Ecouter le résumé de l’histoire de cette traileuse
Ce dimanche à Granollers, en Catalogne, au nord de Barcelone, le ciel n’était pas à la fête. Pluie persistante, vent froid, atmosphère humide et piégeuse : la 40e édition de la Mitja Marató n’a épargné personne.
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Et pourtant, parmi les plus de 12 000 participants présents sur toutes les distances, une silhouette s’est détachée.
Elle, elle ne revenait pas d’une préparation idéale. Elle ne courait pas chez elle. Et elle n’avait encore jamais disputé de semi-marathon sur asphalte.
Ce jour-là, elle courait pour elle. Pour se prouver que c’était possible. Pour voir où en était son corps. Pour renouer avec le fil de la compétition après 6 mois d’une transformation aussi intime que brutale : devenir mère.
Il aura suffi de 1 h 12 min 11 s.
Moins d’1 h 15. Malgré des conditions météorologiques adverses, malgré l’adversité, malgré le doute — elle a signé l’un des chronos les plus rapides jamais réalisés par une Espagnole sur cette distance, à quelques secondes du top 30 national historique.
Mieux encore : elle se classe 2e au scratch, juste derrière l’Éthiopienne Beyhelem Nega (1 h 10 min 01 s), mais loin devant une autre Éthiopienne, Keralem Mekuannit (1 h 12 min 47 s), qui complète le podium.
En tant que première Catalane à franchir la ligne, elle décroche ainsi le titre de championne de Catalogne de semi-marathon.
Cette performance serait déjà remarquable dans l’absolu. Elle devient spectaculaire lorsqu’on connaît son histoire. Cette coureuse n’est pas une routarde. Son terrain de jeu, ce sont les pierriers, les crêtes, les descentes abruptes, les montées raides et techniques. C’est en montagne qu’elle a forgé sa réputation, avec un palmarès impressionnant dans les courses les plus exigeantes du trail européen.
Elle a remporté la marathon de la Transgrancanaria, s’est imposée sur l’Ultra Pirineu, a brillé sur la Chianti Ultra Trail et la Mozart 100 by UTMB, et a même terminé 2e de l’OCC lors de l’UTMB 2022.
Elle est également vice-championne d’Europe de trail (La Palma). Autant dire qu’elle sait ce que signifie « gérer son effort ».
Et pourtant, rien ne l’avait préparée à la réalité post-partum. À la fatigue. Aux nuits morcelées. À la lente reconquête du corps. Alors oui, elle courait déjà un peu avant. Mais courir pour soi, seule, et performer sous pression avec un dossard, ce sont deux mondes à part. Ce semi-marathon, elle l’avait prévu comme une simple course de reprise. Elle en a fait une démonstration.
Ce retour fulgurant ne doit rien au hasard.
Il illustre une autre manière de concevoir la carrière d’une athlète. Il démontre que la maternité n’est pas une fin sportive, mais une étape — parfois un tremplin. À l’image de figures comme Sophie Power ou Emma Roca, cette coureuse s’impose comme une figure de la performance post-maternité, sans jamais sacrifier ni sa vie personnelle ni son identité de traileuse.
Sa réussite dans les rues de Granollers n’est pas un coup d’éclat isolé. C’est une pierre de plus dans une trajectoire cohérente, humble et résiliente. C’est aussi un message. Aux femmes. Aux coureuses. À toutes celles qui doutent. Ce corps qui a porté la vie peut encore porter des kilomètres. Et aller vite. Très vite.
C’est donc Núria Gil qui a frappé fort ce week-end.
À 34 ans, elle a démontré que l’on pouvait revenir au plus haut niveau après une grossesse, en changeant même de terrain de jeu. En courant cette Mitja Marató de Granollers pour « reprendre le rythme », elle a tout simplement remporté le titre régional et signé un chrono canon.
Pour la suite, elle n’a encore rien annoncé, mais ce retour en fanfare laisse entrevoir une saison 2026 pleine de promesses, que ce soit sur route ou en trail.
🎯 Objectif 2026 de Núria Gil
En 2026, Núria Gil vise clairement la victoire au Marathon (47 km) de la Transgrancanaria. Déjà lauréate de cette épreuve en 2023, elle revient sur les sentiers de Grande Canarie pour tenter de rééditer sa performance face à un plateau élite particulièrement relevé.
Cette course constitue son grand objectif de début de saison, prévu entre le 4 et le 8 mars. Après avoir brillé en fin 2025 sur des formats plus courts, elle affiche une forme ascendante et une solide expérience sur ce terrain technique et volcanique.
Avec ses 747 points ITRA, elle figure parmi les meilleures traileuses d’Europe, et sa présence annonce une bataille de haut niveau sur le marathon, face notamment à Sara Alonso, Katharina Hartmuth, Maite Maiora ou encore Henriette Albon.
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