Ourea Events ferme ses portes. Le Québec, lui, affiche un nombre record de courses.
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La nouvelle a circulé dans la communauté internationale du trail cette semaine. Ourea Events, une des compagnies d’organisation d’événements de trail les plus respectées du Royaume-Uni, cesse ses activités.
Dans sa lettre publiée sur son site, le directeur Shane Ohly annonce la fin des opérations et la suspension de toutes les courses prévues en 2026, incluant la Northern Traverse, le Cape Wrath Ultra, le Dragon’s Back Race et le Skyline Scotland. Des événements qui faisaient partie du calendrier mondial depuis quinze ans.
C’est une mauvaise nouvelle pour la communauté internationale. Ces courses-là n’étaient pas des événements ordinaires. Le Dragon’s Back Race au Pays de Galles, le Cape Wrath Ultra en Écosse, ce sont des épreuves mythiques avec des listes d’attente, des histoires de coureurs qui revenaient année après année. Leur disparition, même temporaire, laisse un vide réel.
Une histoire de chiffres, pas de passion
Ce qui est important de comprendre en lisant le communiqué d’Ohly, c’est que la fermeture d’Ourea n’est pas une histoire de sport qui décline. C’est une histoire de comptabilité qui ne s’est jamais remise d’une série de coups durs encaissés en rafale.
Le COVID d’abord, qui a paralysé les opérations pendant dix-huit mois sans revenus. Ensuite le Brexit, qui a fait chuter la participation internationale, parfois jusqu’à 50 % des inscrits dans certaines courses. Puis la crise du coût de la vie en 2022, qui a fait grimper les dépenses d’opération d’environ 20 % pendant que les frais d’inscription ne pouvaient pas suivre le rythme. Trois coups dur en trois ans pour une entreprise qui était rentable en 2019.
Ohly est honnête dans sa lettre : ils ont essayé de se reconstruire, de rembourser les dettes graduellement, de continuer à organiser des événements de qualité. Mais les inscriptions pour 2026 montraient clairement que la tendance n’allait pas s’inverser. Continuer à opérer aurait simplement augmenté la dette envers les participants et les fournisseurs. La décision d’arrêter maintenant est, paradoxalement, la plus responsable qu’ils pouvaient prendre.
Ce n’est pas le trail qui est malade. C’est le modèle d’affaires qui n’a pas survécu à une décennie difficile.
Pendant ce temps, au Québec
Il y a quelque chose d’intéressant à observer de ce côté-ci de l’Atlantique. Pendant qu’une des plus grandes compagnies d’organisation de trail au monde ferme ses portes en Grande-Bretagne, le Québec vit exactement le contraire. Chaque année, de nouveaux événements voient le jour. Des petites courses locales qui grossissent. Des formats qui se multiplient, des 10K en sentier jusqu’aux 100 milles. La scène québécoise de trail n’a jamais été aussi active qu’en ce moment.
La différence, c’est peut-être une question d’échelle et de modèle. Les événements québécois de trail sont en grande majorité portés par des passionnés, souvent des bénévoles ou des petites équipes, avec des structures légères et des coûts d’opération qui ne dépendent pas de la participation internationale pour survivre. Quand les inscriptions baissent une année, l’organisation ne s’effondre pas. Elle s’adapte.
Ourea Events, c’était un modèle professionnel, des événements de grande envergure avec des opérations complexes dans des zones éloignées, des équipes permanentes, des budgets qui se chiffrent en millions. Ce modèle-là est magnifique quand tout va bien. Il est extrêmement fragile quand les conditions changent.
Ce que ça nous dit
La fermeture d’Ourea n’annonce pas la fin du trail. Elle rappelle que l’organisation d’événements est une industrie comme les autres, avec ses risques, ses dettes et ses limites. Le sport lui-même se porte bien. Les gens courent. Les inscriptions aux courses québécoises le prouvent chaque printemps quand les événements affichent complet en quelques heures.
Ce que ça nous dit, c’est que le modèle communautaire et local a une résilience que les grandes structures n’ont pas toujours. Au Québec, le trail pousse par en bas, par des organisateurs qui aiment leur coin de pays et qui veulent le faire courir aux autres. Ce n’est pas sexy comme modèle d’affaires. Mais c’est solide.
Ohly termine sa lettre en espérant que ses événements pourront survivre sous une autre structure ou une autre propriété. On l’espère aussi. Parce que le Dragon’s Back Race mérite d’exister encore longtemps.
Mais en attendant, pendant que le Royaume-Uni panse ses plaies, le Québec ouvre de nouveaux départs. Et il y a quelque chose de réjouissant là-dedans.
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Auteur : Jonathan Lessard, rédacteur et coureur de sentier






