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🎧 La contribution carbone obligatoire instaurée par l’UTMB en 2026 pourrait bien faire des petits.
Et c’est l’UTMB lui-même qui s’en félicite. Dans une interview diffusée par BFM Business, Florian Lamblin, directeur exécutif de l’organisation, révèle que des organisateurs de courses du monde entier l’ont contacté pour s’inspirer de cette nouvelle mesure. Autrement dit, ce supplément financier imposé aux participants pourrait progressivement se généraliser dans le trail.
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L’UTMB affirme que d’autres organisateurs veulent copier sa contribution carbone
C’est une petite phrase prononcée au cours d’un entretien consacré à la croissance et à la responsabilité environnementale de l’UTMB, mais elle pourrait annoncer une évolution bien plus importante pour les coureurs.
Interrogé par BFM Business sur la manière de concilier développement économique et respect de l’environnement, Florian Lamblin est revenu sur la nouvelle politique de transport mise en place à Chamonix en 2026.
Cette politique, baptisée Travel Policy, repose notamment sur deux mesures : un bonus de 30 % sur les chances d’être tiré au sort pour certains coureurs qui s’engagent à privilégier des transports moins polluants, et une contribution financière obligatoire calculée en fonction des émissions liées au voyage jusqu’à l’événement.
Mais le plus intéressant arrive lorsque le dirigeant évoque l’accueil réservé à cette contribution.
Il reconnaît que la mesure n’a pas immédiatement séduit tous les participants. Demander à quelqu’un qui a déjà payé son inscription de débourser une somme supplémentaire ne suscite pas forcément l’enthousiasme.
Pourtant, selon lui, les mentalités évoluent et l’initiative commence à faire école.
« Et désormais on a des organisateurs du monde entier qui nous appellent en disant : « on va prendre exemple sur cette mesure ». »
La déclaration mérite qu’on s’y arrête. Car si l’UTMB présente ces sollicitations comme une reconnaissance de son engagement environnemental, les traileurs pourraient y voir l’annonce d’une nouvelle ligne de dépense sur leurs prochaines inscriptions.
Une contribution obligatoire que tous les coureurs de l’UTMB ont dû accepter
Pour comprendre ce qui pourrait se généraliser, il faut revenir sur le fonctionnement du dispositif instauré cette année.
En 2025, l’UTMB proposait déjà une contribution environnementale, mais celle-ci reposait sur le volontariat. Depuis 2026, elle est devenue obligatoire.
Chaque participant contribue en fonction de son lieu de résidence et du principal moyen de transport déclaré pour rejoindre Chamonix. Le calcul repose sur une valeur de référence de 25 euros par tonne de CO₂ équivalent.
L’organisation participe également au financement du dispositif pour les émissions liées à ses propres activités, notamment les déplacements de ses équipes et bénévoles.
Les sommes collectées servent à soutenir des projets de transition climatique, de réduction des émissions ou de séquestration du carbone, selon les modalités publiées par l’UTMB.
Florian Lamblin souligne que 100 % des coureurs ont accepté cette contribution en 2026.
Un chiffre impressionnant à première vue, mais qui mérite toutefois une précision essentielle : lorsqu’une contribution est obligatoire pour valider une inscription, son paiement ne signifie pas nécessairement que les participants approuvent le dispositif.
Il démontre avant tout que les coureurs inscrits se sont conformés aux nouvelles règles.
Et cette nuance change sensiblement la lecture que l’on peut faire du succès revendiqué par l’organisation.
Après l’UTMB, faudra-t-il payer une taxe carbone sur tous les trails ?
C’est évidemment la question que soulève cette déclaration.
Pour le moment, Florian Lamblin ne donne aucun nom d’organisateur ayant décidé d’imiter l’UTMB. Il ne précise pas non plus combien de courses l’ont contacté ni si certaines préparent déjà une contribution comparable.
Il serait donc prématuré d’annoncer une généralisation imminente.
En revanche, le signal envoyé est assez clair : l’UTMB souhaite que son modèle inspire d’autres événements outdoor et devienne, à terme, une référence dans l’organisation des compétitions sportives.
Or, dans le monde du trail, les décisions prises par les grands événements internationaux ont souvent une influence qui dépasse largement leurs propres courses.
Si d’autres organisateurs adoptent le même principe, les traileurs pourraient voir apparaître une contribution environnementale obligatoire en plus de leur dossard, de leur hébergement et de leurs frais de déplacement.
