La The North Face OffTrail Ultra mise sur la montagne plutôt que sur la vitesse pure
Sur le marché des chaussures de trail, les fabricants multiplient les modèles équipés de mousses sophistiquées, de plaques carbone et de semelles toujours plus imposantes. Cette évolution technologique s’accompagne souvent de tarifs dépassant les 200 euros.
Avec l’OffTrail Ultra, The North Face adopte une orientation différente. La marque américaine privilégie la protection du pied, l’adhérence et la stabilité sur les terrains difficiles, tout en conservant un poids raisonnable.
L’objectif est de proposer une chaussure capable d’accompagner les traileurs sur des parcours techniques sans les pénaliser par une construction trop lourde.
Son apparence traduit cette ambition. La guêtre textile qui remonte autour de la cheville, le pare-pierres à l’avant et la structure de la semelle évoquent davantage les exigences des sentiers alpins que celles d’une course rapide sur chemins forestiers.
Une chaussure de trail de 278 grammes avec une guêtre intégrée
Fiche technique de la The North Face OffTrail Ultra
- Prix public : 160 €
- Poids indiqué : 278 g
- Hauteur au talon : 29 mm
- Drop : 6 mm
- Amorti : mousse Dreambound TPU infusée à l’azote
- Crampons : environ 4 à 5 mm
- Protection : guêtre intégrée et pare-pierres
- Terrain privilégié : sentiers techniques et rocheux
La présence d’une guêtre constitue l’une des particularités de cette chaussure. Cette pièce de tissu souple entoure la cheville et limite l’entrée de petits cailloux, de sable ou de végétaux pendant la course.
Sur un trail de montagne, cette protection peut devenir appréciable. Les passages dans les pierriers et les descentes sur chemins dégradés exposent régulièrement les pieds à des débris qui finissent par provoquer des irritations.
En revanche, il faut distinguer protection et maintien. La guêtre ne stabilise pas la cheville comme pourrait le faire une orthèse adaptée.
Autre élément intéressant : avec ses 278 grammes annoncés pour une pointure de référence, l’OffTrail Ultra reste relativement légère compte tenu de ses équipements.
Un amorti ferme qui pourrait séduire les traileurs sur les sentiers rocheux
La semelle intermédiaire utilise une mousse TPU infusée à l’azote. Cette technologie cherche à concilier absorption des impacts et restitution d’énergie, sans donner au coureur la sensation de s’enfoncer profondément dans l’amorti.
Sur terrain accidenté, ce choix présente un intérêt particulier. Une chaussure excessivement souple peut compliquer la précision des appuis lorsque le pied se pose sur des pierres irrégulières.
L’OffTrail Ultra privilégie donc une sensation de fermeté tout en conservant une protection contre les chocs.
Cette conception vise à absorber les impacts tout en préservant un déroulé de pied dynamique. L’amorti relativement dense peut ainsi constituer un avantage sur les surfaces irrégulières, où la précision des appuis compte autant que le confort.
La forme incurvée de la semelle contribue également à faciliter la transition vers l’avant pendant la foulée.
Cette combinaison paraît particulièrement pertinente pour les coureurs qui alternent course et marche rapide dans les fortes montées, une pratique fréquente sur les trails de longue distance.
Une semelle pensée pour les rochers, avec quelques limites sur les sols meubles
L’OffTrail Ultra adopte une semelle extérieure dont la conception se rapproche de celle des chaussures d’approche utilisées en montagne.
Ses crampons relativement larges permettent de multiplier les surfaces de contact avec le terrain. Une zone spécifique à l’avant favorise également l’adhérence sur les rochers.
Cette architecture paraît particulièrement intéressante sur les dalles et les surfaces minérales sèches, où la surface de contact entre la gomme et le rocher joue un rôle important.
Elle présente toutefois une contrepartie. Sur les sols meubles, certains crampons peuvent manquer de capacité à pénétrer suffisamment dans le terrain.
La chaussure semble donc davantage destinée aux chemins rocheux, aux portions caillouteuses et aux terrains fermes qu’aux parcours très boueux.
