Ce lundi 16 mars, Xavier Thévenard le petit prince du trail a réalisé un truc de dingue dans le Jura.
La montre Garmin Venu X1 est en promo sur i-run
Xavier Thevenard a fait 220 km pour 13200 d+ en 24 heures en ski de fond (skating)

Pour comprendre l’exploit de Xavier Thevenard, il faut sortir de la logique purement quantitative. On ne parle pas ici d’une longue sortie d’endurance comme on en voit parfois en trail, mais d’un effort continu, sans véritable repos, dans une discipline où chaque mouvement engage à la fois le haut et le bas du corps. Le skating impose une tension permanente, une coordination exigeante et une intensité cardiovasculaire élevée sur toute la durée.
Autrement dit, il ne s’agit pas d’une simple performance “à côté” du trail. C’est une démonstration d’endurance extrême, dans un registre différent, mais tout aussi exigeant.
Ce qui donne à cet exploit une dimension particulière, c’est le moment où il intervient dans la carrière de Xavier Thevenard
Depuis plusieurs années, Xavier Thévenard s’est progressivement éloigné du haut niveau en trail. Le point de bascule remonte à 2021, lors de l’UTMB, où il est contraint à l’abandon après de graves difficultés respiratoires. On apprendra plus tard qu’il souffrait de la maladie de lyme. Depuis il a essayé de revenir mais sans succès.
Cette pathologie, complexe et instable, affecte directement la capacité à enchaîner les entraînements et à maintenir un niveau de performance constant. Or, c’est précisément cette régularité qui structure le très haut niveau en trail aujourd’hui. Sans elle, il devient extrêmement difficile de rester compétitif sur la durée.
Depuis, ses apparitions sont rares et irrégulières, souvent en dehors des grands rendez-vous. Il n’est plus inscrit dans la dynamique classique du circuit élite, avec ses objectifs, ses saisons structurées et ses confrontations directes.
Dire qu’il est sorti du circuit n’est donc pas une formule. C’est une réalité. Et c’est précisément ce contexte qui donne à sa performance une portée bien différente.
À première vue, ce défi pourrait être interprété comme un signal de retour. Pourtant, il dit quelque chose de plus subtil.
Réaliser un tel effort en ski de fond suppose évidemment une endurance exceptionnelle, mais aussi une capacité à encaisser la fatigue, à gérer l’intensité et à maintenir une efficacité gestuelle pendant des heures. Sur ce point, il n’y a pas d’ambiguïté : les qualités physiques de Xavier Thévenard sont toujours là.
Mais cette performance s’inscrit dans un cadre qu’il maîtrise entièrement.
Il choisit le moment, le terrain, les conditions, sans subir la pression d’une compétition ni la contrainte d’un calendrier. Il n’y a pas d’adversaires à gérer, pas de stratégie de course à adapter, pas d’incertitude liée à la confrontation.
Cela change profondément la nature de l’effort.
Là où le haut niveau impose une répétition des performances, avec tout ce que cela implique en termes de charge, de récupération et de régularité, ce type de défi repose sur une logique différente : produire un effort exceptionnel, mais ponctuel, dans un environnement contrôlé.
C’est une autre manière de performer, qui ne dit pas forcément la même chose qu’un résultat en compétition.
Xavier Thevenard reviendra t il en trail
D’un côté, cet exploit confirme qu’il conserve des qualités rares : endurance, expérience, capacité mentale. De l’autre, le trail élite a continué d’évoluer en son absence, avec des athlètes de plus en plus structurés, des préparations optimisées et une intensité globale en hausse.
Surtout, la maladie reste un facteur déterminant. Elle ne remet pas en cause la capacité à produire un effort exceptionnel, mais elle complique la régularité, qui est justement la clé du très haut niveau. Enchaîner les cycles d’entraînement, gérer les charges, éviter les rechutes : tout devient plus incertain.
Dans ce contexte, un retour ponctuel sur une course reste envisageable. En revanche, s’inscrire à nouveau durablement au sommet du circuit apparaît beaucoup plus difficile à projeter.






