Mathieu Blanchard au cinéma
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Film Yukon Artic Ultra, Mathieu Blanchard : L’APPEL DU SILENCE
Mathieu Blanchard nous l’a annoncé en début de semaine, il avait une annonce à nous faire. En bons fans que nous sommes tous, on a noté la date dans notre Google Agenda. Et nous voici donc au jour de l’annonce, ce 29 janvier.
Mais qu’est-ce que Mathieu Blanchard avait de si important à nous dire ? Une nouvelle collaboration écolo bien-pensante ? De nouvelles vitamines ? Un programme de coaching encore plus révolutionnaire ? Un nouveau projet fou ?
Non, il s’agit du film-documentaire tiré de la course Yukon Arctic Ultra réalisé au mois de février 2025. Et, démarche nouvelle de la part de Mathieu Blanchard, il quitte la dimension modeste de nos écrans de téléphone pour venir envahir ceux du cinéma.
Le choix du cinéma, un choix tout sauf anodin
Le précédent Inoxtag
Vous vous souvenez sans doute de Kaizen, le documentaire réalisé par Inoxtag en 2024. Le jeune homme passionné des cartes Pokemon et enfant d’Internet s’était mué au prix d’un incroyable travail en un jeune homme capable de gravir l’Everest, avec tous les dangers que cela implique.
Le film qu’il en a tiré a connu un grand succès en ligne, comme au cinéma. C’était la première fois que le monde des influenceurs prenait d’assaut les cinémas, et surtout avec un tel succès.
Mathieu Blanchard a sans nul doute eu le succès de Kaizen à l’esprit lorsqu’il a entrepris le projet de filmer la Yukon Arctic Ultra. En matière d’images sensationnelles par leur environnement, en matière d’introspection, cette course dans le Grand Nord canadien pouvait tout à fait rivaliser avec les pentes enneigées de l’Everest.
Mathieu Blanchard, plus qu’un sportif un artiste
Mais Mathieu Blanchard est un pro de la communication. De la jeunesse et de la maladresse parfois d’Inoxtag il ne sera pas question ici. On sait déjà, on connaît le coureur, que tous les aspects, de la narration aux images en passant par la musique, seront parfaitement maîtrisés, pensés pour passer un message : celui de la gloire de Mathieu Blanchard (c’est légitime après tout, c’est son documentaire), et celui du trail comme expérience sensorielle.
La reprise de Jack London dans le titre le dit d’ailleurs plutôt bien : Mathieu Blanchard voit son œuvre sportive et d’aventurier comme une forme d’art, dont seul le cinéma est à la hauteur pour lui rendre hommage.
Car c’est bien de cela dont il sera question sur les immenses écrans de nos cinémas. La course à pied, celle d’ultra-endurance, ou encore les aventures dans les conditions les plus rudes ne se vivent pas. Elles se ressentent d’abord au plus profond de soi, car la moindre erreur sur un parcours comme la Yukon Arctic Ultra peut vous faire flirter avec la mort.
Et jamais un écran de TV ou pire encore celui du smartphone, ne pourra faire ressentir l’intensité d’une image, d’un plan ou d’une séquence. Seule l’immersion parfaite du cinéma y parvient car c’est une démarche artistique. Et c’est ce que vient chercher Mathieu Blanchard : nous faire vivre l’intensité d’un tel engagement.
L’ambiguïté d’un Mathieu Blanchard en 4K
Mathieu Blanchard par Mathieu Blanchard
On présente par simplicité Mathieu Blanchard comme un ultra-trailer. S’il est un des meilleurs de sa génération, il est surtout un aventurier, quelqu’un qui va chercher les défis extrêmes pour confronter son corps et son mental aux situations les plus exigeantes.
Cette démarche permet d’aller au-delà de la simple compétition, mais d’aller au-delà aussi de son image de sportif ultra-connecté, lui qui affiche tout de même près de 620 000 followers et plus de 1500 publications. En mettant sur grand écran les images saisissantes de ses 600 km dans la neige et par -40°C, il raconte l’histoire d’un homme qui se met en danger et va chercher au plus profond de lui les ressources pour se sortir de situations difficiles, et parvenir à finir cette course.
Mais c’est là le paradoxe de Mathieu Blanchard. Cette introspection, ce qu’il présente comme une épreuve intime, finit tout de même sur nos écrans de cinéma.
Une mise en scène millimétrée
On ne peut pas taxer Mathieu Blanchard d’insincérité. Mais on ne peut pas non plus nier une mise en scène savamment orchestrée qui fait de l’intime un spectacle grandiose, d’autant plus que le film est annoncé alors que l’édition de cette année va commencer ce week-end. C’est à la fois une évidence marketing, et un geste qui manque d’élégance car il va invariablement venir voler la vedette à ceux qui feront cette année exactement ce qu’il a lui-même fait l’année dernière.
Les images seront incroyables, bien que l’on ne sache pas encore de quel type d’image il sera question tant les conditions étaient exceptionnellement rudes. On sait que la mise en scène comme les couleurs et la musique participeront de la qualité de l’ensemble. La qualité du produit fini est déjà acquise. Reste à s’interroger sur les émotions que toute cette perfection arrivera à nous transmettre ?
En résumé, la vraie question est la suivante : est-ce que ce storytelling si bien maîtrisé, et dans le même temps si visible, va donner envie de mettre 15 balles dans une place de ciné pour un documentaire par et pour Mathieu Blanchard ?
Ou est-ce que mon écran de PC/TV/tablette/smartphone aurait suffi ?






