La saison européenne des ultras démarre ce week-end aux Canaries. Ce vendredi 6 mars 2026 à 23 h 59, les meilleurs traileurs du monde vont s’élancer sur la Transgrancanaria Classic, une traversée de 125 km et plus de 6 000 mètres de dénivelé positif entre Las Palmas et Maspalomas.
Le plateau est impressionnant. Jon Albon, Tom Evans, Pau Capell, Hannes Namberger ou encore Johnny Luna Lima figurent parmi les favoris d’une course qui lance traditionnellement la saison internationale.
Mais derrière cette vitrine spectaculaire du trail mondial, la Transgrancanaria n’a pas toujours été épargnée par les polémiques. Au fil des années, plusieurs affaires ont marqué l’histoire de l’épreuve : disqualifications controversées, accusations de triche ou décisions d’arbitrage très discutées.
Certaines de ces affaires ont même modifié le résultat final de la course.
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Trois cas de triche sur la Transgrancanaria
Disqualification de la gagnante Emma Roca en 2012
La première grande polémique remonte à l’édition 2012. Cette année-là, l’Espagnole Emma Roca franchit la ligne d’arrivée en première position chez les femmes.
Mais après vérification des points de contrôle, l’organisation constate que la coureuse n’a pas été enregistrée à un checkpoint situé dans la zone du Roque Nublo. Le règlement de la course est strict : un point de contrôle manqué entraîne automatiquement une disqualification.
Emma Roca conteste immédiatement la décision. Elle explique qu’un problème de signalisation sur une portion du parcours aurait pu induire les coureurs en erreur. Selon elle, la boucle du Roque Nublo n’était pas suffisamment claire.
Malgré ces explications, la direction de course applique le règlement. La victoire est retirée à Roca et attribuée à Fernanda Maciel, ce qui déclenche un débat important sur la signalisation du parcours et la sévérité des sanctions.
Nouvelle disqualification du gagnant en 2014 : le “Sandesgate”
Deux ans plus tard, la Transgrancanaria connaît une nouvelle polémique restée célèbre dans le milieu du trail.
Le Sud-Africain Ryan Sandes franchit la ligne d’arrivée en vainqueur. Mais peu après l’arrivée, l’organisation annonce sa disqualification pour absence de couverture de survie dans son matériel obligatoire.
Mais la situation bascule quelques heures plus tard. Après vérification des contrôles effectués pendant la course, l’organisation revient finalement sur sa décision. Ryan Sandes est réintégré et récupère officiellement la victoire.
Pendant plusieurs heures, la Transgrancanaria aura donc changé de vainqueur, ce qui a fortement marqué les observateurs et mis en lumière les difficultés de contrôle du matériel obligatoire sur les ultras.
30 km de voiture en 2018
L’affaire la plus spectaculaire liée à la Transgrancanaria survient en 2018.
Le coureur Mladen Tomasic termine la course à une position très élevée dans le classement. Mais rapidement, plusieurs participants signalent aux juges que certaines sections du parcours auraient été parcourues à une vitesse incompatible avec une progression à pied.
Après analyse des données de passage et des témoignages, les officiels estiment que le coureur aurait parcouru environ 30 kilomètres en voiture sur la fin du parcours.
Tomasic rejette les accusations et affirme qu’il s’agit d’un problème technique lié à la puce de chronométrage.
La décision finale est pourtant sans appel : il est officiellement disqualifié pour fraude. Cette affaire relance alors le débat sur la difficulté de contrôler des courses de plus de 100 km se déroulant en grande partie dans des zones isolées.
Une course très surveillée en 2026
Si ces polémiques appartiennent désormais à l’histoire de la course, elles expliquent aussi pourquoi les contrôles sont aujourd’hui devenus particulièrement stricts sur les grandes épreuves d’ultra-trail, où les organisateurs doivent concilier l’esprit d’aventure propre à la discipline avec la nécessité de garantir l’équité sportive.
Pour limiter les dérives, plusieurs systèmes de vérification sont désormais utilisés : des points de contrôle électroniques répartis le long du parcours, l’analyse des données de passage, des balises GPS sur certaines catégories ainsi que des contrôles réguliers du matériel obligatoire. Malgré ces dispositifs, une course comme la Transgrancanaria reste un défi logistique, car elle traverse toute l’île sur plus de cent kilomètres et emprunte de nombreuses zones naturelles où il est tout simplement impossible de surveiller chaque portion du tracé.
Dans ce contexte, l’édition 2026 s’annonce particulièrement suivie. La présence d’un plateau élite composé de certains des meilleurs traileurs du monde — Jon Albon, Tom Evans ou Pau Capell notamment — donnera très vite une première indication sur l’état de forme des grands favoris de la saison.
Placée très tôt dans le calendrier international, la Transgrancanaria est souvent utilisée comme un véritable test par les athlètes qui visent les grands ultras de l’été, notamment la Western States ou l’UTMB. Les performances réalisées sur l’île des Canaries permettent généralement de mesurer le niveau des coureurs après l’hiver et d’esquisser les premières hiérarchies de la saison.
Mais les épisodes passés rappellent aussi une réalité du trail longue distance : sur des parcours de plus de cent kilomètres traversant des espaces naturels ouverts, le contrôle absolu est pratiquement impossible. Dans ces conditions, le respect du parcours et des règles reste avant tout une responsabilité individuelle, ce qui explique pourquoi l’intégrité sportive occupe une place centrale dans la culture de l’ultra-trail.
Lorsque les frontales s’allumeront ce vendredi soir sur la plage de Las Canteras, la saison européenne des ultras sera officiellement lancée. Et comme souvent en trail, la bataille sportive se jouera autant dans les jambes que dans la capacité des coureurs à respecter l’intégrité de la course.
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