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🎧 Samedi 10 octobre 2026, à la veille des 20 km de Paris, Isak, 8 ans, a participé à sa toute première course à pied.
Amputé de la jambe gauche après avoir traversé deux cancers, ce jeune garçon a réussi à franchir la ligne d’arrivée. Une performance qui a bouleversé ses parents et suscité une vague de réactions sur les réseaux sociaux, notamment chez les sportifs de haut niveau.
Aux 20 km de Paris : Isak a couru un kilomètre avec sa prothèse, moins d’un an après son amputation
Il y avait beaucoup de sourires et d’encouragements, samedi, à Paris. À l’occasion des 20 km de Paris, les organisateurs proposaient une course réservée aux enfants, avec notamment un parcours de 1 000 mètres.
Parmi les participants figurait Isak, 8 ans, dont l’histoire a été racontée dans un reportage du journaliste Paul Bonnaud pour L’Équipe.
Le petit garçon n’avait encore jamais participé à une course à pied. Son objectif était simple : parcourir le kilomètre jusqu’à l’arrivée, équipé d’une prothèse spécialement conçue pour courir.
Une première particulièrement symbolique puisque, en novembre 2025, Isak avait dû subir l’amputation de sa jambe gauche après deux cancers successifs.
Avant cette épreuve, son sport de prédilection était plutôt le rugby. Mais après l’opération, il a voulu découvrir d’autres activités physiques et retrouver le plaisir de courir.
Toujours en rémission, le garçon explique lui-même ce qui le motive :
« Parce que j’aime bien, et c’est pour encourager les autres enfants qui sont comme moi. »
Une phrase toute simple qui résume sa démarche : faire du sport, prendre du plaisir et montrer à d’autres enfants confrontés à la maladie ou au handicap qu’ils peuvent eux aussi essayer de nouvelles activités.
Une prothèse de course encore difficile à obtenir pour un enfant
Pour Isak, le principal obstacle était de trouver un équipement adapté.
Les lames de course, ces prothèses souples permettant de courir grâce à un système de restitution d’énergie, sont encore peu accessibles aux enfants amputés. La plupart des équipements existants sont destinés aux adultes.
Selon le reportage de L’Équipe, Isak a pu essayer une prothèse de course grâce notamment à l’intervention de Julien Vessières, lui-même sportif amputé.
Depuis environ un mois, l’enfant découvre progressivement les sensations de la course.
Son équipement présente toutefois certaines limites. Pour des raisons médicales, sa prothèse ne comporte pas encore d’articulation au niveau du genou. Isak doit donc adapter sa foulée en faisant passer sa jambe sur le côté pour avancer.
Courir lui demande ainsi des efforts particuliers, avec une gestuelle très différente de celle des autres enfants.
Pendant la course, un accompagnateur est resté à ses côtés avec une béquille, au cas où il aurait ressenti des douleurs ou souhaité retirer sa prothèse.
L’essentiel était de lui permettre d’aller jusqu’au bout, même s’il devait terminer autrement qu’en courant.
Dernier à l’arrivée, Isak a pourtant vécu une immense victoire
Isak a terminé son kilomètre loin derrière les autres participants. Mais sa performance ne se mesurait pas à sa place.
Il avait décidé de courir. Il a réussi à terminer.
Pour ses parents, présents sur place, cette arrivée représentait bien davantage qu’une simple participation à une course pour enfants.
Sa mère, interrogée dans le reportage, raconte avoir pleuré aussi bien au départ qu’à l’arrivée.
Elle revient notamment sur le traumatisme de l’annonce de l’amputation et sur la difficulté, pour des parents, de voir leur enfant traverser une telle épreuve.
« On préférait qu’il nous coupe un membre à nous qu’à notre enfant. »
Mais elle explique aussi combien le comportement de son fils a changé leur manière d’aborder la situation.
En le voyant retrouver progressivement une autonomie, pratiquer du sport et se fixer de nouveaux objectifs, elle a compris que les parents pouvaient parfois, par peur de la blessure ou de la douleur, limiter involontairement les possibilités de leurs enfants.
Elle insiste surtout sur le rôle d’Isak dans la reconstruction de toute la famille.
« Mais non, c’est totalement Isaac qui nous donne la force. »
Pour elle, c’est bien son fils qui entraîne aujourd’hui ses parents dans cette nouvelle aventure.
