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Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte, a bouclé l’UTMB 2026 en 24 h 17 min 31 s, à la 79e place.
Une performance sportive solide pour l’un des ultra-traileurs français les plus médiatisés, qui revenait cette saison après une fracture de la fibula.
Mais quelques heures après son arrivée à Chamonix, ce n’est presque plus son classement qui faisait discuter. Son sprint dans les derniers mètres et toute la séquence qui a suivi ont provoqué des centaines de réactions, avec deux camps qui semblent parfois parler de deux sports différents.
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Casquette Verte termine 79e de l’UTMB en 24 h 17
L’UTMB est l’épreuve reine de la semaine UTMB Mont-Blanc. Le parcours 2026 représente environ 174 kilomètres et 9 700 mètres de dénivelé positif selon la fiche officielle des résultats UTMB, autour du massif du Mont-Blanc, entre la France, l’Italie et la Suisse.
Alexandre Boucheix a terminé 79e en 24 h 17 min 31 s.
La performance prend une dimension particulière au regard de son année. Casquette Verte revenait d’une fracture de la cheville survenue en début de saison et avait repris progressivement la course à pied au printemps. Quelques mois plus tard, il est donc redevenu capable de terminer un UTMB en un peu plus de 24 heures.
Casquette Verte, de son vrai nom Alexandre Boucheix, est devenu depuis plusieurs années l’un des personnages les plus identifiables de l’ultra-trail français. Coureur de très bon niveau, mais également personnalité très présente sur les réseaux sociaux, il a construit autour de sa fameuse casquette verte un univers volontairement décalé et spectaculaire. L’Équipe le présentait déjà en 2025 comme une figure « détonante » de l’ultra-trail et rappelait notamment sa 18e place sur l’UTMB 2022 et son top 10 sur la Diagonale des Fous 2023.
Et c’est justement cette personnalité qui s’est retrouvée au centre des discussions après son arrivée.
Trois questions autour du sprint de Casquette Verte à l’arrivée de l’UTMB 2026
Premier débat : pourquoi sprinter après 24 heures de course ?
C’est le premier élément qui revient dans les commentaires : l’intérêt de terminer aussi vite les derniers mètres après plus de 170 kilomètres.
Plusieurs internautes disent ne simplement pas comprendre la démarche. Certains trouvent le geste amusant, d’autres inutile, voire dangereux. L’un résume son sentiment en expliquant qu’il respecte totalement la performance mais qu’il aurait préféré voir Casquette Verte profiter tranquillement de son arrivée.
Un autre s’inquiète surtout du risque de « blessure bête » après un effort aussi colossal.
C’est probablement la critique la moins polémique : après 24 heures d’effort, avec une fatigue musculaire et nerveuse extrême, pourquoi prendre le risque d’un sprint sur les derniers mètres ?
À l’inverse, on pourrait répondre qu’une arrivée appartient aussi au coureur. Certains finissent en marchant, certains avec leurs enfants, certains pleurent, certains sautent sous l’arche. Casquette Verte, lui, arrive comme Casquette Verte.
Deuxième débat : le show est-il compatible avec « l’esprit trail » ?
C’est ici que la discussion devient beaucoup plus intéressante.
Une partie des commentaires ne remet absolument pas en cause ses capacités physiques. Au contraire, plusieurs commencent par reconnaître une « superbe perf » avant de critiquer son comportement.
Ce qu’ils reprochent à Casquette Verte, c’est ce qu’ils perçoivent comme une volonté de « faire le show », d’occuper la lumière ou de transformer son arrivée en spectacle. Dans les réactions publiées, les mots « cinéma », « cirque », « buzz » et « humilité » reviennent régulièrement.
Un commentaire résume assez bien cette position : la personne explique rechercher dans le trail une forme d’humilité et compare cette arrivée à celles de certains coureurs élites qui prennent immédiatement le temps de saluer le public.
Derrière Casquette Verte, c’est donc une vieille question qui ressurgit : existe-t-il une manière correcte de se comporter lorsqu’on pratique le trail ?
Casquette Verte opposé à une vision « old school » du trail
Pendant longtemps, l’imaginaire du trail s’est construit autour de valeurs bien identifiées : montagne, discrétion, simplicité, entraide, respect du milieu et relative distance avec les codes du sport-spectacle.
Des champions comme Kilian Jornet ou François D’Haene ont largement participé à cette représentation.
Casquette Verte appartient à une autre génération médiatique. Il court énormément, performe réellement, mais met aussi en scène ses aventures, parle beaucoup, plaisante, provoque et assume de transformer ses courses en contenu.
Cela plaît énormément à certains et en agace profondément d’autres.
Troisième camp : « Vous critiquez, lui il le fait »
Les commentaires sont pourtant loin d’être uniquement négatifs.
Une autre partie du public défend vigoureusement Alexandre Boucheix et rappelle une évidence : il vient quand même de terminer l’UTMB en 24 heures.
Un internaute résume cette défense en quelques mots : « Beaucoup commentent… lui il FAIT ! »
D’autres considèrent précisément que le spectacle fait partie du personnage. Pour eux, Casquette Verte n’a jamais prétendu être un coureur discret et conventionnel. Il est connu parce qu’il court vite, très longtemps, énormément… et parce qu’il raconte tout cela avec une personnalité très différente de celle des champions traditionnels.
Un commentaire résume parfaitement cette lecture : il « fait du show », mais c’est aussi ainsi que le public le connaît et cela permet de « faire vivre le sport autrement ».
Et ce point mérite d’être entendu.
Demander à Casquette Verte de franchir tranquillement la ligne, de saluer sobrement le public et de disparaître derrière les barrières reviendrait presque à demander à Casquette Verte… de ne plus être Casquette Verte.
En résumé, le sprint est presque secondaire
Le plus intéressant dans cette polémique n’est finalement pas de déterminer si Alexandre Boucheix aurait dû effectuer son sprint.
Il pouvait parfaitement marcher. Il pouvait parfaitement courir.
Ce qui se joue dans les commentaires concerne davantage l’évolution culturelle du trail.
Une partie des pratiquants continue à considérer que la performance doit être accompagnée d’une forme de retenue. Plus le coureur est fort, plus il devrait presque paraître détaché de sa performance. Casquette Verte fonctionne exactement à l’inverse.
Il ne cherche pas à effacer sa personnalité derrière son résultat. Son personnage, son humour, ses excès et sa communication font partie du spectacle.
Cela crée mécaniquement de la polarisation. Et la comparaison avec Kilian Jornet, François D’Haene, Blandine L’Hirondel ou d’autres figures réputées beaucoup plus sobres devient alors presque inévitable dans les commentaires. Plusieurs internautes ont précisément opposé ces modèles à celui incarné par Casquette Verte.
Pour autant, l’humilité reste une notion extrêmement subjective. Courir en silence ne rend pas automatiquement quelqu’un humble. Faire le spectacle ne suffit pas davantage à démontrer qu’un sportif serait prétentieux.
On peut trouver l’arrivée excessive, drôle, agaçante ou parfaitement cohérente avec son personnage. On peut surtout séparer deux choses.
Sportivement, Alexandre Boucheix vient de terminer 79e de l’UTMB en 24 h 17. Sur la forme, son arrivée ne ressemble simplement pas à celle que toute une partie du milieu du trail considère comme la norme. Et c’est sans doute précisément pour cela qu’elle a autant fait parler.
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