les différentes compétitions ne réunissaient pas les mêmes adversaires et que la 76e place masculine ne peut donc pas être directement comparée à une victoire féminine. Les écarts de niveau entre les courses, les parcours et les conditions de compétition doivent également être pris en compte.
Treize coureuses quittent la course pour protester
Mardi 13 octobre, la contestation prend une nouvelle dimension lors d’une rencontre de cross-country entre les lycées de Camas et Battle Ground.
Selon plusieurs médias américains, 13 des 24 participantes de l’équipe féminine de Camas prennent le départ avant de quitter volontairement le parcours après quelques dizaines de mètres. Une athlète de l’équipe adverse se serait également associée au mouvement.
Leur objectif est de protester contre la participation de Logan Mihailoff à la catégorie féminine.
Parmi les familles mobilisées figure celle de Holly Burns. Son père, Kevin Burns, considère que les règles actuelles portent atteinte aux chances sportives des jeunes filles engagées dans ces compétitions.
Pour ces adolescentes, la question dépasse le classement d’une seule course. Elles contestent un règlement qu’elles estiment susceptible de créer un déséquilibre dans les compétitions féminines.
Ce refus collectif de courir est d’autant plus remarqué qu’il intervient en pleine saison de cross-country, à quelques semaines des championnats de l’État.
Pourquoi cette participation est-elle autorisée ?
La situation trouve son origine dans le règlement sportif applicable dans l’État de Washington.
La Washington Interscholastic Activities Association (WIAA), organisme chargé d’encadrer les compétitions scolaires, prévoit la participation des élèves à des compétitions correspondant à leur identité de genre, sous réserve des règles d’éligibilité.
C’est dans ce cadre que Logan Mihailoff a pu rejoindre les épreuves féminines en cours de saison.
Le lycée de Camas s’appuie sur cette réglementation pour justifier la participation de l’athlète.
Mais ce cadre juridique et sportif ne fait pas l’unanimité.
Les opposants estiment que les catégories féminines doivent tenir compte des différences physiologiques susceptibles d’influencer les performances en course à pied, notamment en matière de vitesse et de capacité aérobie.
À l’inverse, les défenseurs de l’inclusion soulignent l’importance de permettre aux jeunes transgenres de pratiquer un sport scolaire dans un environnement respectueux de leur identité, sans exclusion systématique.
La question de l’équité sportive est centrale
Dans les compétitions chronométrées, quelques secondes peuvent suffire à départager les athlètes. Les catégories permettent précisément de structurer la concurrence en fonction de critères sportifs, notamment l’âge et le sexe.
Le débat porte sur les conditions dans lesquelles une athlète transgenre peut intégrer une catégorie féminine et sur les éventuels critères nécessaires pour garantir des compétitions équitables.
Il serait toutefois réducteur de tirer des conclusions physiologiques définitives à partir des seuls classements de Logan Mihailoff. Les résultats sportifs ne permettent pas, à eux seuls, d’établir l’existence ou l’ampleur d’un avantage individuel.
Les fédérations sportives sont confrontées à un arbitrage complexe entre plusieurs objectifs : protéger l’équité des compétitions, préserver les droits des participantes et garantir l’accès à la pratique sportive.
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