Elle s’appelle Molly Seidel, elle a décroché la médaille de bronze au marathon des Jeux olympiques de Tokyo en 2021, et elle vient de ridiculiser la concurrence sur un trail technique au Texas.
Pour sa toute première course d’ultra-trail, l’Américaine n’a pas seulement gagné. Elle a explosé le record féminin… et devancé tous les hommes, remportant la course au scratch avec six minutes d’avance sur son poursuivant direct.
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On connaissait Molly Seidel pour ses exploits sur bitume.
On la découvre aujourd’hui dans la poussière et les cailloux du Texas. Dimanche 11 janvier 2026, Molly Seidel, 29 ans, a remporté la Bandera 50K, une course de trail de 50 kilomètres se déroulant à Bandera, dans la région vallonnée du Texas Hill Country, au sud-ouest des États-Unis.
Ce n’est pas seulement une victoire. C’est une claque. Seidel a terminé première au scratch, avec un temps de 4 h 09 min 39 s, battant au passage le record féminin du parcours de 15 minutes. Et surtout : elle a franchi la ligne d’arrivée avec 6 minutes d’avance sur le premier homme.
La marathonienne réussit sa transition du marathon au trail qui frappe fort
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Molly Seidel n’est pas une inconnue dans le monde de la course à pied. Aux Jeux olympiques de Tokyo en 2021, elle avait décroché la médaille de bronze sur marathon, dans un contexte caniculaire dantesque. Elle s’est ensuite hissée dans le top 8 de plusieurs World Marathon Majors, avec notamment une 4ᵉ place à New York.
Mais depuis deux ans, son parcours a été semé d’embûches : blessures, opérations, abandon en course…. En novembre dernier, elle avait dû jeter l’éponge au 30ᵉ kilomètre du marathon de New York, rattrapée par une douleur au genou persistante.
Cette déception a tout changé. Molly Seidel l’a dit elle-même dans une interview : « Je veux désormais faire ce qui me rend heureuse. Je choisis ce qui respecte mon corps. »
Molly Seidel écrase le Bandera 50K (1 000 m D+) et s’impose au scratch le 11 janvier 2026
La Bandera 50K n’est pas une balade de santé. Il s’agit d’un trail technique, sur un parcours en boucles, avec environ 3 300 pieds de dénivelé positif (soit plus de 1 000 mètres). Le terrain est sec, caillouteux, irrégulier, parsemé de cactus et de racines.
Malgré ce changement radical de surface — de l’asphalte au sentier rocailleux — Seidel a couru à une moyenne de 8 min 02 par mile (soit environ 5 min/km), ce qui est très rapide sur un tel tracé.
Le précédent record féminin : 4 h 24 min
Écart avec le premier homme : 6 minutes
L’exploit de Bandera n’est que la première étape. Molly Seidel a déjà annoncé la suite de son programme : elle vise désormais le Black Canyon 100K, une autre course emblématique du calendrier américain, qui aura lieu en février en Arizona.
Cette épreuve est connue pour être une course de qualification à la Western States 100, le graal des traileurs américains. Oui, Seidel a désormais en ligne de mire la Western, cette épreuve de 160 kilomètres en Californie, la plus mythique des 100 miles du pays.
Son objectif ? « Trouver de la joie, de la longévité, et me sentir pleinement alignée avec ce que mon corps veut faire. »
Une star olympique qui pourrait bousculer le trail mondial
Dans un monde où les passerelles entre les disciplines sont de plus en plus nombreuses — duathlon, triathlon, route, trail — l’arrivée de Molly Seidel dans l’univers du trail running n’a rien d’anodin.
Elle arrive avec un nom déjà établi, capable de braquer les projecteurs sur les épreuves américaines. Elle maîtrise l’art du pacing, cette gestion d’allure fine et stratégique acquise au plus haut niveau du marathon. Elle incarne aussi une forme de fraîcheur mentale, retrouvée après plusieurs saisons d’épuisement et de blessures. Et surtout, elle affiche une ambition limpide : durer dans le sport, s’épanouir dans la performance et construire une carrière alignée avec ses choix de vie. Il ne lui manquait qu’un terrain à sa mesure. Il se pourrait bien que le trail en soit un.






