UTMB 2025 : des abandons dans la norme, mais un podium qui surprend
Un taux d’abandon impressionnant… mais pas exceptionnel
829 abandons sur 2 492 partants : le chiffre impressionne au premier abord, mais il reste parfaitement dans la norme des dernières éditions de l’UTMB. Cette statistique, bien que marquante, reflète surtout l’exigence constante de la course, indépendamment des conditions météo ou de l’état du parcours. Contrairement à certaines réactions à chaud, l’édition 2025 ne constitue pas une hécatombe historique.
Un tiers du peloton hors-jeu
La statistique reste sévère : sur les 2 492 traileurs au départ, seuls 1 664 ont franchi la ligne d’arrivée à Chamonix. Le taux d’abandon s’élève donc à 33,27 %. Un chiffre qui s’inscrit dans la continuité des années précédentes et qui confirme que, même avec un raccourcissement partiel du parcours pendant la nuit (pour raisons de sécurité en altitude), l’UTMB reste une épreuve de sélection impitoyable.
Des élites aux anonymes, personne n’a été épargné
Ce qui distingue l’édition 2025, ce n’est pas la quantité d’abandons mais leur qualité. John Albon a été contraint à l’abandon à cause d’un genou douloureux. François D’Haene a quitté la course avant la mi-parcours. Et même Courtney Dauwalter, triple tenante du titre, a baissé pavillon après une perte de lucidité. Ces abandons de têtes d’affiche ont marqué les esprits et rappellent que même les meilleurs peuvent être broyés par les cent soixante-et-onze kilomètres du mythe chamoniard.
Pourquoi autant d’abandons ?
Plusieurs facteurs sont avancés. D’abord, la météo clémente en début de course a poussé à des départs très rapides, piégeant les organismes sur la durée. Ensuite, la densité du plateau élite, extrêmement élevée cette année, a incité nombre de coureurs à sortir de leur zone de confort dès les premières heures. Enfin, la pression du suivi LiveTrail, l’ambiance survoltée à Chamonix et la médiatisation croissante de l’UTMB créent une tension mentale permanente. L’ultra-exigence psychologique reste au cœur de la difficulté, bien au-delà des simples conditions de course.
Un rappel de l’humilité nécessaire face à l’UTMB
Ce taux d’abandon est aussi une piqûre de rappel : l’UTMB n’est pas un rêve Instagram. C’est une épreuve de fond, d’endurance, de lucidité. Et même avec l’encadrement médical, le suivi LiveTrail, les ravitaillements abondants, le mental reste le facteur déterminant. Rien n’est jamais gagné à Courmayeur, même quand on sort des Contamines avec le sourire.