Claire Bannwarth vient de publier son programme pour 2026, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il interpelle. Blessée depuis des mois, en pleine reconstruction, elle laisse autant de place à la sagesse qu’à des comportements fous, même pour la grande sportive qu’elle est.
Essayons de comprendre où elle en est ?
Rappel des faits : Claire Bannwarth souffre d’une tendinopathie du tibial postérieur.
C’est une douleur assez courante chez les coureurs ou les randonneurs. Il s’agit de l’inflammation du tendon du muscle tibial postérieur. Il permet de soutenir la voûte plantaire et d’assurer la stabilité de la cheville. Pas besoin de vous faire un dessin, c’est une zone sollicitée chez n’importe quel coureur. Alors quand on se fait surnommer le lapin DuDuracell et que l’on multiplie les ultra au-delà des 100 miles comme vous les sorties de 10 km, forcément, ça finit par mal se passer.
Et c’est exactement ce qui arrive à Claire Bannwarth sur cette année 2025 et donc ce début d’année 2026. Elle semble en avoir pour encore 4 semaines d’immobilisation totale et un retour progressif à la marche d’ici la mi-mars.
L’approche totalement “what the fuck” !
On se dit que Claire Bannwarth n’est pas faite du même bois que tout le monde. Et qu’elle devrait faire précéder chacun de ses posts d’une mention : A ne pas reproduire chez soi, Exercice réalisé par un professionnel, ou encore Attention danger.
C’est vrai, en tant que coureur amateur, on est toujours impressionné par ces athlètes qui vont au-delà des limites, qui semblent plus durs au mal que les autres. Oui, sauf que parfois, on a l’impression que c’est surréaliste. Elle part en vacances fin décembre, c’est une semaine de rando à 240 km et 16 000 d+. Son médecin lui annonce que la reprise va être progressive, mais ne lui explique pas qu’elle court 300 km par semaine !
Alors ok, Claire y va avec prudence tout de même, elle ne met à son programme en douceur cette année que la Diagonale des Fous et le 360, soit le 360 The Challenge Gran Canaria, un des ultra-trails les plus difficiles, et long de plus de 220 km.
Et parce qu’elle est bien obligée de faire du vélo, elle a parcouru plus de 10 000 km en 2025, et compte encore faire une traversée de la France de plus de 2500 km. Elle connaît des chiffres normaux ?
Claire Bannwarth, entre lucidité et contradictions
Il ne s’agit pas ici d’établir un bilan médical, mais de constater, et grâce à son propre témoignage d’ailleurs au fil de ses publications, qu’elle présente de nombreuses similitudes avec les personnes souffrant de bigorexie. On pourrait définir ce syndrome comme la dépendance à l’exercice.
Ce qui est intéressant, c’est que Claire Bannwarth a passé des mois difficiles en 2025, nécessitant un rééquilibrage de son monde professionnel et de son sponsoring. Elle le reconnaît elle-même.
Mais entre savoir et faire, il y a un fossé. Et ce fossé, elle le franchit avec des milliers de km à vélo ou en programmant déjà des courses hors-normes. La Diagonale des Fous, même en rando, ça reste épique pour tous les autres humains !
Narcissisme sportif, courage authentique ou attitude insensée ?
Difficile de répondre. Claire connaît les risques et les maîtrise mieux que quiconque au regard de ce qu’elle s’inflige comme ultra-trails depuis des années. Elle les choisit. Elle les accepte. D’un côté, c’est admirable. De l’autre, on se dit quand même que c’est un peu exagéré (pour ne pas dire plus), et enfin on se dit que c’est peut-être un peu des deux !
Ce qu’elle fait là, ça ressemble finalement beaucoup à ce sport. Courir un trail, c’est prendre des risques avec son corps ou son esprit si on hallucine au kilomètre 150. On appelle ça de l’endurance sportive, pas de la folie. Quoique.
La folie douce de Claire Bannwarth
Claire Bannwarth aurait aimé hériter des bottes de 7 lieues plutôt que celles de maintien qu’elle porte actuellement. Elle a hérité d’autre chose : une tendinopathie du tibial postérieur qui la rend en théorie incapable de courir comme avant.
Mais avec elle, rien n’est moins sûr ! Et ce sont peut-être toutes ses contradictions, entre nécessité de se reconstruire et besoin de recourir des distances folles, qui fait que le grand public s’est pris d’amour pour elle depuis des années !
Source : le programme 2026 de Claire Bannwarth
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