Nouveau défi Strava – 83 kilomètres. Le 24 mars. Le jour 83 d’un défi qui commence à 1 kilomètre le 1er janvier.
⚠️ Attention : Ce défi, largement partagé sur Strava et les réseaux sociaux, repose sur une logique d’augmentation quotidienne des distances qui peut rapidement dépasser les capacités physiques de nombreux coureurs. S’il peut sembler accessible au départ, il devient en quelques semaines extrêmement exigeant, avec des volumes proches de l’ultra-endurance. Cet article propose une analyse de cette tendance, sans incitation à reproduire ce type de pratique sans préparation adaptée ni suivi médical.
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Oui ce nouveau défi Stava de Tim Kacprzak n’est pas une blague…
Tim Kacprzak, un Australien visiblement doté d’un cerveau câblé différemment du reste de l’humanité, vient de remporter le January 1K Challenge, un concept aussi simple qu’il est terrifiant. Le principe : courir 1 kilomètre le 1er janvier, 2 kilomètres le 2 janvier, 3 kilomètres le 3 janvier. Et ainsi de suite, chaque jour, sans exception, en ajoutant un kilomètre de plus que la veille. Au bout de 83 jours, Kacprzak bouclait sa dernière sortie avec 83 kilomètres dans les jambes. La veille, il en avait fait 82. L’avant-veille, 81.
C’est mathématiquement simple. C’est humainement absurde.
… et pourtant
Les premières semaines, c’est presque drôle. Un kilomètre, deux kilomètres, cinq kilomètres. Pour les coureurs de trail c’est presque rien. C’est le type de défi qu’on partage sur les réseaux sociaux en janvier avec l’enthousiasme du lendemain du jour de l’An, quand on est encore convaincu que cette année va être différente.
Puis janvier avance. Les kilomètres s’accumulent. À la fin du mois, tu cours déjà 31 kilomètres dans une seule journée, et tu sais que demain ce sera 32. Février arrive avec ses journées courtes et son froid au Québec, et le corps commence à envoyer des signaux que le cerveau choisit d’ignorer. En mars, on parle de sorties quotidiennes qui dépassent les 60, 70, 80 kilomètres.
À ce stade, ce n’est plus un marathon d’endurence. C’est une négociation quotidienne avec la douleur.
Toujours plus loin, toujours plus fou
Ce défi-là n’existe pas en dehors d’un contexte. Il s’inscrit dans une tendance forte du monde du trail et de l’ultra : la course perpétuelle vers le plus difficile, le plus long, le plus improbable. On en parlait récemment avec l’explosion des formats extrêmes, les 300 kilomètres, les 600 kilomètres, les Backyard Ultra où le seul gagnant est celui qui ne lâche pas. Le January 1K Challenge, c’est la même logique appliquée au quotidien. Pas une course avec un dossard et une ligne d’arrivée. Un défi personnel, documenté sur Strava, partagé sur Instagram, qui prouve quelque chose à soi-même et aux autres en même temps.
Strava a d’ailleurs beaucoup à voir avec tout ça. Les segments, les classements, les trophées virtuels, les défis mensuels. La plateforme a transformé chaque sortie en performance mesurable et comparable. Ce qui était autrefois une course solitaire dans les bois est devenu une donnée publique que tout le monde peut voir, commenter et comparer. Dans cet environnement-là, les défis comme celui de Kacprzak trouvent un terrain fertile. Parce que les kilomètres s’affichent, les followers regardent, et l’algorithme récompense l’extraordinaire.
Ce qu’il faut pour gagner ce défi Strava complètement cool mais un peu dangereux
Soyons honnêtes sur ce que ce défi exige vraiment. Un mental construit avec la même matière que les boîtes noires des avions. Un agenda vide, parce qu’à partir du 60e jour, la journée entière y passe. Et une capacité à ignorer les signaux d’alarme du corps qui ferait frémir n’importe quel physiothérapeute.
Kacprzak a terminé son 83e jour le 24 mars. Il a couru au total plus de 3 400 kilomètres en moins de trois mois. Pour mettre ça en perspective, c’est à peu près la distance entre Montréal et Los Angeles. À pied. En 83 jours. Avec des journées qui s’allongeaient chaque fois.
La bonne nouvelle pour ceux qui cherchent à reprendre la course en début d’année, un kilomètre par jour, ça forge l’habitude. Les premières semaines sont presque accessibles à tout le monde. C’est une façon de se remettre en mouvement sans pression, de rebâtir une routine quand la motivation de janvier est encore intacte.
Après ça, évidemment, tu es seul responsable de jusqu’où tu décides d’aller.
Alors, on se voit sur le défi l’année prochaine ?
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Auteur : Jonathan Lessard, rédacteur et coureur de sentier