Il serait également prématuré d’en déduire son efficacité sur roche humide, l’adhérence pouvant varier considérablement selon la nature et l’état de la surface.
Le principal défaut de la The North Face OffTrail Ultra concerne le maintien du talon
C’est probablement le point qui mérite le plus d’attention avant un achat.
Alors que l’avant du pied bénéficie d’un espace appréciable et que le maintien au milieu du pied apparaît satisfaisant, le verrouillage du talon semble moins convaincant.
La conception du chaussant peut entraîner un léger mouvement du talon à l’intérieur de la chaussure, particulièrement dans les montées prononcées. Ce point de vigilance concerne notamment les coureurs qui recherchent un maintien très ajusté.
Ce mouvement peut devenir gênant sur une sortie prolongée, notamment lorsque les kilomètres et le dénivelé s’accumulent.
Le problème est d’autant plus délicat à corriger que la partie supérieure du chausson présente peu de rembourrage. Serrer fortement les lacets risque alors de créer une pression inconfortable sur le dessus du pied.
Essayer une demi-pointure inférieure peut être une piste pour certains coureurs, mais cette solution doit être vérifiée en magasin : une pointure trop petite peut également provoquer des douleurs, particulièrement dans les longues descentes.
Pour les traileurs qui préparent un marathon de montagne ou une course de plusieurs dizaines de kilomètres, l’essayage reste donc essentiel.
Pour quelles distances et quels traileurs ?
Malgré son nom, l’OffTrail Ultra n’est pas nécessairement la chaussure la plus adaptée à toutes les épreuves d’ultra-trail.
Son intérêt semble surtout dépendre de la nature du parcours.
Sur des sentiers alpins, des trails techniques de moyenne montagne ou des courses comportant de nombreuses portions rocheuses, elle dispose d’atouts intéressants.
Compte tenu de ses caractéristiques, son utilisation peut être envisagée sur des distances allant du marathon jusqu’à environ 80 kilomètres, en privilégiant les itinéraires exigeants.
Cette indication représente une estimation de son domaine d’utilisation et non une garantie de confort ou de performance sur une telle distance.
Pour les ultras très roulants, en revanche, certains coureurs préféreront probablement une chaussure offrant davantage de souplesse sous le pied.
La question du confort prend en effet une importance croissante lorsque l’on passe de nombreuses heures à courir ou à marcher.
À 160 euros, The North Face propose une alternative intéressante aux chaussures de trail haut de gamme
C’est sans doute le principal argument commercial de l’OffTrail Ultra.
Alors que les chaussures techniques dotées de matériaux modernes se vendent fréquemment au-delà de 200 euros, The North Face parvient à proposer ici une guêtre intégrée, une mousse sophistiquée et une construction orientée montagne pour 160 euros au tarif catalogue.
Cette stratégie peut intéresser les pratiquants qui recherchent une chaussure performante sans nécessairement investir dans un modèle destiné aux élites.
Pour autant, le prix ne suffit pas à garantir un achat pertinent. Une chaussure parfaitement adaptée à un terrain rocheux peut se révéler moins agréable sur les chemins souples ou les pistes forestières.
De même, le maintien du talon peut constituer un défaut rédhibitoire pour certaines morphologies de pied.
En résumé : une chaussure prometteuse, à condition de bien choisir son terrain
Avec l’OffTrail Ultra, The North Face propose une conception cohérente pour la course en montagne : une protection appréciable, un amorti tonique, un poids maîtrisé et une semelle adaptée aux appuis rocheux.
Ses caractéristiques techniques laissent entrevoir un comportement dynamique sur les portions exigeantes. Elles invitent aussi à porter une attention particulière au maintien du talon, notamment pour les longues ascensions.
À 160 euros, cette chaussure mérite donc l’attention des traileurs qui privilégient les parcours montagneux et accidentés. Elle rappelle surtout qu’une bonne chaussure de trail ne se juge pas uniquement à sa quantité de mousse, à la présence d’une plaque carbone ou à son prix, mais à sa capacité à répondre aux contraintes du terrain.
Lire aussi