🎧 Écouter le résumé de cet article sur le retour à la compétition de Alexandre Boucheix.
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Le pari risqué de l’année – Casquette Verte de retour, au Swiss Canyon Trail
Risqué parce que Casquette Verte revient d’une blessure pas anodine du tout
On le sait, en trail quand on se blesse c’est bien de suivre des plans d’entraînement, des protocoles de reprise validés par des kinés et des retours progressifs à la compétition sur des formats légers. Et puis, il y a Alexandre Boucheix, alias Casquette Verte.
À peine cinquante jours après avoir jeté son plâtre et ses béquilles, souvenirs douloureux de sa fracture de la malléole sur le trail de l’Arc of Attrition en janvier, l’icône du trail parisien s’apprête à remettre un dossard sur le 111 km du Swiss Canyon Trail ce week-end.
Nos sentiments alternent entre impatience de voir le résultat et légère sueur froide pour sa cheville droite.
Pour comprendre la situation, il faut remonter à la fin du mois de janvier. Parti sur l’Arc of Attrition, un ultra-trail le long des falaises anglaises, Alexandre Boucheix a vu sa saison s’arrêter nette en pleine course. Verdict, une fracture de la malléole externe de la cheville droite. Pour le boulimique de kilomètres habitué à tourner à plus de 10 000 bornes par an, le diagnostic est dur : plâtre, béquilles et interdiction stricte de poser le pied par terre pendant de longues semaines.
Privé de courir, Casquette Verte s’est transformé sur ses réseaux en un élève presque modèle. Fin mars, au moment du déplâtrage, on a assisté à la scène la plus improbable de l’année. Le Parisien semblait suivre sagement un protocole de reprise. Du jamais vu quand on connait le personnage ! « 1 minute de footing, 1 minute de marche« , annonçait-il sur les réseaux, alternant séances de kiné studieuses et bilans.
Mais chassez le naturel et il revient au galop, puisque le revoilà cinquante jours plus tard au départ du 111 km du Swiss Canyon Trail
Risqué par le Swiss Canyon Trail est un format trop nerveux pour Casquette Verte
Un terrain de jeu à l’opposé de sa zone de confort
Au-delà même de l’aspect médical, ce choix de course nous interpelle. Pour son grand retour officiel aux affaires, Casquette Verte n’a pas vraiment choisi la facilité. Le Swiss Canyon Trail ne ressemble pas à ses sentiers habituels.
Boucheix, c’est l’homme des ultras, habitué aux formats d’environ 160 kilomètres où l’on gagne au mental. On sait généralement où le trouver, tant il coche quasiment les mêmes rendez-vous d’une année sur l’autre : le Kullamannen by UTMB, la LyonSaintéLyon, l’UTMB, La Diagonale des Fous, l’UTMJ….
Là, on change radicalement de registre en parlant d’un 111 km. Pour les habitués de l’ultra long, c’est presque un sprint long. Un format très rythmé, nerveux, où le plateau international annoncé va partir à des allures folles. Pour un profil comme Casquette Verte, le choc peut être brutal.
Risqué parce que le Jura suisse est un broyeur d’articulations
Mais notre vrai point d’interrogation est surtout dans le relief de la course. Pour une première participation, le Parisien s’attaque à un sacré morceau. Le Jura Suisse n’a rien d’une course tranquille. Entre les relances permanentes, les racines glissantes des sous-bois et les chaos de pierres calcaires qui jalonnent les passages par les gorges et les crêtes, les pièges sont partout.
Oser mettre une cheville tout juste consolidée, et probablement encore raide, sur ce type de profil technique sera quitte ou double. Le risque de compensation musculaire ou pire, de récidive sur une mauvaise entorse est énorme. Peut-on dire que c’est de l’inconscience ? Probablement. Mais c’est aussi ce qui fait une partie de la réputation du personnage.
Risqué parce que jouer la gagne, on n’y croit pas une seconde (et lui non plus)
Alors, à quoi faut-il s’attendre ?
Si on est réalistes et honnêtes, on voit mal Casquette Verte venir chercher le podium cette année.
Face à des athlètes affutés, et sur un format aussi dynamique, son manque de vitesse spécifique et les séquelles restantes de sa blessure vont peser lourd dans la balance. Comme il l’a dit sur les réseaux, son objectif est d’abord de remettre la machine en route, avec l’idée d’être sur l’UTMB fin août, sûrement en meilleure forme d’ici là.
Mais qu’importe le classement. On a une hâte monumentale de le suivre ce week-end. Parce que voir un athlète capable de s’aligner sur un 111 km technique avec seulement quelques sorties trail dans les jambes après une fracture, c’est le genre de folie qu’on ne voit pas beaucoup à part chez Casquette Verte.
En résumé, le retour de Casquette Verte sur le Swiss Canyon Trail, c’est à la fois le retour le plus prévisible de l’année mais surement aussi le plus déraisonnable.
Prévisible car on savait bien que le parisien ne tiendrait pas sagement en place en regardant les autres courir. Déraisonnable parce que brûler les étapes peut se révéler très risqué. Rendez-vous samedi pour savoir son corps a obéi à ses propres lois, ou si le Jura suisse s’est chargé d’un rappel à l’ordre.
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