Il faut d’ailleurs distinguer cette contribution d’une véritable taxe publique : il s’agit d’un montant imposé par l’organisateur dans le cadre de l’inscription, et non d’un prélèvement fiscal décidé par l’État.
Pour le portefeuille du coureur, la différence reste néanmoins assez théorique : dans les deux cas, il faut payer.
Faire payer les coureurs pour leur empreinte carbone : une bonne idée qui pose question
Sur le fond, la préoccupation environnementale est parfaitement légitime.
Le trail se déroule en pleine nature, dans des massifs montagneux parfois fragiles, et la multiplication des déplacements internationaux représente un véritable défi pour les organisateurs.
Encourager les transports collectifs, réduire les trajets en voiture individuelle et financer des actions environnementales sont des objectifs défendables.
Mais la méthode choisie mérite d’être discutée.
Car faire contribuer financièrement les participants ne réduit pas automatiquement les émissions produites par leurs déplacements. La contribution permet de financer des projets environnementaux, tandis que la réduction effective dépend notamment des moyens de transport utilisés et des kilomètres parcourus.
Il existe également une question de justice entre les coureurs.
Un participant qui habite près de Chamonix, un Français qui traverse le pays en train et un coureur qui prend l’avion depuis les États-Unis n’ont évidemment pas la même empreinte carbone.
Le calcul individualisé de l’UTMB entend justement prendre en compte ces différences.
Mais une autre interrogation demeure : jusqu’où peut-on faire peser sur les participants le coût environnemental d’un événement dont l’attractivité repose aussi sur sa dimension internationale ?
À mesure que les courses cherchent à attirer des concurrents venus du monde entier, elles contribuent elles-mêmes à encourager ces déplacements.
Il serait donc trop simple de présenter les coureurs comme les seuls responsables du problème.
Le risque d’une nouvelle augmentation du prix des dossards
Au-delà de la question écologique, cette contribution intervient dans un contexte où le coût de la pratique du trail suscite déjà de nombreuses critiques.
Les inscriptions à certaines épreuves majeures représentent plusieurs centaines d’euros, auxquelles viennent s’ajouter le matériel obligatoire, les transports, les hébergements et parfois plusieurs jours de congés.
Chaque nouvelle dépense peut sembler relativement modeste lorsqu’elle est considérée séparément.
Mais leur accumulation finit par rendre certaines courses de moins en moins accessibles.
C’est précisément ce qui rend la déclaration de Florian Lamblin intéressante : ce qui est présenté aujourd’hui comme une initiative environnementale innovante pourrait, demain, devenir une pratique ordinaire dans les inscriptions aux grandes compétitions.
Avec une difficulté supplémentaire pour les participants : une fois qu’un supplément devient obligatoire et se généralise, il devient beaucoup plus compliqué de le contester.
En résumé, l’écologie devient une dépense supplémentaire pour les traileurs
L’UTMB a le mérite de poser publiquement une question que le trail ne pourra pas éternellement éviter : comment continuer à développer des événements internationaux tout en limitant leur impact sur l’environnement ?
Sa réponse consiste à combiner des incitations aux transports moins carbonés et une contribution financière collective.
D’autres organisateurs semblent désormais s’y intéresser, si l’on en croit les déclarations de son directeur exécutif.
Reste à savoir si cette démarche inspirera surtout des efforts concrets pour réduire les émissions ou si elle entraînera, avant tout, la multiplication de nouveaux frais d’inscription.
Car le véritable progrès environnemental ne se mesurera pas au nombre de coureurs qui acceptent de payer une contribution obligatoire, mais aux émissions réellement évitées et aux résultats des projets financés.
Et si la contribution carbone de l’UTMB devenait demain la norme sur les grandes courses de trail, les organisateurs auraient tout intérêt à démontrer précisément à quoi sert chaque euro supplémentaire demandé aux participants.
Sources
- interview de Florian Lamblin diffusée par BFM Business sur Instagram ;
- documentation officielle de l’UTMB sur la contribution carbone et la politique de mobilité 2026.
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Auteur : Axelle Anne, est la fondatrice de la redac. Dans le web depuis 1998, elle a fondé de nombreux sites et s’est mise au trail en 2010. Anti-conformiste et sans langue de bois, elle a contribué à faire sortir le trail de sa niche pour magazine plan plan pour en faire un sport grand public. Depuis 2025, elle assiste impuissante aux dérives du trail.Vous pouvez contacter Axelle Anne par MP sur FB ou regarder ses vidéos YouTube.
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