Mathieu Blanchard, Thibaut Baronian et Dimitri Pavadé saluent sa performance
La vidéo publiée sur les réseaux sociaux a rapidement provoqué une vague d’émotion.
Parmi les réactions, plusieurs sportifs connus ont tenu à féliciter le jeune garçon.
Le traileur Mathieu Blanchard lui a adressé ce message :
« @isak.2pointzero tes un grand champion 🔥 »
Thibaut Baronian, autre figure du trail français, a également réagi :
« 🔥👏❤️ Magnifique ! BRAVO @isak.2pointzero 🫶 »
Dimitri Pavadé, athlète paralympique français spécialiste du saut en longueur, a lui aussi tenu à encourager Isak :
« C’est ça qu’on veut Isak 👏🏾 félicitations à toi champion 🫂💫✊🏾 »
Des personnalités comme Caroline Receveur, Carine Galli ou encore le compte du Toulouse Football Club ont également réagi à cette séquence.
Ces encouragements dépassent largement l’univers de la course à pied. Le parcours d’Isak touche aussi bien les amateurs de trail que les sportifs professionnels, les familles et les personnes confrontées au handicap.
Une phrase prononcée au départ provoque néanmoins un débat
Au milieu de cette vague de félicitations, une phrase prononcée au micro avant le départ a suscité plusieurs réactions.
Pour présenter Isak aux autres enfants, une intervenante a déclaré :
« Donc il n’a pas du tout les mêmes capacités que vous, mais c’est un gagnant. »
L’intention était manifestement d’encourager le petit garçon et de valoriser son courage. Mais plusieurs internautes ont estimé que la formulation était maladroite.
Sur Instagram, le compte la_maman_qui_court a notamment réagi :
« Permettez-moi de reformuler : tu n’es pas qu’un gagnant mon pote : tu es un héros ! Apportez-lui une cape ! Il ne court pas, il vole ! »
D’autres utilisateurs ont toutefois défendu les propos tenus au départ, rappelant que reconnaître les différences de capacités physiques ne constituait pas nécessairement un jugement négatif.
Un internaute directement concerné par le handicap a même apporté une nuance intéressante : il explique préférer qu’on reconnaisse ses capacités différentes plutôt que d’être systématiquement présenté comme un héros.
Ce débat rappelle une question importante dans le monde du sport : comment parler des athlètes en situation de handicap sans minimiser leurs difficultés, mais sans non plus réduire leurs performances à leur handicap ?
Car Isak est avant tout un enfant qui aime le sport, qui souhaite courir et qui vient de terminer sa première course.
En résumé, au-delà de l’émotion, l’histoire d’Isak pose la question de l’accès au sport pour les enfants handicapés
C’est peut-être le principal enseignement de cette histoire.
Les équipements adaptés peuvent ouvrir de nouvelles possibilités aux enfants amputés, mais encore faut-il pouvoir y accéder.
L’exemple d’Isak montre aussi l’importance des rencontres, de l’accompagnement et des initiatives permettant aux jeunes en situation de handicap de découvrir les activités sportives qui leur plaisent.
Dans le monde du trail et de la course à pied, où les débats portent souvent sur les performances, les chronos, les classements et les barrières horaires, cette première course rappelle que la réussite sportive peut prendre des formes très différentes.
Pour certains, elle consiste à remporter un marathon. Pour d’autres, à terminer un ultra-trail de 100 kilomètres. Pour Isak, ce samedi, elle consistait à courir son premier kilomètre avec une prothèse.
Et sa plus belle déclaration n’est peut-être pas celle des sportifs qui le félicitent, mais celle qu’il a faite avant de prendre le départ : il veut aussi encourager les autres enfants qui vivent une situation comparable à la sienne.
À 8 ans, Isak a déjà traversé deux cancers, une amputation et de longs mois de reconstruction. Samedi, il a surtout vécu quelque chose qui devrait être accessible à tous les enfants : le plaisir de participer à une course à pied, de franchir une ligne d’arrivée et de pouvoir être fier de lui.
Sources
- reportage de Paul Bonnaud pour L’Équipe, diffusé à l’occasion des 20 km de Paris 2026 ;
- réactions publiques sur Instagram.
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