On espère que le Grand Raid Ventoux va mieux se passer que le Trail du Ventoux
ACHETER UNE MONTRE GARMIN SUR AMAZON
Trail du Ventoux vs Grand Raid Ventoux : deux courses différentes… mais une même montagne
Il faut d’abord remettre les choses à leur place. Le trail du Ventoux qui a récemment fait parler de lui et le Grand Raid Ventoux by UTMB n’ont rien à voir. Ni la même organisation, ni les mêmes parcours, ni les mêmes enjeux. L’un relevait d’un championnat avec ses contraintes spécifiques et ses adaptations de dernière minute, l’autre s’inscrit dans un événement structuré, installé depuis des années et désormais intégré au circuit UTMB World Series.
Autrement dit, il ne s’agit pas de faire un amalgame. Le Grand Raid Ventoux n’est pas responsable de ce qui s’est passé lors de l’autre course. Mais il partage un point commun évident : le terrain. Et au Ventoux, le terrain ne pardonne pas grand-chose.
C’est précisément pour cela que, malgré ces différences, une petite inquiétude s’installe. Rien de frontal, rien d’accusateur. Plutôt une forme d’attente silencieuse, presque instinctive.
Une question dans toutes les têtes au pied du Géant de Provence
Car ce qui s’est produit récemment a marqué les esprits. Voir six des meilleurs coureurs s’égarer en pleine course, suivre un balisage qui n’était pas le bon, puis assister à un classement officiel qui ne clôt pas totalement le débat, cela a laissé une impression étrange. Comme si, pour une fois, la course ne suffisait pas à elle seule à trancher.
Alors forcément, à l’approche du Grand Raid Ventoux by UTMB, prévu du 24 au 26 avril à Malaucène, la question revient, presque naturellement. Cette fois, est-ce que tout va se passer comme prévu ?
Les favoris du Grand Raid Ventoux
Sur le papier, difficile de trouver mieux pour lancer la saison. Plus de 4 000 coureurs attendus, quatre formats allant de 20 km à 125 km, un terrain varié entre garrigue, crêtes, combes et ascension du Ventoux. L’événement a pris une autre dimension avec son intégration au circuit UTMB World Series, et cela se ressent immédiatement dans la qualité du plateau élite.
Rémi Bonnet, Tove Alexandersson, Baptiste Chassagne, Frédéric Tranchand… les noms annoncés suffisent à comprendre que la course ne sera pas une simple balade provençale. Le niveau sera élevé, les écarts faibles, et la moindre erreur pourrait peser bien plus lourd que d’habitude.
Au-delà du contexte, la course s’annonce surtout d’un niveau très élevé, ce qui rendra chaque détail encore plus décisif. Sur le format 100K, Baptiste Chassagne fait figure de référence, lui qui connaît parfaitement le Ventoux et revient avec l’ambition d’imposer son rythme, face notamment à Simon Gosselin. Sur le 50K, la densité est impressionnante avec Rémi Bonnet, véritable métronome du trail court, opposé à des profils explosifs comme Simon Paccard ou Mathieu Delpeuch. Chez les femmes, Tove Alexandersson attire logiquement tous les regards, tant sa capacité à lire le terrain et à accélérer au bon moment peut faire la différence dans un contexte aussi exigeant. Sur les formats plus longs, la lutte s’annonce tout aussi ouverte avec des profils complets capables de gérer à la fois la technicité du terrain et l’incertitude propre au Ventoux. Autrement dit, cette année, il ne suffira pas d’être le plus fort physiquement : il faudra aussi être le plus lucide.
Une course où personne ne voudra se tromper
On peut donc imaginer que cette édition du Grand Raid Ventoux sera courue avec une attention particulière. Pas dans la peur, mais dans une forme de lucidité accrue. Les coureurs regarderont davantage les balises, hésiteront peut-être une fraction de seconde de plus à certains carrefours, et feront moins confiance au simple mouvement du groupe.
Ce sont des détails, mais à haut niveau, ce sont souvent ces détails qui font la différence. La capacité à décider seul, à vérifier, à ne pas se laisser embarquer pourrait devenir aussi déterminante que la capacité à accélérer.
Une organisation attendue… mais surtout observée
Encore une fois, il ne s’agit pas de pointer du doigt le Grand Raid Ventoux. L’événement repose sur une organisation solide et expérimentée, et rien n’indique qu’il y ait un problème particulier à anticiper.
Mais le contexte a changé. Après ce qui s’est passé, chaque élément sera naturellement observé avec un peu plus d’attention. Le balisage, les consignes, les éventuelles adaptations de parcours… tout sera lu à travers ce prisme nouveau.
On pourrait en sourire, imaginer des élites ralentir légèrement pour vérifier chaque balise, ou jeter un regard méfiant à chaque intersection. Mais derrière cette image se cache une réalité bien plus sérieuse.
Le trail de haut niveau ne peut pas se permettre de flou. Lorsque des sélections internationales entrent en jeu, lorsque des carrières se dessinent sur ces courses, la lisibilité du résultat devient essentielle.
Le Grand Raid Ventoux 2026 arrive donc avec une double attente. Celle de proposer une grande course… et celle, plus implicite, de rassurer.






