En ultra-trail, le style compte autant que le chrono. Enfin presque.
La tenue en ultra-distance ne sert pas juste à afficher le nom de son équipementier, à se protéger du froid ou à être moche. Non, bien au contraire, la tenue (ou l’absence de tenue) est là pour raconter aussi une époque, une humeur, ou un peu de sa personnalité.


Du torse nu d’Anton Krupicka à la tenue rose de Killian Korth en passant par les shorts de Courtney ou une casquette verte, l’ultra-trail est plus “mode” qu’il n’y paraît.
Quand l’ultra se déshabille
L’une des tenues qui aura le plus marqué l’histoire du trail (et on vous parle d’une vraie tenue, pas d’un tee-shirt rose vendu à l’UTMB), c’est justement l’absence de tenue. C’est Anton Krupicka qui, le premier, a vraiment marqué les esprits de cette façon.
Il ne s’agissait pas juste d’être torse nu, d’afficher ses muscles saillants et son body fat à 0. Non, chez Krupicka, c’était un état d’esprit, celui du minimalisme, du retour à l’essentiel (déjà à cette époque). D’ailleurs, cela a toujours valu à Krupicka une sorte d’image de philosophie du trail, d’autant qu’à partir du milieu des années 2010 il s’est retiré des compétitions pour les projets plus tournés vers l’exploration en montagne.
Les modes “bizarres”
Krupicka est resté dans tous les esprits. Il y a eu d’autres modes qui ont eu moins de succès, et c’est presque tant mieux. On parle du sac banane, on parle de ceux qui ont couru en chemise (oui, en chemise, vous avez bien lu).
Le problème, c’est pas la chemise (quoique), c’est ce que cela dit du sport aujourd’hui plutôt. Aujourd’hui, le trail s’est professionnalisé : on parle performance, matériel et gains marginaux à longueur de temps. Il n’y a encore pas si longtemps, il se jouait sur rien de tout ça, juste sur l’envie d’être en montagne, et en toute simplicité.
Quand la tenue devient un manifeste
Celle qui a peut-être le mieux incarné la décontraction vis-à-vis de sa tenue, c’est bien sûr Courtney Dauwalter.


On la connaît pour son palmarès fou, son brossage de dent en ultra, et ses shorts improbables. On croirait qu’elle s’est habillée dans le noir avec le premier truc venu.
Sauf que s’amuser à refuser les codes est devenu son code à elle, sa marque, un élément qui la différencie de tout le reste du peloton. C’est à la fois la plus parfaite tenue anti-spectacle, et un spectacle à elle seule tant les shorts longs bariolés sont indissociables de la coureuse.
Killian Korth, 2eme de la Cocodona 250 derrière Rachel Entrekin, et 1er homme de la course, fait aussi partie de ceux que l’on ne peut pas manquer.
Sa tenue rose fluo que Barbie elle-même aurait adoré, avec un short digne d’un maillot de bain de sortie scolaire, n’est pas juste là pour être confortable. C’est aussi un manifeste, celui de dire : je m’habille comme je veux, comme qui je suis. Peu importe les diktats ou les stratégies de matériel ultra-pointues : certains coureurs préfèrent encore courir à leur image
Avec Killian Korth, le tee-shirt rose bonbon et le short minimaliste improbable n’empêchent pas d’être crédible. Il devient même une touche d’insolence de la part d’un coureur qui n’aime les courses qu’à partir de 200 miles ! Mais le tee-shirt rose de Killian Korth, c’est un pied de nez aux adversaires : plus il est visible et sur le devant de la course, plus il détruit leur mental !
Ce que ces tenues disent du trail
En trail, porter une casquette verte fait de vous un bourgeois punk, et porter un tee-shirt rose de votre équipementier un simple produit de consommation.

Mais porter une tenue rose chipée dans le dressing de Barbie fait de vous une cible bien visible à rattraper. Et mettre des shorts très grands vous fait gagner les plus belles courses d’ultra-trail du monde !
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