Dans le désert marocain, du 3 au 13 avril, Ludovic Pommeret s’attaque à un terrain qu’il n’a encore jamais dominé : le Marathon des Sables.
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À 50 ans passés, son palmarès est déjà immense. Vainqueur de l’UTMB, de la Diagonale des Fous et double lauréat de la Hardrock 100, il fait partie de ces rares coureurs capables de performer au plus haut niveau sur les formats les plus exigeants de l’ultra-trail.
Mais le Marathon des Sables ne se gagne pas avec un CV. Il se gagne avec une adaptation. Et c’est précisément là que réside toute l’incertitude : ce que Ludovic Pommeret maîtrise en montagne peut-il suffire dans le désert ?
Ludovic Pommeret a un palmarès immense… mais qui ne garantit rien dans le désert
Ludovic Pommeret fait partie de ces coureurs qui ont construit leur légitimité sur des formats extrêmes. Des courses longues, exigeantes, où la gestion compte autant que les jambes. L’UTMB, la Diagonale des Fous, ce sont des références absolues dans le trail.
Mais le Marathon des Sables ne fonctionne pas comme ces courses-là. Ici, il ne s’agit pas simplement d’enchaîner les kilomètres avec du dénivelé. Il faut gérer la chaleur, porter son sac, dormir peu, manger ce que l’on a prévu, et recommencer chaque jour.
Autrement dit, l’expérience de l’ultra est utile, mais elle ne suffit pas. Elle doit être adaptée. Et c’est là que tout se joue.
Ce qui peut jouer en sa faveur
Ce que Ludovic Pommeret apporte avec lui, ce n’est pas seulement un palmarès. C’est une manière de courir.
Sur les formats longs, il ne s’est jamais construit sur la vitesse pure. Il s’est construit sur la régularité, la gestion, la capacité à rester dans sa course quand les autres explosent. Et ça, dans une épreuve par étapes comme le Marathon des Sables, c’est loin d’être anecdotique.
Il y a aussi cette capacité à encaisser. Les nuits courtes, la fatigue qui s’accumule, les moments où tout devient plus compliqué… ce sont des situations qu’il connaît déjà. Et dans le désert, cette expérience peut faire la différence, surtout sur la longue étape de 100 km, où la course bascule souvent.
Enfin, il y a l’âge, que certains voient comme une limite, mais qui, en ultra, devient souvent un avantage. Parce qu’à ce niveau-là, ce n’est plus une question de fougue, mais de maîtrise.
Mais le Marathon des Sables n’est pas une course comme les autres
Le problème, c’est que le Marathon des Sables a ses propres règles. Et surtout, ses propres spécialistes.
Depuis des années, les coureurs marocains dominent l’épreuve. Non pas seulement parce qu’ils sont forts, mais parce qu’ils sont parfaitement adaptés à cet environnement. Ils savent courir dans le sable, gérer la chaleur, optimiser chaque étape.
Les frères El Morabity, en particulier, incarnent cette domination. Face à eux, même les meilleurs traileurs du monde doivent s’adapter très vite… ou subir.
Et c’est là que se situe la vraie inconnue pour Ludovic Pommeret. Non pas sa capacité à courir longtemps, mais sa capacité à être efficace dans ce contexte précis, avec ses contraintes spécifiques.
Une course qui se joue dans les détails
Dans le désert, tout est amplifié. Le moindre mauvais choix peut coûter très cher.
La gestion du sac, par exemple, devient un facteur de performance. Trop lourd, et chaque kilomètre devient plus difficile. Trop léger, et les apports énergétiques ne suivent pas. L’équilibre est fragile.
La nutrition aussi. Ludovic Pommeret a longtemps tâtonné sur ce point avant de stabiliser une approche plus simple, plus tolérable. Mais sur une course en autosuffisance, avec la chaleur en plus, tout peut se dérégler très vite.
Et puis il y a la gestion globale de la course. Ne pas partir trop vite, ne pas se mettre dans le rouge, accepter de perdre du temps pour en gagner ensuite. Des principes qu’il maîtrise… à condition de réussir à les appliquer dans un environnement nouveau.
Alors, Ludovic Pommeret, favori ou outsider de luxe sur le marathon des sables 2026 ?
Dire que Ludovic Pommeret est favori n’est pas absurde. Son expérience, sa capacité à gérer l’effort et son intelligence de course en font l’un des profils les plus solides au départ.
Mais dire qu’il est favori évident serait une erreur.
Parce que le Marathon des Sables ne récompense pas forcément le meilleur traileur. Il récompense celui qui s’adapte le mieux au désert.
Et aujourd’hui, face à des spécialistes parfaitement rodés à cet exercice, Ludovic Pommeret se situe quelque part entre les deux. Assez fort pour gagner. Assez exposé pour passer à côté.
Une réponse qui arrive très vite
C’est ce qui rend sa présence aussi intéressante. Ce n’est pas une simple participation. C’est un test.
Un test pour savoir si un coureur qui a déjà tout prouvé en montagne peut encore écrire une nouvelle ligne à son palmarès, dans un environnement totalement différent.
Dans quelques jours, le désert tranchera. Et comme souvent sur le Marathon des Sables, il ne tranchera pas forcément en faveur du plus attendu.
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