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🎧 Alors que les marques de trail rivalisent d’innovations pour proposer des chaussures toujours plus performantes, un coureur mexicain vient de rappeler que le matériel ne fait pas tout.
Le 3 octobre 2026, Vicente Gonzalez Lopez a terminé septième du Chihuahua by UTMB sur 39 km, avec de simples sandales traditionnelles aux pieds. Une performance qui fait beaucoup réagir sur les réseaux sociaux.
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Il met une claque aux chaussures de trail à 200 euros comme celles de chez Hoka et Salomon
Pas de semelle épaisse, pas de plaque carbone, pas de mousse dernier cri ni de technologie censée améliorer le retour d’énergie. Pour affronter les sentiers accidentés de la Sierra Madre occidentale, au Mexique, Vicente Gonzalez Lopez a choisi une solution radicalement différente de celle de la plupart des traileurs européens : des sandales traditionnelles.
Et le résultat est spectaculaire.
Engagé sur le Komakali 39K du Chihuahua by UTMB, le Mexicain a bouclé son parcours en 4 h 08 min 51 s, décrochant la septième place du classement général et la victoire dans sa catégorie des 45-49 ans.
Une performance d’autant plus impressionnante que la course affichait 39 kilomètres et 1 700 mètres de dénivelé positif, avec des montées exigeantes, des descentes techniques et des chemins escarpés au cœur des célèbres canyons du Chihuahua.
À l’heure où une paire de chaussures de trail haut de gamme peut dépasser les 200 euros, l’image de ce coureur dévalant les sentiers avec ses sandales a quelque chose de réjouissant.
Elle bouscule surtout une idée largement entretenue par le marketing : celle selon laquelle il faudrait nécessairement disposer des dernières innovations pour courir vite en montagne.
Vicente Gonzalez Lopez appartient au peuple des Rarámuri, réputé pour ses coureurs d’endurance
Ce qui ressemble à une provocation envers les équipementiers est en réalité l’expression d’une tradition profondément ancrée dans la région.
Vicente Gonzalez Lopez appartient au peuple autochtone des Rarámuri, également connu sous le nom de Tarahumaras, installé dans les montagnes du nord du Mexique.
Chez les Rarámuri, la course à pied occupe depuis longtemps une place importante dans la vie quotidienne et les traditions. Les déplacements sur de longues distances, dans un environnement montagneux particulièrement difficile, ont contribué à façonner une culture de l’endurance qui fascine aujourd’hui les amateurs de course à pied.
Cette communauté a notamment été popularisée à l’international par le livre Born to Run de Christopher McDougall.
Les sandales traditionnelles, souvent appelées huaraches, font partie de cet héritage. Leur conception minimaliste contraste avec les chaussures modernes, dont les semelles toujours plus épaisses sont devenues un argument commercial majeur.
Mais tous les coureurs rarámuri ne portent pas de sandales. Certains utilisent aujourd’hui des chaussures de running modernes, notamment en compétition.
Le choix de Vicente Gonzalez Lopez est donc aussi une manière de conserver un lien avec les pratiques de sa communauté.
Sur Facebook, les internautes se moquent des grandes marques de trail comme Hoka et Salomon.
La performance du coureur mexicain a rapidement suscité des réactions amusées chez les passionnés de trail.
Certains y voient une réponse aux budgets parfois considérables consacrés à l’équipement, notamment sur les courses de l’UTMB.
Un internaute ironise ainsi sur les coureurs qui prennent le départ avec près de 1 000 euros de matériel sur eux, tandis qu’un autre résume la situation par cette formule :
« À la fin il ne reste qu’une certitude : ce sont les jambes qui courent, pas les chaussures 😉 »
Les marques Hoka, Salomon ou Brooks se retrouvent également au cœur des plaisanteries.
Un commentaire suggère même à Hoka de développer des sandales équipées de semelles de 20 centimètres d’épaisseur, en référence aux modèles particulièrement imposants qui se sont multipliés ces dernières années.
Au-delà des moqueries, ces réactions traduisent une interrogation bien réelle dans le milieu de la course à pied : jusqu’où faut-il investir dans le matériel pour progresser ?
Entre les chaussures à plus de 200 euros, les montres GPS à plusieurs centaines d’euros et les équipements techniques renouvelés chaque saison, le trail peut rapidement devenir une activité coûteuse.
Et voilà qu’un coureur en sandales termine devant la grande majorité des participants d’une course estampillée UTMB.
Attention, courir en sandales ne signifie pas que les chaussures de trail sont inutiles
La performance de Vicente Gonzalez Lopez ne démontre évidemment pas que les sandales seraient plus efficaces que les chaussures modernes.
Elle ne signifie pas non plus que n’importe quel traileur pourrait obtenir le même résultat en abandonnant ses chaussures habituelles.
La capacité à courir avec un équipement minimaliste dépend notamment des habitudes, de l’expérience, de la technique de course et de l’adaptation progressive des pieds et des muscles.
Les chaussures de trail modernes présentent de véritables avantages en matière de protection, d’adhérence et de confort, particulièrement sur les terrains accidentés ou lors des efforts prolongés.
En revanche, le résultat du Mexicain rappelle une réalité que les innovations technologiques peuvent parfois faire oublier : la condition physique, la connaissance du terrain et l’expérience restent déterminantes.
Et sur les sentiers du Chihuahua, Vicente Gonzalez Lopez possédait manifestement de sérieux arguments.
En résumé, la véritable leçon c’est que le meilleur équipement ne remplace pas l’expérience
Il y a finalement quelque chose d’assez ironique à voir cette performance se produire sur une épreuve du circuit UTMB World Series, devenu l’une des vitrines internationales de l’industrie du trail.
D’un côté, des marques investissent dans des technologies toujours plus sophistiquées pour améliorer les performances des coureurs. De l’autre, un homme issu d’une communauté qui pratique la course en montagne depuis des générations réalise un excellent classement avec un équipement minimaliste.
Les deux approches ne sont pas incompatibles. La technologie peut améliorer l’expérience des coureurs, mais elle ne remplace ni les heures passées sur les sentiers ni la maîtrise du terrain.
Et c’est peut-être ce qui explique pourquoi cette septième place, qui aurait pu passer relativement inaperçue, fait autant parler.
Vicente Gonzalez Lopez n’a pas gagné la course. Il n’a pas non plus prouvé que les sandales étaient supérieures aux chaussures de trail. Mais avec ses 4 h 08 sur les sentiers du Chihuahua, il vient de rappeler une chose essentielle : ce n’est pas le prix des chaussures qui fait la valeur d’un coureur.
Sources
- classement officiel Komakali 39K ;
- fiche officielle de la course ;
- réactions Facebook transmises.
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