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🎧 Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte, préfère garder secrète la date de la cinquième édition de son Ultra-Trail de Montmartre, prévue fin 2026 à Paris.
L’ancien visage incontournable de l’influence trail redoute une affluence difficile à maîtriser autour de son événement, qui réunira seulement vingt participantes. Une prudence qui peut se comprendre au regard des précédents rassemblements, mais qui interroge aussi sur la place prise par la notoriété personnelle dans un sport où les influenceurs attirent désormais autant l’attention que les champions.
Casquette Verte, l’un des premiers ultra-traileurs français devenus des célébrités sur les réseaux sociaux
Avant que ClemQuiCourt ne s’impose comme l’un des visages les plus populaires du trail français, Alexandre Boucheix avait déjà réussi à construire une véritable notoriété autour de sa pratique de l’ultra-endurance.
Connu sous le pseudonyme de Casquette Verte, ce coureur parisien de 34 ans s’est fait remarquer autant par ses résultats sportifs que par sa personnalité. Chef de projet informatique chez JCDecaux, il a longtemps cultivé une image atypique : celle d’un amateur capable d’enchaîner les ultra-trails les plus exigeants tout en conservant un emploi à temps plein et un mode de vie éloigné des standards habituels des sportifs professionnels.
Ses victoires sur la LyonSaintéLyon, ses participations à l’UTMB et à la Diagonale des Fous lui ont apporté une légitimité sportive. Mais c’est surtout sa manière de raconter ses entraînements, ses aventures et ses provocations sur les réseaux sociaux qui l’a rendu identifiable bien au-delà des passionnés d’ultra-trail.
En avril 2025, il a publié son autobiographie, On m’appelle Casquette Verte, chez Flammarion. Le livre a rencontré un véritable succès, avec 15 000 exemplaires vendus dès le mois de mai 2025 et plusieurs réimpressions. En juillet de la même année, Le Monde évoquait déjà plus de 200 000 abonnés sur ses réseaux sociaux.
Une médiatisation considérable pour un coureur qui, à l’origine, racontait simplement ses sorties à pied dans Paris.
Avec ClemQuiCourt, Casquette Verte n’est plus seul à occuper le devant de la scène
Depuis, le paysage de l’influence trail a considérablement évolué. Clément Deffrenne, alias ClemQuiCourt, a développé un modèle entièrement consacré à la création de contenu, mêlant vidéos, documentaires, défis sportifs et opérations avec des marques.
En août 2026, Le Dauphiné Libéré lui attribuait plus de 700 000 abonnés sur Instagram et 230 000 sur YouTube. Son documentaire consacré à une traversée de la Corée du Sud a même été projeté au Grand Rex, à Paris, et simultanément dans une centaine de salles françaises.
Le contraste est intéressant. Casquette Verte s’est fait connaître comme un coureur amateur devenu influenceur presque malgré lui, même s’il a ensuite soigneusement cultivé son personnage. ClemQuiCourt a, de son côté, professionnalisé sa communication au point d’en faire le cœur de son activité.
Cela ne signifie pas que les deux hommes soient en concurrence directe. Mais ils incarnent deux générations de célébrités du trail, dans un univers où l’attention des spectateurs ne dépend plus uniquement des performances sportives.
Et cette évolution donne un éclairage particulier à l’événement que Casquette Verte prépare à Montmartre.
L’Ultra-Trail de Montmartre, un défi de vingt coureurs dans les escaliers de Paris
L’Ultra-Trail de Montmartre, souvent abrégé UTMM, n’a rien d’une compétition traditionnelle. Créé en 2017 à l’initiative d’Alexandre Boucheix, cet événement atypique consiste à multiplier les montées et les descentes des escaliers de la rue Foyatier, qui longent le funiculaire de Montmartre, au pied du Sacré-Cœur.
Le défi consiste à effectuer 271 allers-retours, soit environ 80 kilomètres et 11 650 mètres de dénivelé positif. Pour valider le niveau de référence fixé par l’organisation, les participants doivent terminer en moins de 25 heures et 12 minutes.
La cinquième édition aura une particularité : elle sera exclusivement féminine. Vingt coureuses ont été sélectionnées, avec la volonté affichée de donner davantage de visibilité aux femmes dans l’ultra-endurance.
Mais contrairement à une course classique, la date précise de l’événement n’a pas été rendue publique. Et cette discrétion n’est pas seulement destinée à préserver la surprise.
