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đ§ Ce nâest pas du trail.
Pourtant, lâhistoire arrivĂ©e Ă Demi Vollering sur le Tour de France Femmes parlera probablement Ă beaucoup de traileuses : comment satisfaire un besoin naturel en pleine compĂ©tition lorsquâil y a des spectateurs partout et que chaque minute compte ?
Lors de la 7e Ă©tape du Tour de France Femmes, vendredi 7 aoĂ»t, Demi Vollering et ses coĂ©quipiĂšres de la FDJ United-SUEZ Juliette Berthet et CĂ©lia Gery ont chacune Ă©copĂ© dâune amende de 100 francs suisses aprĂšs avoir urinĂ© dans un endroit visible du public.
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Demi Vollering sanctionnée pour une pause pipi
Lâaffaire pourrait prĂȘter Ă sourire si elle ne soulevait pas un problĂšme trĂšs concret.
Les commissaires ont sanctionnĂ© les trois coureuses au titre du rĂšglement UCI relatif aux comportements considĂ©rĂ©s comme inconvenants ou inappropriĂ©s pendant une course. L’urination en public et le fait de se dĂ©vĂȘtir entrent notamment dans cette catĂ©gorie.
Pour Demi Vollering, Juliette Berthet et CĂ©lia Gery, la sanction a Ă©tĂ© fixĂ©e au minimum prĂ©vu sur une Ă©preuve Women’s WorldTour : 100 francs suisses chacune.
Le problĂšme est qu’en pleine compĂ©tition, aller aux toilettes ne ressemble Ă©videmment pas Ă une pause sur une aire d’autoroute.
Une coureuse doit choisir le bon moment, s’arrĂȘter, descendre de son vĂ©lo, trouver un endroit suffisamment discret et retirer une partie de sa tenue. Pendant ce temps-lĂ , la course, elle, continue.
En trail aussi, trouver un endroit pour faire pipi peut devenir compliqué
C’est prĂ©cisĂ©ment lĂ que le parallĂšle avec le trail devient intĂ©ressant.
Sur un petit trail en forĂȘt, trouver un arbre ou s’Ă©loigner quelques mĂštres du sentier n’est gĂ©nĂ©ralement pas trĂšs compliquĂ©. Mais sur les grosses Ă©preuves, la situation peut ĂȘtre totalement diffĂ©rente.
Des centaines voire des milliers de coureurs empruntent parfois le mĂȘme parcours. Les spectateurs se concentrent autour des ravitaillements, des sommets, des cols ou des portions accessibles. Et sur certains itinĂ©raires trĂšs ouverts, il peut se passer plusieurs kilomĂštres avant de trouver rĂ©ellement un endroit oĂč s’isoler.
Pour une traileuse, la pause peut Ă©galement ĂȘtre beaucoup moins simple que pour un homme : il faut parfois retirer le sac, dĂ©crocher les bĂątons, baisser le short ou le cuissard et trouver suffisamment d’intimitĂ©.
Le tout sans perdre trop de temps.
Sur un ultra oĂč l’on court vingt ou trente heures, quelques minutes ne changent pas forcĂ©ment grand-chose pour la majoritĂ© du peloton. Sur un trail court ou lorsque deux athlĂštes se battent pour une place, en revanche, une pause sanitaire peut devenir un vĂ©ritable problĂšme de course.
Le problĂšme n’est pas seulement fĂ©minin
Il faut toutefois Ă©viter un raccourci : le rĂšglement qui interdit d’uriner devant le public ne vise pas uniquement les femmes.
Le cyclisme masculin connaĂźt lui aussi rĂ©guliĂšrement des sanctions lorsqu’un coureur se soulage dans une zone oĂč se trouvent des spectateurs. La particularitĂ© du cyclisme fĂ©minin tient surtout Ă la difficultĂ© pratique supplĂ©mentaire pour effectuer cette pause rapidement et discrĂštement. Cycling Weekly souligne justement que les vĂȘtements de course obligent souvent les femmes Ă se dĂ©vĂȘtir beaucoup davantage que leurs homologues masculins.
Et c’est probablement ce qui explique la colĂšre provoquĂ©e par cette histoire.
Sous la publication consacrĂ©e Ă la sanction, plusieurs internautes ne contestent d’ailleurs pas forcĂ©ment le principe de prĂ©server le public. Ils demandent plutĂŽt aux organisateurs de prĂ©voir des endroits sans spectateurs ou des installations permettant aux sportives de satisfaire ce besoin naturel.
PlutÎt que sanctionner, pourquoi ne pas prévoir des zones adaptées ?
La question pourrait parfaitement ĂȘtre posĂ©e aux organisateurs de trails.
On sait dĂ©sormais organiser des zones de ravitaillement, des bases vie, des espaces rĂ©servĂ©s aux accompagnateurs, des zones de dĂ©chets ou des points d’assistance rĂ©glementĂ©s.
Pourquoi ne pas Ă©galement rĂ©flĂ©chir, sur les courses particuliĂšrement frĂ©quentĂ©es, Ă quelques zones permettant aux coureurs et surtout aux coureuses de s’isoler quelques instants ?
Cela paraßt anecdotique depuis son canapé.
AprĂšs plusieurs heures de course, quelques litres d’eau avalĂ©s et des kilomĂštres de parcours remplis de spectateurs, ça l’est nettement moins.
En rĂ©sumĂ©, l’histoire de Demi Vollering appartient au cyclisme, mais elle pose une question que le trail connaĂźt parfaitement : celle des besoins les plus Ă©lĂ©mentaires des athlĂštes pendant une compĂ©tition.
Ă force de rĂ©glementer les bĂątons, les ravitaillements, les dĂ©chets, l’assistance ou le matĂ©riel obligatoire, prĂ©voir aussi correctement l’endroit oĂč les coureurs peuvent simplement faire pipi ne semble finalement pas complĂštement absurde.
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