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🎥 Karl Bushby approche du terme d’un voyage commencé au Chili en 1998.
À 57 ans, cet ancien parachutiste britannique se trouve dans le nord de la France, avec l’objectif de rejoindre sa mère à Hull, en Angleterre.
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Après des dizaines de milliers de kilomètres parcourus à pied, la Manche constitue son dernier grand obstacle géographique.
Pour les passionnés de trail et d’ultra-distance, son aventure donne une autre dimension au mot endurance. Karl Bushby poursuit le même objectif depuis près de trois décennies : rentrer chez lui en reliant chaque portion de son itinéraire par ses propres moyens. Aujourd’hui, l’arrivée dépend d’une traversée maritime qu’il prépare pour le mois d’octobre.
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Karl Bushby : du sud du Chili à l’Angleterre, un retour à pied à l’échelle du monde
Le 1er novembre 1998, Karl Bushby quitte Punta Arenas, en Patagonie chilienne. Il a 29 ans et quelques centaines de dollars. Devant lui s’étend un itinéraire qui remonte les Amériques, rejoint l’Asie par le détroit de Béring, puis traverse le continent eurasiatique jusqu’à l’Europe.
Son projet, baptisé « Goliath Expedition », repose sur deux engagements : avancer sans transport et attendre d’avoir achevé le parcours pour rentrer chez lui. Son site officiel affiche 49 110 kilomètres parcourus au 30 août 2026.
Cette règle concerne la progression sur l’itinéraire. Pendant les interruptions administratives, l’explorateur a pu rejoindre temporairement une base d’attente, notamment au Mexique, avant de revenir reprendre sa marche au point où elle s’est arrêtée. Les vingt-huit années de l’expédition comprennent donc aussi de longues périodes d’immobilisation.
Visas, manque d’argent et pandémie ont retardé son voyage
Les kilomètres expliquent une partie de la durée du voyage. Les frontières, les autorisations et le financement en expliquent une autre.
Après avoir traversé le continent américain, Bushby franchit en 2006 le détroit de Béring avec l’aventurier franco-américain Dimitri Kieffer. Leur arrivée en Russie entraîne une détention, puis des démarches pour obtenir le droit de poursuivre. Les restrictions de visas ralentissent ensuite considérablement la traversée du pays. La crise financière et, plus tard, la pandémie provoquent également des interruptions.
C’est là que son histoire rejoint une question familière aux coureurs d’ultra : comment conserver un objectif lorsque tout le calendrier change ? Chez Bushby, cette difficulté se mesure en années. Il faut retrouver des moyens financiers, attendre une ouverture administrative et accepter de remettre le sac sur les épaules après une pause prolongée.
Son aventure permet ainsi de regarder l’endurance sous un autre angle : celui de la constance, avec un engagement qu’il renouvelle à chaque reprise.
Pour continuer son voyage à pied, il doit parfois nager
La continuité de son parcours passe aussi par l’eau. En 2024, Karl Bushby traverse la mer Caspienne entre le Kazakhstan et l’Azerbaïdjan. Son récit officiel fait état de 288 kilomètres nagés au cours d’une opération de 31 jours, avec une équipe et des bateaux d’assistance.
Le même principe guide désormais son projet dans la Manche. Bushby a d’abord demandé à traverser à pied le tunnel de service reliant la France à l’Angleterre. Cette demande a été refusée pour des raisons de sécurité et de maintenance.
Il prépare donc une traversée à la nage depuis la côte française. Selon les informations publiées début septembre par la presse britannique, il a obtenu une autorisation exceptionnelle et envisage de partir en octobre. Son équipement doit notamment comprendre une combinaison et des palmes.
En résumé, Karl Bushby prévoit de traverser la Manche à la nage à partir du 1er octobre, si les conditions météorologiques le permettent.
La traversée pourrait durer trois à quatre jours, avec des pauses pour se reposer à bord d’un bateau d’assistance.
Une fois sur la côte anglaise, Karl Bushby devra encore marcher jusqu’à Hull. Il vise une arrivée le 1er novembre 2026, vingt-huit ans jour pour jour après son départ du Chili. Ce calendrier reste un objectif, soumis à la réussite de la traversée.
Pour un traileur, l’arrivée prend souvent la forme d’une arche, d’un village ou d’un dernier sommet à franchir. Celle de Karl Bushby se trouve devant une maison : sa mère, Angela, prévoit de l’attendre au portail. Après avoir consacré près de la moitié de sa vie à ce voyage, les derniers pas doivent simplement le ramener chez lui.
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