Casquette Verte préfère garder la date secrète pour éviter les débordements
Dans un entretien publié le 8 octobre 2026 par Mile & Stone, Alexandre Boucheix explique avoir été surpris par l’ampleur du rassemblement lors de l’édition précédente.
Il affirme que 700 personnes s’étaient retrouvées dans les escaliers malgré une communication volontairement limitée. Un souvenir qu’il rapproche, sur le ton de l’humour, d’un véritable festival.
Pour 2026, il entend donc prendre davantage de précautions. Les vingt participantes connaissent la date, mais celle-ci reste confidentielle pour le grand public.
Il justifie cette décision par le risque de voir la situation lui échapper :
« Si je l’annonce trop en avance, ça risque d’être incontrôlable, avec le risque de se faire interdire sur place. »
L’organisateur précise également avoir obtenu l’accord de la mairie du 18e arrondissement, mais attendre encore une réponse de la préfecture.
Il ne s’agit donc pas uniquement d’une question de célébrité. L’épreuve se déroule sur des escaliers publics, dans l’un des quartiers les plus touristiques de Paris. Un rassemblement de plusieurs centaines de personnes peut effectivement poser des difficultés de circulation et de sécurité.
Un ultra-trail de vingt participantes peut-il vraiment provoquer une foule incontrôlable ?
C’est néanmoins sur ce point que le discours d’Alexandre Boucheix peut susciter des interrogations.
L’Ultra-Trail de Montmartre reste un événement confidentiel par son nombre de participants, même si son fondateur bénéficie d’une importante communauté sur les réseaux sociaux.
La crainte d’une affluence excessive repose sur un précédent réel : les 700 spectateurs évoqués par Casquette Verte en 2024. Mais rien ne permet aujourd’hui d’affirmer que l’édition 2026 provoquerait un rassemblement encore plus important, ni que les autorités seraient effectivement contraintes d’intervenir.
Le choix de conserver la date secrète apparaît ainsi comme une mesure préventive, fondée sur l’hypothèse d’un succès difficile à maîtriser.
Il illustre aussi une particularité de l’événement : autour de vingt sportives engagées dans une épreuve d’ultra-endurance, c’est désormais la notoriété de son fondateur qui devient l’un des principaux sujets de communication.
La question dépasse alors la simple organisation d’une course. À force de personnaliser les événements sportifs autour de leurs créateurs, le trail finit-il par donner une importance démesurée à ceux qui les organisent ?
L’Ultra-Trail de Montmartre, entre véritable défi sportif et mise en scène médiatique
Depuis ses débuts, Casquette Verte cultive un rapport particulier à la notoriété. Son pseudonyme, ses récits de courses et ses défis improbables participent d’un personnage public qu’il a lui-même construit et qu’il assume.
L’Ultra-Trail de Montmartre s’inscrit dans cette continuité. Parti d’une idée entre amis, l’événement bénéficie aujourd’hui d’une exposition médiatique sans commune mesure avec ses vingt places au départ.
Le secret autour de la date contribue, volontairement ou non, à cette singularité. Il entretient l’attente autour d’une course dont les modalités sont déjà connues, mais dont le calendrier reste réservé à quelques initiés.
Cela ne retire rien à la difficulté de l’épreuve, ni au mérite des femmes qui tenteront de la terminer. Mais cela invite à distinguer deux phénomènes : l’engouement réel pour un défi sportif et l’importance médiatique que son organisateur lui attribue.
Casquette Verte dispose de raisons concrètes de redouter un rassemblement trop important. Reste à savoir si la discrétion imposée autour de cette cinquième édition répond uniquement à une nécessité d’organisation ou si elle participe aussi, même involontairement, à la construction du mythe entourant son événement.
Car c’est bien le paradoxe de cet Ultra-Trail de Montmartre : une course pensée à l’origine comme un défi entre amis, devenue suffisamment médiatisée pour que son créateur préfère désormais ne plus annoncer publiquement quand elle aura lieu.
Et à l’heure où le trail compte de plus en plus de personnalités suivies par des centaines de milliers d’abonnés, la question mérite d’être posée : la popularité d’un influenceur sportif suffit-elle à faire de chacun de ses événements un rassemblement potentiellement incontrôlable ?
Vous pouvez contacter Axelle Anne par MP sur FB ou regarder ses vidéos YouTube.
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